La grève du bazar de Téhéran et les protestations en Iran sont entrées dans leur troisième jour consécutif le mardi 30 décembre 2025, marquées par la fermeture massive du Grand Bazar de Téhéran et par la participation croissante des étudiants universitaires ainsi que de nombreuses villes à travers le pays.
La grève du bazar de Téhéran a été rejointe par une participation active et un soutien des étudiants de grandes universités de la capitale, notamment l’Université de Téhéran, l’Université de technologie Charif, l’Université de technologie Amirkabir, l’Université Allameh Tabataba’i, l’Université des sciences et technologies d’Iran, l’Université de technologie Khajeh Nasir Toosi et l’Université nationale (connue sous le nom de Beheshti), ainsi que l’Université de technologie d’Ispahan et l’Université de Yazd.
Les étudiants ont organisé des rassemblements et des marches en scandant des slogans de protestation. Sur certains campus, ils ont tenu tête aux unités du Bassidj et aux forces en civil, les contraignant à se replier sous la pression de slogans répétés. Parmi les slogans scandés par les étudiants figuraient :
Université de Téhéran : « Pauvreté, corruption et tyrannie, à bas ce despotisme », « À bas le dictateur »,« Nous resterons debout, nous mourrons, nous reprendrons nos droits ».
Université Allameh Tabataba’i : « Pauvreté, corruption et tyrannie – à bas ce despotisme »,« Les prisonniers politiques doivent être libérés »,« Ni Pahlavi ni le Guide (des mollahs) – liberté et égalité »,« Ni monarchie ni direction (des mollahs) – liberté et égalité ».
Université de technologie Khajeh Nasir Toosi : « Étudiant, sois la voix du peuple »,« Nous venons d’une lignée de sang, nous irons jusqu’au bout »,« Liberté, liberté, liberté »,« Par le sang de nos camarades tombés, nous resterons jusqu’au bout »,« Étudiant, crie : réclame tes droits »,« Cette patrie ne sera pas libre tant que les mollahs ne seront pas ensevelis », « Conservateurs ou réformistes, le jeu est terminé ».
Université de technologie d’Ispahan : « Un Iranien peut mourir mais n’acceptera pas l’humiliation »,« Étudiants dignes: soutien, soutien ».
Université nationale de Téhéran (Beheshti) : « À bas le dictateur »,« Un étudiant peut mourir mais n’acceptera pas l’humiliation »,« Tant d’années de crimes, à bas ce régime », « N’ayez pas peur, n’ayez pas peur, nous sommes tous ensemble »,« Bassidji sous perfusion, c’est la fin, profitez-en tant que vous pouvez ».
Université des sciences et technologies d’Iran : « N’ayez pas peur, n’ayez pas peur, nous sommes tous ensemble »,« Étudiants libres, protestez, protestez »,« Liberté, liberté, liberté, dites-le ».
Université de technologie Amirkabir : « Étudiant, étudiant ! sois la voix du peuple »,« Bassidj et pasdarans ! Daech, nous savons qui vous êtes »,« À bas le dictateur »,« Je suis une femme libre »,« Un étudiant peut mourir mais n’acceptera pas l’humiliation ».
Université de Yazd : « Iranien, élève la voix ! Réclame tes droits ! ».
Les commerçants et boutiquiers de nombreuses zones de Téhéran ont fermé leurs commerces en solidarité avec la grève, tandis que les quartiers centraux et sud de la capitale sont devenus le théâtre de rassemblements de protestation.
À Téhéran, des manifestations dans des zones telles que la rue Mellat, la place Shoosh et le quartier de Javadieh ont été confrontées à des répressions menées par les forces spéciales de sécurité.
Sur la place Enghelab, les manifestants ont scandé :
« À bas l’oppresseur, qu’il soit le chah ou le guide (des mollahs) ».
Les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires. Toutefois, selon les informations disponibles, les manifestations se sont poursuivies, les citoyens, en particulier les jeunes, résistant à la répression. Dans le même temps, le déploiement massif de forces de police et d’agents en civil dans les rues Ferdowsi, Valiasr et Sattarkhan, ainsi qu’autour du bazar de Téhéran, n’a pas permis d’endiguer l’extension des protestations.
Au-delà de Téhéran, les grèves et les protestations se sont étendues à de nombreuses villes, notamment Chiraz, Ispahan, Kermanchah, Machhad, Ahvaz, Yazd, Karaj, Hamedan, Qechm, Zanjan et Tabriz. Néanmoins, Téhéran, et en particulier son bazar central, s’est imposé comme l’épicentre de cette vague de protestation, établissant un lien visible entre le bazar, la rue et les universités.
Au stade Sahand de Tabriz, des jeunes ont scandé :
« L’Azerbaïdjan a de l’honneur ; Pahlavi est déshonorant ».
La grève du bazar de Téhéran et la poursuite des protestations reflètent la colère populaire accumulée face à l’effondrement économique, à la forte dévaluation de la monnaie nationale, à l’inflation galopante et à la corruption systémique enracinée au sein du pouvoir en place. À travers leurs slogans et leurs actions, les manifestants désignent simultanément ce qu’ils identifient comme la cause profonde de la crise, le régime clérical, et ce qu’ils considèrent comme la solution : la résistance et le soulèvement.




















