Au milieu de protestations croissantes contre le recours à la peine capitale et d’une inquiétude grandissante de l’opinion publique concernant la situation des prisonniers politiques en Iran, la campagne « Non aux exécutions du mardi » a publié une nouvelle déclaration condamnant l’extension de la délivrance et de l’application des peines de mort. Des rapports concordants indiquent que, mardi, des prisonniers politiques dans 56 prisons à travers le pays ont lancé une grève de la faim coordonnée, marquant la 117e semaine consécutive de protestation.
Une proportion importante de ces détenus est composée de femmes prisonnières politiques, actuellement incarcérées à la prison de Qarchak(Varamin), à la prison d’Evin, dans le quartier des femmes de la prison de Sepidar (Ahvaz), dans le quartier des femmes de la prison d’Adelabad (Shiraz), dans le quartier des femmes de la prison de Zahedan, dans le quartier des femmes de la prison de Yazd et dans le quartier des femmes de la prison de Rasht.
Cette campagne, qui a gagné un large soutien de la part des citoyens ces derniers mois, souligne la nécessité urgente de mettre immédiatement fin aux exécutions et de répondre aux revendications de la société.
Voici le texte intégral du 117e communiqué hebdomadaire de la campagne :
« En mémoire de 12 prisonniers politiques exécutés,
Après 52 jours de graves perturbations d’Internet, de black-out numérique et d’impossibilité d’accéder à l’information, une situation qui s’est aujourd’hui partiellement détendue, nous nous adressons au peuple iranien.
Alors que nous marquons la 117e semaine de la campagne “Non aux exécutions du mardi”, les autorités ont procédé hier à l’exécution de deux nouveaux prisonniers politiques : Hamed Validi et Mohammad Massoum Shahi.
Face à la colère populaire suscitée par ces exécutions, les autorités tentent de justifier leurs actes en accusant ces prisonniers, ainsi que d’autres détenus et des personnes récemment exécutées, d’espionnage et de liens avec Israël. Ces allégations sont largement considérées comme infondées et semblent destinées à légitimer les exécutions en période de guerre. De telles affirmations n’ont fait qu’accentuer l’indignation du public envers le sort de personnes ayant milité pour l’égalité, la liberté et l’indépendance nationale.
Plus tôt cette année, lors de la 115e semaine de la campagne, six de nos membres ont été exécutés : Vahid Bani Amerian, Pouya Ghobadi, Shahrokh (Akbar) Daneshvar Kar, Babak Alipour, Mohammad Taghavi et Abolhassan Montazer.
Le 29 mars, les forces de sécurité de la prison de Ghezel Hessar, sous la direction d’Ashkan Kamali, Hassan Ghobadi et Qasem Sahraei, ont mené un raid nocturne violent contre le quartier 4, qui abrite des prisonniers politiques. Les détenus ont été roués de coups et transférés en cellule d’isolement, et six personnes précédemment condamnées à mort par le juge Afshari ont été exécutées. Ces exécutions auraient eu lieu avant le terme des procédures juridiques, sans ultime visite familiale et dans un isolement total.
Par ailleurs, quatre prisonniers politiques liés aux manifestations de janvier 2026, Amirhossein Hatami, Mohammad Amin Biglari, Shahin Vahedparast et Ali Fahim, ont été exécutés sans préavis ni dernier contact avec leurs familles.
Les autorités auraient refusé de restituer les corps des défunts, une pratique largement dénoncée comme une forme de pression psychologique exercée sur les familles.
La campagne exprime sa solidarité avec les familles des prisonniers exécutés, dont beaucoup participent régulièrement aux rassemblements hebdomadaires malgré des conditions difficiles, continuant de réclamer l’abolition de la peine de mort.
Selon le communiqué, au moins 12 prisonniers politiques ont été exécutés durant les mois de mars et avril. La campagne affirme que ces actes visent à instaurer la peur et à étouffer la contestation au moment où l’attention nationale se porte sur des crises plus larges.
Des informations indiquent également que de nombreux détenus du soulèvement de janvier 2026 demeurent à l’isolement complet. Dans le seul quartier 35 de l’unité 3 de la prison de Ghezel Hesar, des dizaines de personnes, dont beaucoup de jeunes, seraient maintenues en cellule d’isolement, ce qui soulève de graves inquiétudes quant à leur sécurité.
La campagne “Non aux exécutions du mardi” appelle les organisations internationales de défense des droits humains et les institutions mondiales à agir d’urgence pour empêcher de nouvelles exécutions et à exercer une pression réelle sur les autorités iraniennes.
Le communiqué se conclut par un appel aux défenseurs des droits humains, aux militants syndicaux, aux groupes de la société civile, aux acteurs politiques et à tous les opposants à la peine capitale pour qu’ils poursuivent la contestation malgré le renforcement des restrictions et des mesures de sécurité, soulignant qu’une résistance soutenue est essentielle face à la répression systématique. »



















