D’après des informations émanant de la prison de Yazd, la prisonnière politique Zeinab Jalalian, qui purge actuellement sa vingtième année de réclusion à perpétuité, se trouve dans un état physique critique après que les autorités de sécurité ont bloqué son accès à des soins médicaux spécialisés. Les responsables de l’établissement auraient refusé de la transférer vers un hôpital, invoquant des impératifs de sécurité et le contexte régional pour justifier cette décision.
Retour de symptômes sévères après un traitement incomplet
L’automne dernier, suite à une forte pression internationale, Zeinab Jalalian avait enfin été autorisée à subir une intervention chirurgicale pour une embolisation de fibromes utérins. Cependant, elle a été renvoyée de force à la prison de Yazd seulement 24 heures après l’opération, avant même d’avoir pu terminer sa période de convalescence nécessaire.
Selon certaines informations, des mois de suivi médical interrompu et inadéquat ont entraîné de graves complications, notamment des saignements continus, des douleurs abdominales aiguës et une anémie sévère. Des sources indiquent que la semaine dernière, la gravité de son état l’a temporairement laissée incapable de se mouvoir.
Bien que le personnel médical de la prison ait mis en garde contre une possible repousse des fibromes et souligné l’urgence d’examens spécialisés, notamment des échographies et des IRM, les autorités persistent à lui refuser tout transfert vers des structures médicales extérieures.
« L’état de guerre » invoqué pour bloquer l’accès aux soins
À la suite de l’escalade des tensions militaires dans la région, les responsables de la prison de Yazd auraient suspendu tous les transferts de prisonniers malades vers des centres médicaux externes sous le prétexte de « l’état de guerre ».
Cette politique met gravement en péril la vie et la santé des prisonniers politiques et d’opinion, en particulier des détenus emblématiques comme Mme Jalalian.
Alarme des rapporteurs spéciaux des Nations unies
L’obstruction continue au traitement médical de Zeinab Jalalian persiste malgré les avertissements antérieurs des experts des droits humains des Nations unies. En mai 2025, neuf rapporteurs spéciaux de l’ONU ont publié une déclaration commune exprimant leur vive préoccupation face à sa détention arbitraire prolongée, ainsi qu’aux allégations de torture et de mauvais traitements visant la prisonnière politique.
Dans leur déclaration, les experts de l’ONU ont insisté sur le fait que « chaque minute compte pour lui sauver la vie » et ont appelé les autorités iraniennes à garantir immédiatement et sans condition son accès à un traitement médical adéquat dans un hôpital civil indépendant. Les groupes de défense des droits humains déplorent que le système judiciaire et l’appareil de sécurité iraniens aient, jusqu’à présent, ignoré ces appels.
Qui est Zeinab Jalalian ?
Zeinab Jalalian a été arrêtée en 2007 et condamnée, en 2009, à un an de prison pour franchissement illégal de la frontière. Parallèlement, elle a été condamnée à mort pour « guerre contre Dieu » (Moharebeh) en raison de son appartenance présumée à des groupes d’opposition. Sa sentence de mort a été confirmée par la cour d’appel et la Cour suprême, avant d’être commuée en réclusion à perpétuité.
Elle a déclaré à plusieurs reprises avoir été soumise à de rudes tortures durant sa détention, affirmant avoir été frappée à coups de fouet sur la plante des pieds, avoir reçu des coups de poing dans l’estomac, avoir eu la tête frappée contre les murs et avoir été menacée d’agression sexuelle.



















