La campagne « Non aux exécutions du mardi » entame sa 116e semaine consécutive, marquée par la poursuite des grèves de la faim hebdomadaires dans 56 prisons à travers l’Iran. Ce mouvement perdure malgré des perturbations généralisées du réseau Internet, une intensification des pressions sécuritaires et une dégradation des conditions carcérales qui entravent gravement la communication et la diffusion d’informations sur les détenus.
Une mobilisation pérenne dans des dizaines d’établissements
Née d’une grève de la faim hebdomadaire coordonnée, la campagne « Non aux exécutions du mardi » est devenue l’une des formes de protestation organisée les plus longues au sein des prisons iraniennes. Suivi chaque mardi, le mouvement est désormais actif dans au moins 56 centres de détention à l’échelle nationale.
Parmi les établissements participants figurent la prison d’Evin et la prison de Qarchak, à Varamin, toutes deux connues pour détenir un nombre important de prisonnières politiques. Le quartier des femmes d’Evin ainsi que les détenues politiques de la prison pour femmes de Qarchak comptent parmi les piliers de cette mobilisation.
Les grèves de la faim se poursuivent malgré le black-out
Les grèves de la faim hebdomadaires se sont maintenues en dépit des coupures massives d’Internet et des restrictions strictes imposées sur les communications, limitant considérablement le flux d’informations et la diffusion des communiqués.
Les prisonniers et prisonnières engagés dans cette initiative ont affirmé que la campagne n’a pas été interrompue. Ils soulignent que, même dans des conditions d’isolement quasi total vis-à-vis du monde extérieur, les protestations persistent. Pour les observateurs, la poursuite de ce mouvement sous de telles contraintes témoigne d’une coordination interne solide et d’une grande résilience de la part des détenus.
Escalade de la répression et exécutions
Certaines informations font état d’un renforcement des mesures de sécurité à l’intérieur des prisons, notamment le transfert de détenus vers des cellules d’isolement et une pression psychologique accrue, des mesures qui coïncident fréquemment avec l’exécution de sentences capitales.
Cette tendance suscite des inquiétudes croissantes concernant les conditions de détention et les procédures entourant les exécutions. Dans ce contexte, la poursuite de la campagne est de plus en plus perçue comme un acte de résistance des prisonniers face à ces pratiques.
L’absence de restitution des corps alimente l’inquiétude
Plus de 15 jours après l’exécution de plusieurs prisonniers politiques, leurs dépouilles, notamment celles de Vahid Bani-Amerian, Mohammad Taghavi, Babak Alipour, Pouya Ghobadi, Abolhassan Montazer et Akbar Daneshvar Kar, n’ont toujours pas été restituées à leurs proches. Il est à noter que ces six hommes étaient des membres actifs de la campagne « Non aux exécutions du mardi ».
Les familles restent dans l’incertitude, aucune information ne leur ayant été communiquée sur le lieu de sépulture. Ce manque de transparence inflige une détresse psychologique profonde aux parents et renforce les préoccupations quant au traitement réservé aux condamnés exécutés et à leurs familles




















