L’exécution d’Afsaneh Zandabadi, une jeune femme de 22 ans, a eu lieu le 17 mai 2026 à la prison centrale de Tabriz, en Iran. Victime d’une exploitation brutale orchestrée par son beau-père dès l’âge de 15 ans, elle avait été condamnée à mort à seulement 19 ans pour des accusations liées au trafic de drogue.
Ce verdict, qui n’a pas été annoncé par les médias officiels iraniens, illustre l’impunité des réseaux criminels et la vulnérabilité extrême des femmes face au régime clérical. Elle a passé trois ans dans le couloir de la mort avant que sa sentence ne soit appliquée.
Avec la mise à mort d’Afsaneh Zandabadi, le nombre de femmes exécutées au cours de l’année civile 2026 s’élève désormais à 13.
Des années d’exploitation : de l’âge de 15 ans à la potence
Afsaneh Zandabadi avait perdu son père il y a plusieurs années. Lorsqu’elle avait 15 ans, sa mère s’est remariée avec un marchand de pneus, forçant la jeune fille à emménager chez lui. Son beau-père a immédiatement mis fin à sa scolarité. À ses 17 ans, il lui a offert une Peugeot 206 pour son anniversaire, mais ses motivations étaient purement prédatrices. En l’appâtant avec des promesses de richesse et l’achat d’une villa, il l’a contrainte à transporter des stupéfiants.
Cette exploitation a duré deux ans, jusqu’à ce que la police découvre 25 kilogrammes de narcotiques dans la voiture d’Afsaneh et l’arrête.
Tout au long de ses interrogatoires et même durant son procès, Afsaneh Zandabadi a explicitement témoigné que son beau-père, Asadollah Khanbeigi, l’avait violée à plusieurs reprises et utilisait des menaces pour la forcer au silence et à la coopération. Par peur, elle n’avait jamais pu se confier à sa mère. Ses codétenues ont également confirmé avoir reçu ces confidences douloureuses en prison.
Bien que son beau-père ait été brièvement détenu, il a été libéré car aucune drogue n’était en sa possession au moment de son arrestation. En conséquence, l’intégralité du poids judiciaire de l’affaire a reposé sur la jeune fille de 19 ans, la conduisant inévitablement à l’échafaud.
Un cycle systémique de violence et d’injustice
Les femmes condamnées à mort par le régime iranien sont souvent piégées dans un cycle continu de violence et d’absence de défense. Elles sont les premières victimes de lois discriminatoires, d’abus domestiques, de la pauvreté et d’une structure judiciaire corrompue qui ne leur offre aucune protection légale.
De plus, les femmes exécutées pour des infractions liées à la drogue sont fréquemment contraintes au trafic par des membres masculins de leur famille. Pendant ce temps, les principaux réseaux de contrebande et les cartels restent sous le contrôle de syndicats liés au Corps des Gardiens de la révolution, qui en tirent des profits massifs et jouissent d’une immunité totale.
L’Iran, détenteur du record mondial d’exécutions de femmes
Selon les données enregistrées par la commission des Femmes du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), au moins 341 femmes ont été exécutées en Iran depuis 2007. Nombre d’entre elles sont elles-mêmes victimes de violences domestiques et de lois familiales injustes. Une proportion importante a agi en état de légitime défense.
Depuis l’entrée en fonction de Massoud Pezechkian, le régime clérical a exécuté plus de 3 750 prisonniers, dont 101 femmes. Selon les sources du CNRI, pour la seule année 2025, plus de 2 201 exécutions ont été recensées en Iran, soit plus du double du chiffre de 2024 (1 006).
Amnesty International a précisé dans son rapport annuel que la dictature au pouvoir en Iran a procédé à au moins 2 159 exécutions en 2025, le chiffre le plus élevé au monde. L’organisation souligne que ce volume représente le taux annuel d’exécutions documenté le plus important à l’échelle mondiale depuis 1981.
La commission des Femmes du CNRI appelle les Nations unies, l’Union européenne et tous les défenseurs des droits humains à agir immédiatement pour stopper ces exécutions effrénées en Iran.




















