Le mardi 9 juin 2026, la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran a atteint sa 124e semaine consécutive de mobilisation dans 56 prisons à travers tout le pays. Pour protester contre l’augmentation massive des exécutions et la répression judiciaire, des prisonniers politiques ont lancé une grève de la faim coordonnée. Ce mouvement, devenu l’un des plus longs de l’histoire carcérale iranienne, dénonce le climat de terreur instauré par Téhéran tout en réclamant le respect du droit à la vie et la justice éducative pour la jeunesse.
Au cours des deux dernières années, la campagne s’est imposée comme l’un des plus importants mouvements de contestation dirigés par les prisonniers contre la peine capitale en Iran. Malgré une pression sécuritaire constante et des restrictions permanentes, elle continue de s’étendre et de recueillir un soutien public croissant chaque semaine.
Selon un communiqué publié par les organisateurs, les autorités carcérales et les agences de sécurité ont tenté, ces derniers mois, d’étouffer le mouvement. Elles ont multiplié les convocations, les menaces, les sanctions disciplinaires, ainsi que les restrictions sur les appels téléphoniques et les visites familiales. Néanmoins, les prisonniers politiques participants ont souligné qu’ils ne resteraient pas silencieux face à l’escalade des mises à mort et de la répression.
Pression sur les prisonnières politiques à la prison d’Evin
Parmi les participants figurent les prisonnières politiques détenues au quartier des femmes de la prison d’Evin, à Téhéran. Chaque mardi, elles scandent des slogans contre la peine de mort pour marquer leur opposition. En représailles à cet engagement, l’administration pénitentiaire leur a imposé une interdiction de visite et les a privées de tout contact téléphonique avec leurs proches.
Les membres de la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran ont également exprimé leur solidarité avec les manifestations de lycéens qui ont eu lieu dans diverses villes du pays. Ils soutiennent les revendications pour une justice éducative et soulignent le rôle décisif de la jeune génération dans la définition de l’avenir de l’Iran.
Multiplications des condamnations et risques imminents
Le communiqué rapporte qu’au moins 49 individus ont été exécutés depuis le début du mois iranien en cours. Il précise également que la condamnation à mort du prisonnier politique Yaghoub Derakhshan, actuellement détenu à la prison de Lakan à Racht, a été une nouvelle fois confirmée. Par ailleurs, des sentences capitales ont été prononcées contre trois autres prisonniers politiques : Yasin Shahbakhsh, Hassan Mosallavi et Ali Kamali.
La campagne alerte aussi sur le risque d’exécution imminente de quatre autres prisonniers politiques incarcérés à la prison de Sheiban, à Ahvaz : Farshad Etemadifar, Alireza Mardasi, Masoud Jamei et Reza Abdali. Le communiqué décrit leur situation comme étant profondément alarmante.
Les participants à la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran, qui maintiennent leur opposition depuis 124 semaines, rappellent que défendre le droit à la vie revient à défendre le plus fondamental de tous les droits humains. Ils appellent tous les secteurs de la société à élever la voix contre le prononcé et l’application des sentences de mort, afin de renforcer la demande collective de justice.




















