En tant que femme et enfant, les fillettes iraniennes sont les plus vulnérables sous le régime misogyne des mollahs, car les droits des femmes et des enfants ne sont ni protégés, ni promus en Iran.
Le projet de loi sur les droits des enfants est bloqué au Parlement depuis des années, tout comme le projet de loi sur la violence à l’égard des femmes qui avait été bloqué pendant huit ans, avant d’être totalement remanié.
Rebaptisé et transformé, le projet de loi ne contient plus aucune garantie efficace, insuffisante pour prévenir de la violence à l’égard des femmes, sans criminaliser le harcèlement sexuel, le viol et l’exploitation sexuelle des femmes, et sans punir l’agresseur. La loi exclut également les femmes célibataires, les filles de moins de 18 ans et les victimes de préjudices sociaux.
Le projet de loi visant à augmenter l’âge du mariage pour les filles iraniennes avait connu le même destin. Il avait été rejeté en décembre 2018 par la Commission juridique et judiciaire du Parlement parce qu’il « contenait des faiblesses religieuses et sociales » et pour contredit « les enseignements de l’islam».
De toute évidence, les mollahs qui dirigent l’Iran n’ont aucune préoccupation des objectifs internationaux poursuivis depuis 2012, qui avaient désigné le 11 octobre, La Journée Internationale des Filles, pour souligner, répondre aux besoins et aux défis auxquels font face les filles, tout en promouvant leur autonomisation et l’épanouissement de leurs droits humains.

Les fillettes iraniennes sont responsables devant la loi à 9 ans
La Constitution iranienne fixe à 9 ans l’âge légal de la responsabilité pénale des filles iraniennes et le code vestimentaire obligatoire et les oblige à se couvrir les cheveux dès leur premier jour d’école, à l’âge de 6 ans.
Au lieu de veiller à leur santé et à leur éducation, le régime des mollahs organise chaque année des cérémonies épouvantables pour la majorité, appelées «jashn-e taklif», au cours desquelles les fillettes de 9 ans sont reconnues comme matures sur le plan religieux et doivent répondre de leurs actes devant la loi.
Selon leur point de vue, les tâches ménagères, l’enfantement et l’éducation des enfants sont les principales responsabilités qui incubent à toute fille ou femme.
Les filles iraniennes sont en réalité marginalisées dès leur plus jeune âge par des lois restrictives avant de pouvoir comprendre et revendiquer leurs droits fondamentaux.
Abandons scolaires, analphabétisme et travail des enfants
Il y a environ 15 millions d’enfants d’âge scolaire en Iran, dont la moitié sont des filles. Le nombre d’enfants non scolarisés et privés d’éducation est estimé entre 2 et 4 millions, principalement parce que leurs parents n’ont pas les moyens de les envoyer à l’école. L’éducation n’est ni gratuite, ni obligatoire en Iran.
Le directeur général du département de l’éducation de la province de Kermanshah (Ouest de l’Iran) a reconnu qu’il n’avait pas les moyens d’inscrire les enfants non scolarisés, car il leur fallait 9 millions de tomans (782 dollars) par enfant. “Le département de l’éducation n’a pas un tel budget”, a-t-il ajouté. (Agence de presse nationale BORNA – 4 octobre 2019)
Selon les dernières estimations, le nombre d’analphabètes en Iran serait d’environ 11 millions, soit 13% de la population, dont les deux tiers sont des femmes et des filles. (The salamatnews.com, le 26 septembre 2018)
Dans un rapport publié en 2015 par la Direction présidentielle pour les femmes et la famille, l’état d’analphabétisme des femmes et des fillettes en Iran était alarmant, ajoutant que la situation était critique dans une quarantaine de villes.
La faillite économique est l’un des principaux contributeurs à la pauvreté, ce qui contribue à la privation d’éducation et à l’analphabétisme. Rohani a ordonné la fermeture de nombreuses écoles dans les communautés rurales au cours des dernières années afin de réduire le budget.
Au moins un quart des étudiants iraniens sont obligés de quitter l’école chaque année, dont un grand nombre se joignent au quelques 3 à 7 millions d’enfants qui travaillent, à déclaré un membre du parlement des mollahs. (The salamatnews.com, le 27 septembre 2017)
Le décrochage des fillettes de 6 ans et plus est particulièrement répandu dans les provinces du Sistan et du Baloutchistan, du Khuzestan, de l’Azerbaïdjan occidental et de l’Azerbaïdjan oriental.
Abbas Soltanian, député du ministère de l’Éducation, chargé de l’enseignement moyen, a annoncé l’an dernier: «Au total, 4,23% des élèves ont abandonné l’école l’année précédente. Les filles représentent 4,17% de l’école, ce qui signifie qu’il existe une grande différence entre les abandons scolaires des garçons et celui des filles. “». (Agence de presse officielle ILNA – 25 juin 2018)

Espaces éducatifs inadéquats, transport dangereux
Les filles iraniennes sont également victimes de structures scolaires médiocres et de transports dangereux, à la lumière de l’approche irresponsable des autorités et du personnel de l’éducation. Chaque année, un certain nombre de jeunes filles perdent la vie sur le chemin de l’école, sous un mur ou un plafond effondré, ou dans un incendie. Les systèmes de chauffage non sécurisés ont également provoqué des intoxications répétées chez les étudiants.

Quatre élèves de maternelle et du primaire ont perdu la vie dans un incendie le 18 décembre 2018 dans une école de filles à Osveh Hassaneh à Zahedan, capitale de la province du Sistan-et-Baluchestan. Les victimes étaient Mona Khosroparast, Maryam Nokandi, Saba Arabi et Yekta Mirshekar, décédées deux jours plus tard à l’hôpital. (Agence de presse officielle Tasnim – 18 décembre 2018)
Un minibus vétuste s’est renversé sur la route à Gha’emshahr, dans le nord de l’Iran, le 15 janvier 2019, entraînant la mort d’une jeune fille et la blessure d’une autre. (Site Web géré par l’État, Tabnak – 16 janvier 2019)
Le 26 janvier 2019, la voiture utilisée pour le transport scolaire à Mashhad, dans le nord-est de l’Iran, s’est renversée sur la route. Trois étudiantes, un garçon et la conductrice de la voiture ont été blessés.
Vingt-cinq filles ont été empoisonnées le 29 janvier 2019 après avoir été exposées à une fuite de monoxyde de carbone provenant du système de chauffage de leur classe à l’école primaire pour filles de Bam, dans la province de Kerman. (Agence de presse officielle ISNA – 29 janvier 2019)
Lors d’un dramatique incident à Salas-e Babajani dans la province de Kermanshah, un incendie s’est déclaré dans une école primaire de filles le 30 janvier 2019 en raison de systèmes de chauffage inadéquats et dangereux dans les salles de classe, qui ont été entièrement brûlé.
Leila Osmani, 12 ans, et Abbas Osmani, 13 ans, ont perdu la vie lorsqu’un minibus scolaire s’est écrasé avec un camion remorque sur l’axe Omidiyeh-Mahshahr. Dix autres étudiants ont été blessés dans cet accident. (Le site Web de Jamaran, géré par l’État – 6 février 2019)
Le plafond d’une école secondaire de filles à Rasht a été brûlé à cause du court-circuit du câblage électrique sur le toit de l’école. (Site Web géré par l’État, Tabnak – 6 février 2019)
Vingt filles d’école primaire ont été blessées, certaines dans un état critique, sur le chemin du retour du camping lorsque leur minibus est entré en collision avec une autre voiture à Fasa, dans le sud de la province de Fars. (Site Internet Rouydad24 géré par l’État, 10 avril 2019)
Onze lycéennes de Kermanshah ont été blessées aux bras et aux jambes cassés lorsque leur minibus s’est renversé sur la route reliant Kangavar à Sahneh. L’accident a été rapporté le 22 avril 2019. (Agence de presse officielle ISNA, 22 avril 2019)

Trois jeunes filles sont mortes noyées en buvant l’eau d’un Hootag. L’incident tragique a eu lieu à Chabahar, dans les provinces défavorisées du Sistan et du Baloutchistan, le 29 mai 2019. En l’absence de pipelines et même de citernes, les habitants de cette région creusent des fossés pour recueillir la pluie en tant que réservoir d’eau pour l’homme et les animaux. Monireh Khedmati, Maryam Khedmati et Sierra Delshab étudiaient en deuxième et troisième années de primaire. (Agence de presse officielle IRNA – 29 mai 2019)
Et enfin, un cas qui ne doit jamais être oubli, en décembre 2012, l’école de filles du village de Shinabad a pris feu en raison du mauvais fonctionnement d’un appareil de chauffage au kérosène. 37 filles gravement brûlées dans l’incendie, faisant deux morts. On a promis une indemnisation aux filles et leurs familles, mais les fonctionnaires ne l’ont jamais attribué.
Shinabad n’a pas été le seul incident impliquant des blessures graves chez des fillettes iraniennes. Un cas similaire est apparu en avril dernier, six personnes qui avaient été brûlées lors d’un incendie à leur école de Doroodzan se sont rendues à Téhéran pour organiser un sit-in et demander de l’aide pour traiter l’affaire et être indemniser. Chacune des six filles, qui ont maintenant 20 ans, ont été blessée à plus de 50% lors d’un incendie, il y a 13 ans, dans leur école de la province du Fars, dans le sud du pays. Dans leur cas également, aucune des promesses de traitement n’a été tenue.
Alors que le régime iranien consacre des milliards de dollars à la guerre en Syrie et au Yémen, aux essais de missiles et aux activités terroristes, il alloue un petit budget aux infrastructures, écoles et universités du pays.

Les mariages précoces et forcés sont des violences contre des fillettes iraniennes
Selon l’institutionnalisation des lois du régime des mollahs, l’âge légal du mariage pour les fillettes iraniennes est de 13 ans. Elles peuvent être soumises au mariage encore plus tôt si le père et un juge décident qu’elles sont suffisamment matures.
Compte tenu de la faillite de la situation économique en Iran, du chômage endémique ou 80% de la population vit actuellement sous le seuil de pauvreté, le mariage forcé de fillettes est devenu le seul moyen pour un grand nombre de familles iraniennes de réduire leurs dépenses ou de percevoir de l’argent.
Les mariages précoces forcés sont également le principal facteur de décrochage scolaire chez les filles iraniennes.
En plus de créer divers troubles mentaux et problèmes physiques chez les jeunes filles, les mariages précoces forcés de fillettes en Iran ont ouvert la voie à une pléthore de maux sociaux tels que les divorces précoces, les enfant-veuves, la violence domestique contre les femmes et le meurtre.
Le nombre de mariages précoces de filles en Iran a connu une augmentation délirante ces dernières années. Ali Kazemi, conseiller du représentant juridique du pouvoir judiciaire, a annoncé le 4 mars 2019 qu’en l’espace d’un an seulement (mars 2018 à mars 2019), environ cinq à six cent mille (500 000 à 600 000) mariages d’enfants avaient eu lieu en Iran. (L’agence de presse ILNA gérée par l’État – 5 mars 2019)
C’est trois à quatre fois plus que les statistiques officielles précédentes de 180 000 mariages d’âges précoces par an. (Agence de presse officielle IRNA, 5 août 2018)
Le mariage forcé est l’une des principales causes de suicide en l’absence de toute forme de soutien juridique pour les jeunes femmes. Au cours de la dernière année, de nombreuses femmes se sont suicidées avant ou après la célébration en signe de protestation contre le fait de se marier de force.
Jusqu’à présent, les registres notariaux de quelques provinces ont annoncé les statistiques suivantes sur les mariages précoces dans leur région pour 2018:
1054 mariages de filles âgées de 10 à 14 ans dans le Khorasan du Nord (agence de presse officielle IRNA, 20 avril 2019); 1400 mariages de filles de moins de 14 ans à Zanjan (agence de presse officielle ISNA – 16 avril 2019); 4400 mariages de filles âgées de 10 à 14 ans à Ardabil (agence de presse officielle IRNA – 4 septembre 2019); 914 mariages de filles âgées de 10 à 14 ans et de moins de 10 ans à Golestan (Salamatnews.com, 26 février 2019, géré par l’État); 326 mariages de filles de moins de 14 ans à Bushehr (agence de presse officielle ISNA – 11 septembre 2019); 94 mariages de filles de moins de 15 ans à Ilam (agence de presse officielle IRNA – 5 février 2019) et 1596 mariages de filles de moins de 15 ans à Hamadan. (Agence de presse officielle IRNA – 29 mai 2019)
La Convention sur les droits de l’enfant réaffirme qu’un enfant atteint sa maturité à 18 ans et que, par conséquent, les mariages d’enfants sont contraires à cette convention et à d’autres lois internationales.
Les mariages précoces sont considérés comme violence à l’égard des femmes et constituent la pire forme d’oppression des fillettes iraniennes et des futures femmes iraniennes.




















