En mai 2026, l’Iran a été le théâtre d’une recrudescence alarmante de violences extrêmes contre les femmes, avec des cas documentés à Téhéran, Karaj, Makou, Khoy et Bojnourd. Ces meurtres, perpétrés entre le 16 et le 24 mai, révèlent l’ampleur du féminicide en Iran, un phénomène alimenté par l’impunité légale et la misogynie systémique du régime clérical. Malgré la censure médiatique et les coupures d’Internet, ces tragédies quotidiennes soulignent l’urgence d’une protection réelle des droits des femmes.
Les statistiques catastrophiques ne révèlent qu’une infime partie de la réalité. Ces dossiers ne sont que ceux ayant réussi à filtrer à travers les mailles du filet de la censure et de la répression étouffante qui frappe les petites villes. Dans un système où la violence contre les femmes est légalement reproduite et où les médias officiels ont pour mission de dissimuler les faits, la tragédie est bien plus vaste. Chaque nom cité représente des dizaines d’autres femmes sans voix qui perdent la vie dans l’anonymat, derrière les murs du silence.
1. Une jeune femme abattue par son ex-mari à Karaj
Une jeune femme a été tuée par balles par son ex-mari alors qu’elle se trouvait dans une agence immobilière pour vendre sa maison à Karaj, selon l’agence de presse Mehr du 24 mai 2026. La victime, qui prévoyait de céder ce bien reçu au titre de sa dot (mehrieh), a été atteinte par trois projectiles le 23 mai.
Les habitants du quartier de Chahin Vila, à Karaj (province d’Alborz), se sont précipités dans la rue après avoir entendu quatre coups de feu consécutifs. Ils ont découvert le corps ensanglanté de la victime devant l’agence immobilière, tandis qu’un homme prenait la fuite avec une arme de poing. D’après des informations de presse, le suspect, un chauffeur de taxi, a été arrêté alors qu’il tentait de fuir le pays par les frontières occidentales.
2. Leila, mère de 5 enfants, assassinée à la hache à Makou
Leila M., âgée de 42 ans et mère de cinq enfants, a été tuée à la hache par son frère alors qu’elle dormait à Makou. L’information a été diffusée sur les réseaux sociaux par l’une des cofondatrices du refuge pour femmes « Mehrafarid Shams ».
Dans la nuit du 22 mai, le frère de 22 ans a assassiné sa sœur sous prétexte de « crime d’honneur ». Leila avait été contrainte de quitter son logement en location et de retourner chez ses parents après avoir perdu son emploi en raison de la crise économique. C’est dans ce foyer paternel que la violence domestique a frappé, laissant cinq orphelins dont le plus jeune n’est âgé que de 10 mois.
3. Une mère de deux fils électrocutée à Téhéran
Mahnaz, 41 ans, a été assassinée par son mari le 22 mai à Téhéran. Elle avait expulsé ce dernier du domicile quelques jours plus tôt suite à de graves différends. Mahnaz était la mère de deux garçons âgés de 16 et 20 ans.
Le vendredi 22 mai, à la mi-journée, ses enfants ont découvert son corps inanimé. Le mari, un électricien de 48 ans, a avoué le crime après son arrestation à Téhéran : « Nous comptions divorcer. Avant l’audience au tribunal, je me suis introduit dans la maison à l’aube. Utilisant mes compétences professionnelles, j’ai tué ma femme par électrocution avant de m’enfuir ». (Donya-e-Eqtesad, 24 mai 2026).
4. Jana Sadouei, victime du mariage précoce à Khoy
À Khoy, dans la province d’Azerbaïdjan occidental, Jana Sadouei, 19 ans, a été tuée par son époux le 16 mai 2026. Mère d’un nourrisson de six mois, Jana a succombé à de graves sévices physiques. Pour masquer son crime, le mari a mis en scène un suicide par pendaison afin de tromper les enquêteurs.
Jana Sadouei, mariée de force à l’âge de 17 ans, était elle-même une victime du phénomène sinistre du mariage des enfants. Ce meurtre brutal illustre une nouvelle fois la vulnérabilité des jeunes filles face au féminicide en Iran.
5. Une mère poignardée à mort à Bojnourd
Le 23 mai 2026, dans la ville de Bojnourd, un homme a assassiné sa mère à l’aide d’une arme blanche suite à une dispute familiale. Selon l’agence Mehr, aucun détail supplémentaire sur le mobile du suspect ou sur l’enquête n’a été communiqué par les autorités.
La source ultime de cette violence et la racine de ces tragédies sociales résident dans la nature misogyne du régime clérical. Depuis plus de 46 ans, le parlement n’a pas adopté le moindre projet de loi interdisant les violences faites aux femmes. Sous ce régime, harceler ou tuer une femme n’entraîne que peu de conséquences. Selon les statistiques de la Commission des Femmes du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), 192 femmes ont été assassinées par des membres masculins de leur famille au cours de la seule année 2025.
Qu’est-ce que la Commission des Femmes du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) ?
La Commission des femmes du CNRI travaille beaucoup avec les femmes iraniennes à l’extérieur du pays et maintient un contact permanent avec les femmes en Iran. La Commission des femmes est activement impliquée avec de nombreuses organisations de défense des droits des femmes, des ONG et la diaspora iranienne.
La Commission des femmes du CNRI est une source majeure d’une grande partie des informations reçues de l’intérieur de l’Iran concernant les femmes.
Elle est l’une des 25 commissions du Conseil national de la Résistance iranienne.



















