En juin et juillet 2026, à Chiraz, en Iran, les autorités judiciaires ont intensifié leur harcèlement contre les défenseurs du droit. L’avocate Elham Zeraatpisheh a été condamnée à six ans de prison par le tribunal révolutionnaire, tandis que sa consœur Astareh Ansari demeure incarcérée sans soins à la prison d’Adelabad.
Ces mesures répressives, faisant suite à leurs arrestations en mai 2026, confirment la volonté du régime clérical de neutraliser toute assistance juridique pour les dissidents politiques et les participants aux manifestations nationales de 2022.
Une avocate condamnée alors qu’une autre reste détenue sans jugement
Elham Zeraatpisheh, avocate au barreau de Chiraz, a été condamnée par la première chambre du tribunal révolutionnaire de la ville à une peine de six ans de prison, assortie de sanctions complémentaires. Parallèlement, Astareh Ansari, également avocate, reste maintenue en détention à la prison d’Adelabad, à Chiraz, sans qu’aucune décision de justice finale n’ait été rendue et en étant privée de soins médicaux essentiels.
Selon le verdict rendu, Elham Zeraatpisheh a écopé de cinq ans de prison pour « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale » et d’un an supplémentaire pour « propagande contre l’État ». Le tribunal a également imposé des peines complémentaires, notamment une interdiction de quitter le territoire pendant deux ans et la révocation de son passeport.
Le 4 mai 2026, les forces de sécurité avaient intercepté et arrêté Mme Zeraatpisheh devant le tribunal de l’application des peines de Chiraz, avant de la transférer vers un lieu inconnu. Cette avocate avait déjà été prise pour cible et détenue par les autorités lors des manifestations nationales de 2022.
Astareh Ansari : déni de soins et conditions inhumaines à Adelabad
De son côté, Astareh Ansari est incarcérée à la prison d’Adelabad depuis près de deux mois dans une attente insoutenable. Elle est détenue sans que le principe de séparation des catégories de délits ne soit respecté et se voit contrainte de dormir à même le sol. Bien qu’elle souffre d’une maladie auto-immune, tout accès à un traitement médical approprié et à des soins spécialisés lui est refusé.
L’ordre de détention d’Ansari reste valide jusqu’au 5 juillet. Sa famille exprime de vives inquiétudes quant à une possible prolongation de cette mesure. Selon ses proches, le maintien en détention dans de telles conditions, couplé à l’absence de suivi médical, fait peser une menace grave sur son intégrité physique.
Astareh Ansari avait été arrêtée par des agents de sécurité à son domicile de Chiraz dans la soirée du 3 mai 2026. Comme sa consœur, elle avait déjà subi une arrestation lors du soulèvement national de 2022. Cette persécution systématique des femmes de loi illustre l’érosion totale de l’état de droit sous le régime des mollahs.




















