Le 9 janvier 2026, Setareh Rafiei, une jeune fille de 19 ans, a été tuée par les forces de répression lors du soulèvement national à Téhéran. Abattue d’une balle dans la tête dans le quartier de Narmak alors qu’elle manifestait pour la liberté, elle est devenue l’un des visages les plus tragiques de la répression en Iran.
Son corps, retrouvé enveloppé dans une couverture à l’hôpital Al-Ghadir, témoigne de la violence extrême du régime de Khamenei envers la jeunesse. Ce rapport retrace son parcours et l’hommage qui lui a été rendu au cimetière de Behesht-e Zahra le 26 février 2026.
Née le 11 juin 2006, Setareh Rafiei était une adolescente pleine de vie. Comme des milliers d’autres jeunes Iraniens, elle a rejoint la rue en janvier 2026 pour faire entendre ses aspirations. Les gardes du régime ont répondu à ses cris par des balles.
Le corps ensanglanté de Setareh Rafiei gisait parmi les victimes là où un autre père endeuillé cherchait désespérément son propre fils disparu, Sepehr. Ses cris déchirants, « Sepehr, mon fils, où es-tu ? », ont résonné continuellement jusqu’à ce qu’il tombe soudainement sur elle et laisse échapper dans un sanglot : « Oh… celle-ci est une fille… ».
Cette jeune fille n’était autre que Setareh Rafiei, son corps enveloppé dans une couverture. Ce bref instant de détresse est devenu une image indélébile et hantée des manifestations. Concernant cette scène poignante, la mère de Setareh a déclaré plus tard : « Les yeux de mon enfant étaient encore ouverts. Je ne pardonnerai pas, et je n’oublierai pas ».

Le soir du 9 janvier, Setareh avait dit à sa famille : « Mes amis disent qu’ils tuent le peuple, je dois y aller ». Elle est partie et n’est jamais revenue. Après des heures de recherche, sa famille a fini par trouver son corps parmi les victimes transportées dans l’enceinte de l’hôpital Al-Ghadir. Un membre du personnel médical a révélé que, face au nombre écrasant de morts, les morgues étaient saturées, forçant les autorités à entreposer de nombreux défunts dans la cour de l’établissement.
Une image gravée dans la mémoire collective
L’image de Setareh enveloppée dans une couverture dans la cour de l’hôpital Al-Ghadir dépasse le simple récit. Elle restera à jamais gravée dans la mémoire de tous les amoureux de la liberté, ceux qui ont payé le prix ultime en perdant des êtres chers lors des soulèvements populaires.
Le 26 février 2026, lors d’une cérémonie commémorative pour Setareh Rafiei, alors âgée de 19 ans, au cimetière de Behesht-e Zahra à Téhéran, l’hymne emblématique « Des tulipes ont éclos du sang des jeunes de notre pays » a été entonné. Ceux qui l’ont connue ont organisé de nombreux rassemblements pour honorer sa mémoire. Ils se souviennent de Setareh comme d’une jeune fille débordante d’espoir et de rêves. En vérité, les étoiles ne s’éteignent jamais. Elles continuent de briller dans les cœurs et les souvenirs.




















