Au cours du jeudi et du vendredi 8–9 janvier 2026, le soulèvement en Iran du peuple iranien s’est poursuivi avec une intensité ininterrompue dans au moins 173 villes à travers le pays. De jeunes protestataires se sont affrontés aux forces de sécurité du régime dans environ 400 points. À mesure que les manifestations s’intensifient, le soulèvement en Iran est entré dans une phase nouvelle et plus décisive.
Dans la nuit du jeudi 8 janvier, les rues de dizaines de villes iraniennes étaient bondées. Femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, sont descendus dans la rue en scandant « À bas Khamenei » et « À bas le dictateur ». Des slogans tels que « À bas l’oppresseur, qu’il soit le chah ou le Guide (des mollahs) » ont retenti parmi les manifestants et la jeunesse défiant le régime dans différentes régions du pays, notamment à l’Université de Téhéran, dans les quartiers de Sattarkhan, Haft-Hoz, Sadeghieh et Coca-Cola à Téhéran, ainsi qu’à Tabriz, Sanandaj et Kermanchah. À Urmieh, les manifestants scandaient : « L’Azerbaïdjan a de l’honneur ; Pahlavi est sans honneur ».
Dans le quartier d’Elahieh à Machhad, un groupe de femmes rebelles a affronté les forces de police du régime en scandant : « À bas l’oppresseur, qu’il soit le chah ou le Guide (des mollahs) ». À Saravan, dans la province du Sistan-et-Baloutchistan au sud-est du pays, des femmes ont défilé dans la ville et lancé des slogans anti-régime, soulignant le rôle moteur des femmes dans le soulèvement en cours.

Le vendredi 9 janvier, treizième jour du soulèvement, les protestations et les affrontements avec les forces de sécurité du régime se sont poursuivis à Téhéran, Machhad, Ispahan, Chiraz, Qom, Karaj, Kermanchah, Racht et dans des dizaines d’autres villes. À Téhéran seulement, 28 quartiers ont été le théâtre de manifestations et de combats de rue entre de jeunes manifestants et les forces de sécurité du régime.
Le vendredi 9 janvier, à Zahedan, à l’issue de la prière du vendredi, de courageuses femmes baloutches ont rejoint d’autres fidèles pour descendre dans la rue en scandant « À bas Khamenei » et « De Zahedan à Téhéran, ma vie pour l’Iran ». Les forces de sécurité du régime ont riposté en visant les manifestants avec des balles réelles et des gaz lacrymogènes.
La présence marquante des femmes baloutches dans ces manifestations, malgré un siège sécuritaire intense et des tirs directs des forces de l’ordre, ainsi que leurs slogans « Pauvreté, corruption, cherté de la vie ; nous continuerons jusqu’au renversement », reflètent la détermination ferme des femmes iraniennes à renverser le fascisme religieux au pouvoir.
Coupure d’Internet et répression sanglante
Un grand nombre de manifestants ont été tués par les forces de sécurité du régime dans différentes villes, en particulier à Téhéran et dans sa périphérie, des actes qui constituent indéniablement des exemples manifestes de crimes contre l’humanité.
Le 8 janvier, à Fardis, Karaj (quartier de Siah-Noush), les forces de sécurité ont commis un crime horrible en ouvrant le feu directement sur des civils. Lors d’un seul incident, au moins 10 jeunes ont été tués ou blessés, leurs corps laissés au sol. Le régime a tenté de dissimuler l’ampleur de ce massacre en imposant une coupure totale des communications et de l’accès à Internet.

Parallèlement à cette coupure d’Internet, Khamenei, le Guide suprême des mollahs, a publié un communiqué dans la matinée du vendredi 9 janvier, qualifiant les manifestants de « saboteurs » et menaçant que le régime « ne reculerait pas » face à eux. Peu après, le secrétariat du Conseil suprême de la sécurité nationale du régime a publié une déclaration annonçant que les forces de sécurité et judiciaires ne feraient preuve « d’aucune clémence » envers les manifestants. Ali Salehi, gouverneur de la province de Téhéran nommé par le régime, a également appelé à une réponse dure contre les manifestants arrêtés.
Malgré la répression sanglante de la nuit précédente, au moment de la rédaction de ce rapport, les protestations et les affrontements se poursuivent dans des dizaines de zones à Téhéran, Machhad, Ispahan, Karaj et dans d’autres villes à travers l’Iran.
Le lourd prix de la liberté ; une femme parmi les victimes
Selon des rapports crédibles, le nombre de personnes arrêtées ces derniers jours s’élève à plusieurs milliers. Les centres de détention gérés par le CGRI, les Forces de sécurité de l’État, le ministère du Renseignement et les soi-disant maisons sûres sont surpeuplés, reflétant la panique qui s’est emparée de l’appareil répressif du régime. Il y a deux jours, des dossiers judiciaires avaient été ouverts pour 650 détenus à Téhéran seulement, tandis que la majorité des personnes arrêtées demeurent dans un vide juridique, dans des conditions désastreuses.
À ce jour, l’identité de 54 manifestants tués lors du soulèvement en Iran a été confirmée. Parmi eux figure Akram Peargazi, 40 ans, mère de deux filles, qui a été touchée par balle à l’abdomen par les forces de sécurité du régime lors des manifestations à Neychabur le 7 janvier 2026, et est décédée plusieurs heures plus tard à l’hôpital.





















