TÉHÉRAN : Alors que le voile se lève progressivement sur le soulèvement national historique et sanglant qui a traversé l’Iran cet hiver, de nouveaux détails émergent sur le lourd tribut payé par les femmes en première ligne.
Parmi les victimes récemment identifiées de la répression brutale exercée par le régime iranien lors du soulèvement de janvier 2026 figure Mahsa Jalilian, une résistante de 30 ans. Son décès a été authentifié et officiellement annoncé ce jour par l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI).
Mahsa Jalilian, membre des Unités de résistance organisées de l’OMPI, a été la cible de tirs directs des forces de sécurité du régime le 9 janvier 2026, dans la ville d’Eslamabad-e Gharb, dans l’ouest du pays. Précédemment portée disparue, sa mort met en lumière le rôle singulier et périlleux assumé par les jeunes femmes dans la lutte actuelle pour renverser le régime clérical.
Une confrontation fatale à Eslamabad-e Gharb
Selon des sources de la résistance, Mahsa Jalilian a perdu la vie au plus fort de la riposte répressive du régime, au début du mois de janvier. Tandis que des milliers de citoyens descendaient dans les rues, des unités organisées se mobilisaient activement pour défendre les civils sans défense et repousser les forces étatiques.
Les derniers instants de Mahsa Jalilian se sont déroulés à Eslamabad-e Gharb, dans la province de Kermanchah, où elle a été visée par des tirs à balles réelles des forces de l’ordre. Son décès est survenu au cours d’une période sanglante de trois jours marquée par des affrontements directs à travers tout le pays, ayant également coûté la vie à Mohammad-Sadegh Alavinejad, ingénieur électricien de 35 ans tué à Téhéran le 8 janvier, et à Reza Vaghfiravan, 44 ans, tombé à Chahr-e-Rey le 10 janvier.
L’OMPI a également publié les noms de cinq autres membres des Unités de résistance tués lors de confrontations avec les Gardiens de la révolution le 8 janvier 2026.
Les femmes aux avant-postes d’un mouvement en mutation
Ce qui avait débuté le 28 décembre 2025 par une protestation économique des commerçants du bazar de Téhéran, excédés par l’inflation galopante et l’effondrement du rial iranien, s’est rapidement transformé en une rébellion politique d’envergure. Le mouvement s’est propagé comme une traînée de poudre dans 400 localités et a profondément pénétré le système universitaire national.
Pour des femmes comme Mahsa Jalilian, la contestation n’a jamais été uniquement d’ordre économique : c’était une bataille pour une libération fondamentale.
Tout au long de ce soulèvement, les femmes n’ont pas été de simples participantes, elles ont agi comme des leaders tactiques. L’OMPI a rapporté que ses Unités de résistance ont mené 630 opérations distinctes contre le Corps des Gardiens de la révolution, les milices paramilitaires du Basidj et d’autres installations étatiques pour protéger les quartiers civils.
Mahsa Jalilian fait partie de cette mosaïque de femmes et de jeunes insoumis ayant payé le prix ultime lors de la répression hivernale. Parmi les autres victimes féminines recensées durant cette vague de contestation figure Zahra Bahlouli-Pour, étudiante à l’Université de Téhéran et membre des Unités de résistance, tuée lors de l’assaut des forces de l’ordre en janvier.
Le bilan de la répression en Iran
Pour étouffer le soulèvement, le régime iranien a imposé un black-out total sur les communications en janvier, déployant une force létale qui a entraîné la mort de milliers de civils.
Malgré l’extrême violence du pouvoir, marquée par l’assassinat ciblé de jeunes universitaires, d’athlètes de haut niveau et de jeunes travailleurs, la perte de femmes telles que Mahsa Jalilian ne fait que renforcer la détermination des contestataires. Pour une génération de femmes iraniennes ayant vécu sous un système d’apartheid de genre, l’insoumission de Mme Jalilian à Eslamabad-e Gharb restera un témoignage de l’engagement politique et du courage féminins.




















