Publication de l’identité de 30 femmes détenues à la prison de Vakilabad à Machhad
Dans le sillage de la vague d’arrestations arbitraires menée par le régime iranien, les familles des victimes tuées lors des manifestations nationales de janvier 2026, ainsi que plusieurs participantes aux récentes contestations dans les villes de la province du Khorassan-e Razavi, notamment à Machhad et Sabzevar, ont été interpellées et incarcérées par les forces de sécurité. La situation est particulièrement alarmante à la prison de Vakilabad.
L’intensification de la répression contre les manifestants et les familles en quête de justice est largement perçue comme le signe d’une inquiétude croissante des autorités face à la résurgence possible des manifestations antigouvernementales et de la dissidence organisée.
Arrestation de la famille d’Abolfazl Paydar à Sabzevar
Le mardi 5 mai 2026, au moins neuf citoyens ont été arrêtés dans la ville de Sabzevar. Les personnes détenues sont des proches d’Abolfazl Paydar, l’une des victimes tuées lors des manifestations nationales de janvier 2026.
Parmi les personnes arrêtées figurent Farzaneh Parvaneh, sa mère, Elham Parvaneh, sa tante maternelle, Amirhossein Paydar, son frère, ainsi que Saeed Parvaneh, son oncle maternel.
Selon des publications sur les réseaux sociaux, ces arrestations ont eu lieu alors que la famille tentait d’organiser une cérémonie commémorative pour l’anniversaire d’Abolfazl Paydar. Les agents de sécurité sont intervenus avant le début de la cérémonie pour empêcher le rassemblement. Après leur interpellation, les détenus ont été transférés à la prison de Torbat-e Heydarieh.
L’incertitude juridique à la prison de Vakilabad
Mahdieh Afqahi et son époux, Abolghasem Ali-Moradi, ont également été arrêtés lors des manifestations de janvier à Machhad. Malgré les démarches répétées de leurs proches, les autorités judiciaires refusent jusqu’à présent de clarifier leur statut légal, d’accorder une mise en liberté provisoire ou de fixer une date d’audience. Aucune information précise n’a été communiquée sur les charges pesant contre le couple, toujours maintenu dans un flou juridique à la prison de Vakilabad.
Par ailleurs, Tahereh Dehghan, arrêtée lors des contestations dans la ville de Chenaran, a été condamnée par la justice iranienne à un an d’emprisonnement. Elle purge actuellement son quatrième mois de détention à la prison de Vakilabad à Machhad. Le chef d’inculpation retenu est celui de « participation aux manifestations ». Mme Dehghan s’est également vu refuser toute permission de sortie.
Le cas de Zahra Mousavi : menace de déportation
Zahra Mousavi, une jeune femme de 21 ans et chef de famille, est détenue à la prison de Vakilabad depuis plus de trois mois. Placée dans le quartier dit « Aramesh », elle ne fait l’objet d’aucune procédure judiciaire concrète.
Mme Mousavi a été arrêtée à la mi-janvier 2026 lors du soulèvement national. Elle est accusée de « participation aux manifestations » et d’avoir « encouragé des individus à troubler l’ordre public et la sécurité nationale ». Avant son arrestation, elle travaillait comme caissière dans un restaurant de la ville de Fariman. Née en Iran, elle possède la double nationalité iranienne et afghane. Selon certaines sources, ses documents d’identité iraniens auraient été révoqués suite à l’ouverture de son dossier judiciaire, et elle est désormais menacée d’expulsion.
Identification de 30 femmes détenues à Machhad
Au moins 30 femmes ont été arrêtées dans la province du Khorassan-e Razavi lors du soulèvement de janvier 2026 et de la répression qui a suivi. Elles ont été transférées au quartier « Aramesh » et à la section de quarantaine de la prison de Vakilabad.
D’après des informations de presse, 25 de ces femmes sont toujours en détention, tandis que seulement cinq ont été libérées sous caution. Les identités confirmées des détenues sont les suivantes :
Maryam Nouri, Arezou Dehghan, Nadia Sedgh-Ali, Soheila Hosseini, Najmeh Amini, Mahdieh Afqahi, Hadiseh Morvaridi, Faezeh Salehabadi, Shahrzad Zamiri, Tahereh Dehghan, Azar Yahoo, Asieh Naeimi, Adeleh Naeimi, Mahsa Behdari, Mahboubeh Shabani, Marzieh Mashhadi, Sima Enbaei, Zahra Mousavi, Masoumeh Yaghoubi, Fatemeh Rezvani-Far, Seyedeh Zeinab Mousavi, Hadiseh Babazadeh, Melika Khavari Khorasani, Mina Zarei et Reyhaneh Kafshkanan.
Samira Bayat, Negar Farahmand, Fatemeh Aram, Najmeh Ruhandeh et Elnaz Eghbali compteraient parmi les personnes libérées de l’établissement ces dernières semaines.
Selon l’enquête, ces femmes ont été principalement arrêtées pour avoir participé aux manifestations, pour leurs activités sur les réseaux sociaux, pour avoir communiqué avec des médias basés à l’étranger, pour avoir porté secours à des blessés ou pour des actes symboliques de dissidence.
Certaines font face à des accusations gravissimes, notamment la « guerre contre Dieu » (Moharebeh), l’« insulte au Prophète » et le « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale ». Selon des messages diffusés sur les réseaux sociaux, plusieurs de ces prisonnières sont privées de leurs droits fondamentaux, tels que les appels téléphoniques et les visites familiales, depuis plusieurs mois.




















