Mahboubeh Shabani, détenue suite aux manifestations de janvier 2026 à la prison de Vakilabad à Machhad, a entamé une grève de la faim le jeudi 20 août 2026. Elle proteste contre la dégradation de ses conditions de détention, l’absence de verdict dans son dossier judiciaire après plus de six mois de flou juridique et le déni de soins médicaux pour ses pathologies physiques.
Des rapports diffusés sur les réseaux sociaux indiquent qu’au troisième jour de sa grève de la faim, les autorités carcérales ont transféré Mahboubeh Shabani vers le quartier six sous la pression et les menaces, supprimant son accès au téléphone et ses droits de visite familiale.
Une source informée proche de sa famille a confirmé la situation de Mahboubeh Shabani, déclarant : « Mme Shabani a entamé une grève de la faim le jeudi 20 août 2026 pour protester contre ses dures conditions de détention, son statut judiciaire indéfini et le refus de traitement médical pour ses maux physiques. Actuellement transférée au quartier six de la prison de Vakilabad, elle a été déplacée au moins six fois entre le quartier “Aramesh” (isolement) et les unités de quarantaine. De plus, elle a développé une grave maladie de peau à l’arrière du cou pendant sa détention et n’a reçu aucune attention médicale appropriée. »
Mahboubeh Shabani demeure dans une impasse judiciaire sans verdict final depuis plus de six mois. À la mi-juillet, elle avait également été transférée violemment vers le quartier de quarantaine de la prison de Vakilabad à titre de mesure punitive. Les conditions insalubres de ce quartier ont provoqué sa maladie de peau, tandis que ses troubles cardiaques ne sont plus traités depuis des mois, faute de transfert vers des installations médicales adaptées.
Qui est Mahboubeh Shabani ?
Née en 1993 et arrêtée lors des manifestations de janvier 2026 à Machhad, Mahboubeh Shabani est actuellement incarcérée à la prison de Vakilabad. Elle a été violemment interpellée le 2 février 2026 par des agents du ministère du Renseignement.
L’arrestation s’est déroulée ce soir-là devant un complexe sportif de la place Azadi, à Machhad, et sa moto personnelle a été confisquée. La raison principale de son interpellation est d’avoir porté secours à des manifestants blessés les 8 et 9 janvier : elle utilisait sa moto pour transporter les blessés vers des centres médicaux et des hôpitaux. Cet acte humanitaire a conduit à des accusations lourdes contre elle, incluant initialement celle de « Moharebeh » (guerre contre Dieu). Bien que le chef d’inculpation de Moharebeh ait été retiré par la suite de l’acte d’accusation, d’autres charges sévères restent ouvertes devant la branche une du tribunal révolutionnaire de Machhad, maintenant la menace d’une lourde peine contre Mahboubeh Shabani.
Le soulèvement de janvier 2026
Le soulèvement de janvier 2026 a débuté le 28 décembre 2025 par une protestation économique des commerçants du bazar de Téhéran contre l’inflation galopante et l’effondrement du rial iranien, avant de se transformer rapidement en une insurrection politique nationale. Le mouvement s’est propagé comme une traînée de poudre à travers 400 villes et jusque dans les campus universitaires du pays.
L’insurrection héroïque des Iraniens et des Iraniennes a été accueillie par une violence sans retenue. D’innombrables manifestants descendus dans les rues sont devenus les cibles d’un massacre de masse. Les femmes ont payé le prix le plus élevé lors de la répression en janvier. À maintes reprises, elles ont tenu bon et résisté face au Corps des Gardiens de la révolution et aux autres forces oppressives. Elles ont affronté les canons à eau, bloqué les rues et refusé de battre en retraite. Pour beaucoup, le prix de ce courage fut leur vie.
Sur les ordres directs d’Ali Khamenei, les forces de sécurité ont ouvert le feu avec l’intention de tuer. Des tireurs d’élite ont visé la tête, le cœur et les yeux des manifestants. Depuis les toits et les passerelles piétonnes, des volées de balles ont plu indistinctement sur des civils sans défense, jeunes et vieux. De l’aveu même de Khamenei, « plusieurs milliers de personnes » ont été tuées. L’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI) a annoncé que plus de 50 000 individus ont été arrêtés lors de ces manifestations nationales.



















