Introduction : Dans la structure politique et juridique qui régit l’Iran, la misogynie et la discrimination de genre ont été institutionnalisées comme un principe fondamental, impactant lourdement le tissu familial et social. Au cœur de cette crise, les veuves en Iran et les femmes chefs de famille figurent parmi les segments les plus vulnérables de la société.
Suite à la perte de leur conjoint, elles sont soudainement abandonnées dans un vide étatique et soumises à un arsenal de lois rétrogrades. Cet article examine les dimensions juridiques et les statistiques contradictoires entourant la crise des veuves en
Les lois discriminatoires et l’effacement de la Journée internationale des veuves en Iran
Dans le système juridique iranien, où la discrimination fondée sur le genre est profondément enracinée, les femmes ne sont pas reconnues comme chefs de famille. Par conséquent, lorsqu’une femme devient veuve, elle porte non seulement le poids émotionnel de sa perte, mais elle est aussi plongée dans un enchevêtrement de défis économiques, sociaux et juridiques. Dans ce contexte, le veuvage dépasse le cadre d’un drame personnel : il devient une stigmatisation sociale.
Les femmes veuves sont souvent marginalisées et exclues de la pleine participation à la vie sociale. Elles font face à de nombreux obstacles juridiques, en particulier dans des domaines tels que l’héritage, la garde des enfants, la propriété ou encore l’accès à l’assurance. L’ensemble du cadre légal est massivement conçu en faveur des hommes, laissant les veuves vulnérables à l’injustice et à la discrimination systémiques.
Le régime iranien ne reconnaît même pas la Journée internationale des veuves dans son calendrier.

Statistiques contradictoires et manque de transparence
Selon le journal étatique Jahan-e Sanat, en date du 21 septembre 2020, il y aurait environ 5,1 millions de femmes veuves ou divorcées en Iran. Auparavant, le journal Shargh (4 juillet 2011) avait rapporté ce chiffre à 6 millions.
D’après le Centre national des statistiques de l’Iran et le recensement national de 2006, ce nombre était de 1,89 million — soit six fois le nombre d’hommes veufs.
En 2017, on a recensé 15 000 filles veuves âgées de moins de 15 ans.
Femmes chefs de famille
Selon le site d’actualités économiques Donya-e-Eqtesad (3 mai 2025), le nombre de femmes chefs de famille a dépassé les 6 millions, dont la moitié ne bénéficie d’aucune forme d’assurance. En plus de gérer leur foyer, ces femmes sont privées de soutien social de base et exposées à des formes cachées de violence et de dépendance.

Conditions sociales et culturelles
Sous le régime en place, les femmes ne sont pas officiellement reconnues comme chefs de famille, et le veuvage est considéré comme un « désastre social ». Les femmes veuves sont souvent marginalisées et exclues de la participation sociale.
Selon le journal Etemad (23 juin 2018), plus de 90 % des veuves ne se remarient pas — cela est dû en grande partie à des pressions sociales, culturelles et familiales, plutôt qu’à un choix personnel. Cela est particulièrement vrai étant donné qu’en vertu de la loi iranienne, une femme perd la garde de ses enfants en cas de remariage.



















