En juillet 2026, un témoignage détaillé émanant d’une ancienne détenue de la prison de Qarchak, à Varamin, lève le voile sur les conditions de vie atroces des femmes interpellées lors du soulèvement national de janvier 2026. Ayant passé environ 40 jours dans le quartier 11 de cet établissement, elle décrit un environnement marqué par la faim, une insalubrité chronique et des traitements dégradants.
Ce récit souligne que l’accès aux nécessités vitales, comme l’eau potable, la nourriture saine et les soins médicaux, est soit drastiquement limité, soit soumis aux ressources financières personnelles des prisonnières, illustrant une gestion carcérale fondée sur la privation et le profit.
Selon ce témoignage, des centaines de femmes sont entassées dans des espaces réduits dépourvus d’installations de base. La détenue relate également des transferts incessants entre les quartiers huit et 11, ainsi que vers les cellules d’isolement du quartier six, des restrictions sur les achats à la boutique de la prison, l’obligation de dormir sur un sol glacial et des fouilles au corps humiliantes.
Le quartier 11 : un lieu de transit devenu permanent
L’ancienne détenue précise avoir été placée au quartier 11 dès son arrivée à la prison de Qarchak. Bien que cette section soit officiellement destinée à une rétention temporaire, de nombreuses femmes y sont restées pendant plusieurs semaines.
D’après son récit, la surpopulation extrême, le manque d’espace pour dormir, l’insuffisance des installations sanitaires et l’absence d’équipements élémentaires ont forcé de nombreuses femmes à dormir à même le sol ou dans les couloirs du quartier.
Deux douches et deux toilettes pour environ 250 femmes
Selon son témoignage, le quartier 11 ne disposait que de deux douches et de deux toilettes pour environ 250 femmes. L’eau chaude n’était accessible qu’une seule heure par jour, contraignant la majorité des détenues soit à se laver à l’eau froide, soit à rester plusieurs jours sans pouvoir se doucher.
Conjuguées à la promiscuité et à l’hygiène déplorable, ces conditions ont multiplié les risques de maladies dermatologiques et d’infections contagieuses.
Restrictions sur l’entretien et l’accès aux produits d’hygiène
L’ancienne prisonnière rapporte que même lorsque les femmes tentaient d’acheter des produits de nettoyage ou des désinfectants avec leur propre argent, elles n’y étaient pas autorisées. Elle affirme que l’interdiction faite aux détenues de nettoyer les installations sanitaires maintenait le quartier dans un état de saleté permanente, exerçant une pression psychologique supplémentaire sur les occupantes.
L’eau potable et la nourriture soumises aux moyens financiers
L’un des points les plus saillants de ce récit concerne l’absence d’eau potable saine à la prison de Qarchak. Elle explique que l’eau du robinet était imbuvable et provoquait même des irritations et des rougeurs cutanées lors de la toilette.
En conséquence, les prisonnières devaient acheter de l’eau en bouteille à la boutique de la prison. Selon elle, le prix de l’eau minérale a augmenté en un laps de temps très court, la rendant inaccessible pour de nombreuses femmes. Elle décrit également la nourriture carcérale comme étant de très mauvaise qualité, précisant que les protéines avaient pratiquement disparu des menus. Beaucoup de femmes souffraient d’une faim persistante faute de pouvoir acheter des compléments alimentaires à la boutique.
Entraves aux achats et fouilles humiliantes
L’ancienne détenue indique que l’accès à la boutique de la prison n’était pas garanti de manière constante et que, parfois, on lui interdisait tout achat à titre de punition. Puisque l’eau potable, une nourriture décente et les articles de première nécessité ne s’obtenaient que par ce biais, ce déni d’accès équivalait à une privation des besoins humains fondamentaux.
Par ailleurs, les produits d’hygiène intime n’ont pas été distribués pendant deux mois, et les articles finalement fournis étaient de piètre qualité. Elle décrit aussi les procédures de fouille corporelle comme profondément humiliantes, affirmant que l’attitude du personnel pénitentiaire durant ces opérations renforçait le sentiment de dégradation et de manque de respect envers les prisonnières.
Transferts répétés et déni de soins médicaux
Selon ce témoignage, les femmes arrêtées lors des manifestations nationales de janvier 2026 étaient principalement détenues dans les quartiers huit et 11, tandis que le quartier six était réservé aux cellules d’isolement. Les transferts fréquents entre ces zones, couplés à la menace constante d’un placement à l’isolement, imposaient une charge mentale épuisante aux détenues.
Enfin, elle souligne que l’accès aux soins dépendait également des ressources financières des prisonnières : aucun traitement médical n’était effectivement disponible sans paiement préalable. Elle conclut sa description de la prison de Qarchak par une phrase lapidaire : « En prison, tout dépendait de l’argent ».
Son récit dresse un portrait accablant des conditions subies par les femmes à Qarchak, entre pénuries organisées, détresse économique et privation systématique des droits les plus élémentaires.




















