Le dimanche 12 juillet 2026, à Chiraz, les autorités iraniennes ont procédé à l’exécution de Setayesh Mohammadpour, une femme de 52 ans originaire de la province de Jahrom, au sein de la prison d’Adelabad. Condamnée à mort il y a environ trois ans pour des infractions liées aux stupéfiants, cette mère de deux enfants a été pendue à l’aube. Cette exécution, la seizième visant une femme depuis le début de l’année 2026, souligne l’usage intensif de la peine capitale par le régime clérical, alors même que le verdict n’a fait l’objet d’aucune annonce officielle par les médias d’État ou les instances judiciaires.
Setayesh Mohammadpour était la mère de deux enfants âgés de huit et 11 ans. À l’heure où nous écrivons ces lignes, sa mise à mort à la prison d’Adelabad n’a pas été confirmée par les sources gouvernementales, une pratique courante pour les exécutions liées à la drogue.
Un cycle systémique de violence et d’injustice
Les femmes condamnées à mort par le régime iranien sont souvent prises au piège d’un cycle continu de violence et de vulnérabilité. Elles sont les premières victimes de lois discriminatoires, d’abus domestiques, de la pauvreté et d’une structure judiciaire corrompue qui ne leur offre aucune protection légale.
Par ailleurs, les femmes exécutées pour des délits liés à la drogue sont fréquemment contraintes au transport de substances par des membres masculins de leur famille. Pendant ce temps, les principaux réseaux de contrebande et les cartels demeurent sous le contrôle de syndicats liés au Corps des Gardiens de la révolution, qui engrangent des profits massifs tout en bénéficiant d’une immunité totale.
L’Iran, détenteur du record mondial d’exécutions de femmes
Selon les données enregistrées par la commission des Femmes du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), au moins 344 femmes ont été exécutées en Iran depuis 2007. Nombre d’entre elles ont été victimes de violences domestiques et de lois familiales injustes. Une proportion importante a agi en état de légitime défense.
Depuis l’entrée en fonction de Massoud Pezechkian, le régime clérical a exécuté 3 888 prisonniers, dont 104 femmes. D’après les sources du CNRI, pour la seule année 2025, plus de 2 201 exécutions ont été recensées en Iran, soit plus du double du chiffre de 2024 (1 006).
Amnesty International a confirmé dans son rapport annuel que la dictature au pouvoir en Iran a pratiqué au moins 2 159 exécutions en 2025, soit le taux annuel le plus élevé documenté à l’échelle mondiale depuis 1981. La commission des Femmes du CNRI appelle les Nations unies, l’Union européenne et tous les défenseurs des droits humains à prendre des mesures effectives pour stopper ces exécutions effrénées en Iran.



















