En juin 2026, une nouvelle vague d’arrestation arbitraire en Iran frappe de nombreuses femmes, activistes et membres de minorités religieuses à la suite des manifestations nationales de janvier.
Les autorités iraniennes multiplient les lourdes condamnations à la prison d’Evin et à la prison de Vakilabad, tout en maintenant des détenues comme Nirvana Torbati Nejad ou Ashraf Mohammadi dans un flou juridique total. Ces mesures punitives s’accompagnent d’un déni de soins médicaux critiques, illustrant une escalade de la répression judiciaire à Téhéran, Machhad et Chiraz.
Peines de prison et exécution des sentences
L’appareil judiciaire iranien a récemment confirmé plusieurs sentences contre des manifestantes :
Zahra Jamali (Mahsa) : Arrêtée lors des manifestations de janvier 2026 et actuellement détenue à la prison d’Evin, elle a été condamnée par le tribunal révolutionnaire à six mois d’emprisonnement. Le 9 janvier 2026, elle avait été transférée depuis la prison de Qarchak vers le quartier des femmes d’Evin.
Mahsa Nouri (Massoumeh) : Également arrêtée durant le soulèvement national, elle purge une peine de cinq ans à la prison d’Evin. Son interpellation remonte au 30 décembre 2025.
Parastoo Jamalzai : Arrêtée en janvier 2026, elle a été transférée à la prison d’Arak fin juin de cette année pour commencer à purger une peine d’un an.
Parnian Hashempour (Fatemeh) : Détenue en lien avec les manifestations de 2026, elle purge une peine de deux ans à Evin après une réduction de sa sentence en appel.
Afsaneh Tavana : Elle purge actuellement une peine de deux ans à Evin pour « activités de propagande » en faveur de l’opposition. Elle avait été arrêtée par les forces de sécurité en août dernier.
Taktom Golmakani: Sa condamnation à cinq ans de prison est liée à ses activités sur le réseau social X. Arrêtée en juin 2026, elle a été placée dans le quartier 209 de la prison d’Evin.
Maintien en détention et incertitude juridique
Le recours à l’arrestation arbitraire en Iran se double souvent d’un maintien prolongé au secret sans procès :
– Ashraf Mohammadi Najafabadi : Cette militante écologiste est détenue sans jugement à la prison de Dowlatabad, à Ispahan, depuis près de quatre mois.
Arrêtée le 19 février 2026 par le renseignement des Gardiens de la révolution, elle est accusée de propagande contre l’État.
– Samaneh Ebrahimi Navaei : Âgée de 46 ans et résidante d’Amol, elle a été arrêtée le 13 juin 2026 et transférée à Sari. Aucun motif officiel n’a été communiqué.
– Sima Septo et Nahid Falahati : Ces deux citoyennes de confession bahaie ont été interpellées à leur domicile à Chiraz le 23 juin. Leur lieu de detention reste inconnu.
– Nirvana Torbati Nejad: Résidente de Gorgan, elle a été arrêtée chez elle le 27 juin 2026 par les forces de sécurité. Son téléphone portable et celui de sa mère ont été confisqués.
– Saba Talebi : Blogueuse de 23 ans originaire de Machhad, elle est maintenue dans un flou juridique à la prison de Vakilabad depuis le 26 mai 2026 pour « insulte au guide suprême ».
– Shahrzad Zamiri : Employée des forces de sécurité arrêtée en lien avec les manifestations de janvier 2026, elle est privée de tout contact avec sa famille et d’accès au téléphone depuis le 22 mai à la prison de Vakilabad.
Déni de soins médicaux en milieu carcéral
La situation sanitaire des prisonnières devient alarmante dans plusieurs établissements. Donya Hosseini, connue sous le pseudonyme de Donya Azad, purge sa peine à Evin malgré une épilepsie sévère. Bien que l’organisation de médecine légale ait conditionné son maintien en détention à un accès à des médecins indépendants et à des traitements spécialisés, ces exigences sont ignorées.
À Ispahan, Farideh Abdi Yazdi, citoyenne baha’ie résidant à Shahin Shahr, est détenue à la prison de Dowlatabad depuis son arrestation le 16 mai 2026 par les agents du renseignement des Gardiens de la révolution. L’état de son dossier demeure incertain. Elle se voit également refuser l’accès à des soins médicaux spécialisés, en dépit du fait qu’elle souffre de diabète, d’hypothyroïdie et d’autres pathologies médicales.




















