La campagne « Non aux exécutions du mardi » se poursuit dans 56 prisons iraniennes malgré le durcissement des restrictions
Pour sa 119e semaine consécutive, la campagne « Non aux exécutions du mardi » a été marquée, le mardi 5 mai 2026, par une grève de la faim coordonnée de prisonniers politiques dans 56 établissements pénitentiaires à travers l’Iran. Ce mouvement proteste contre le recours persistant à la peine de mort et les conditions de détention répressives. Cette action intervient alors que de nombreuses informations font état d’un renforcement de la pression sécuritaire et de restrictions généralisées visant à empêcher la participation des détenus à la campagne.
Une protestation soutenue face à l’escalade de la pression carcérale
Selon les informations disponibles, les autorités pénitentiaires ont tenté de réprimer la campagne « Non aux exécutions du mardi » par diverses mesures : menaces de transfert en cellule d’isolement, suspension du droit au téléphone, déni des visites familiales et durcissement des contrôles. Malgré ces pressions, les prisonniers politiques ont maintenu leur mouvement contre la peine capitale et, plus largement, contre les politiques répressives de l’État.

À la prison d’Evin, la pression exercée sur les prisonnières politiques se serait intensifiée. Sept d’entre elles ont été privées de leur droit de visite familiale pour avoir participé à la campagne. Les responsables de la prison ont précisé que cette restriction s’appliquerait durant trois semaines, justifiant cette sanction par les activités de protestation des détenues, notamment des chants et des slogans.

Akram Daneshvarkar, 54 ans, membre active de la campagne « Non aux exécutions du mardi », a été arrêtée avec sa sœur en avril par les forces de sécurité, puis transférée à la prison de Qarchak, à Varamin. Leur interpellation fait suite à leurs démarches pour obtenir des informations sur le sort et le lieu de sépulture de leur frère, Akbar Daneshvarkar, exécuté plus tôt le même mois. Avant son arrestation, Akram Daneshvarkar s’était fortement investie dans la campagne et avait milité, avec sa famille, pour obtenir la suspension de la sentence de mort de son frère.
Appel à une action internationale urgente pour suspendre les exécutions
Dans son dernier communiqué hebdomadaire, la campagne « Non aux exécutions du mardi » a alerté sur l’augmentation du nombre d’exécutions en Iran et a appelé la communauté internationale ainsi que les organisations de défense des droits humains à agir immédiatement pour sauver les prisonniers en danger de mort.
« La politique d’emprisonnement et d’exécution ne pourra réprimer la protestation et le soulèvement populaire. Un gouvernement qui a perdu sa légitimité ne résoudra pas ses crises par la répression et les exécutions », indique le communiqué.
Les membres de la campagne ont également exhorté la société civile mondiale, les opposants à la peine de mort et les institutions internationales à prendre des mesures concrètes pour mettre fin aux exécutions et soutenir les prisonniers en Iran.



















