118e semaine de grève de la faim pour les détenues politiques malgré les menaces
La campagne « Non aux exécutions du mardi » a annoncé que, pour sa 118e semaine consécutive, des prisonniers de 56 établissements à travers l’Iran ont de nouveau entamé une grève de la faim coordonnée.
Selon un communiqué publié par la campagne, les détenus grévistes ont repris leur mouvement malgré des pressions accrues et des restrictions généralisées, en réponse au recours croissant à la peine de mort. Ce mouvement de protestation, qui constitue désormais l’une des formes de résistance les plus longues et les plus constantes au sein du système carcéral iranien, témoigne de l’opposition persistante des prisonniers à la peine capitale.
Une proportion importante de ces protestataires est constituée de prisonnières politiques. Elles purgent actuellement leurs peines dans le quartier des femmes de la prison d’Evin (Téhéran), de la prison de Qarchak (Varamin), ainsi que dans les quartiers des femmes des prisons de Sepidar (Ahvaz), d’Adelabad (Chiraz), de Zahedan, de Yazd et de la prison de Lakan à Racht.
Une pression accrue pour stopper la grève de la faim
Au cours des dernières semaines, les autorités carcérales ont multiplié les efforts pour empêcher les détenus de participer à la campagne. Selon des informations émanant des centres de détention, les mesures incluent des menaces de transfert en cellule d’isolement, la suspension de l’accès au téléphone, le déni des visites familiales et un durcissement des restrictions sur les services de base, tout cela afin de contraindre les prisonniers à cesser leur grève.
L’un des cas les plus notables concerne la pression exercée sur les femmes détenues à la prison d’Evin. Le directeur de l’établissement a émis une nouvelle directive interdisant aux femmes de participer à la campagne « Non aux exécutions du mardi », les avertissant de conséquences punitives telles que l’isolement cellulaire et la perte du droit de téléphoner. Malgré ces menaces, les détenues ont poursuivi leur mouvement pour cette 118e semaine.
Exécutions de prisonniers politiques et inquiétudes sur les disparitions forcées
Le communiqué souligne également l’exécution de trois prisonniers politiques au cours de la semaine passée, qualifiant cette décision de signe d’une répression qui s’intensifie.
Amirali Mirjafari, originaire de Téhéran, Erfan Kiani, d’Ispahan, et Amer Ramesh, du Sistan-et-Baloutchistan, ont été exécutés au terme de procédures judiciaires qualifiées d’inéquitables.
Les corps de deux de ces individus n’ont pas été restitués à leurs familles. La campagne a qualifié cette pratique de cas de disparition forcée et a mis en garde contre ses graves conséquences en matière de droits humains.
L’exécution et la répression comme moyens d’étouffer la contestation
En conclusion, la campagne « Non aux exécutions du mardi » affirme que la multiplication des exécutions, parallèlement au durcissement du climat sécuritaire, révèle une stratégie globale des autorités visant à réprimer la contestation populaire. Selon le mouvement, le recours à la peine capitale et l’instauration d’un climat de peur font partie d’une politique de dissuasion destinée à empêcher l’émergence de nouvelles vagues de manifestations à travers le pays.




















