La prison de Bojnourd, située dans la province du Khorasan du Nord, est l’un des principaux centres de détention pour femmes de cette province. Ces dernières années, elle est devenue un centre de répression, de pression psychologique et de violation systématique des droits des prisonnières. Les femmes détenues dans cet établissement sont contraintes de subir des conditions inhumaines, privées de leurs droits fondamentaux, et exposées à un environnement saturé de stress et d’humiliation.
Gestion répressive et pression psychologique institutionnalisée
Depuis la nomination de Reza Estaji en tant que directeur de la prison de Bojnourd, les pressions psychologiques et les restrictions imposées aux détenues se sont intensifiées. Dans le même temps, Mousavi, responsable du quartier des femmes, a appliqué des restrictions sévères et une humiliation constante, rendant la vie insupportable pour les prisonnières.
Le seul privilège officiel accordé aux détenues — une permission de sortie de deux jours — a été transformé en outil de punition. Un simple retard de quelques minutes au retour peut entraîner des conseils de discipline et l’annulation des futures permissions.
Discrimination flagrante et refus d’opportunités de travail
Un problème structurel du quartier des femmes de la prison de Bojnourd est l’absence de programmes d’emploi. De nombreuses prisonnières, qui espéraient soutenir financièrement leur famille grâce au travail pénitentiaire, se voient refuser ce droit. Seule une minorité est envoyée à l’extérieur de la section pour travailler le week-end, sous une surveillance stricte et des menaces permanentes.
Mauvaise alimentation et négligence médicale critique
Les témoignages de prisonnières révèlent que les repas de la prison sont dépourvus de valeur nutritive et souvent immangeables — une forme officieuse de punition qui met en danger la santé des détenues.
Tout aussi alarmants sont les rapports concernant l’infirmerie. Dans un cas, une adolescente détenue, atteinte d’une tumeur cérébrale, a subi un accident vasculaire cérébral et a perdu la vue de son œil gauche en raison de retards dans son transfert à l’hôpital. Même après cet incident, les autorités pénitentiaires ont refusé de lui accorder une permission médicale, plongeant sa famille dans des démarches administratives sans fin.
Environnement toxique et reproduction du mal social
Selon les prisonnières, les politiques de gestion de la section — notamment la ségrégation inutile et la création d’espaces confinés — ont intensifié la détresse psychologique, favorisant la dépression et poussant certaines détenues à reprendre la consommation de drogues. Loin d’être un lieu de réhabilitation, la prison de Bojnourd est devenue un espace de destruction physique et psychologique pour les femmes.
Mères et chefs de famille : les victimes les plus vulnérables
Le fardeau le plus lourd retombe sur les femmes qui sont à la fois mères et chefs de famille. Outre le fait de subir des conditions carcérales inhumaines, elles vivent dans l’angoisse constante face à l’avenir incertain de leurs enfants. Le refus des permissions, l’absence d’installations éducatives et récréatives, ainsi que la pression psychologique incessante placent ce groupe dans une situation de crise aiguë.
Aujourd’hui, le quartier des femmes de la prison de Bojnourd se dresse comme un symbole éclatant des politiques répressives du régime iranien contre les femmes — un lieu où ni les droits fondamentaux ne sont respectés, ni la réhabilitation possible. Les témoignages des prisonnières soulignent une fois de plus l’urgence d’une attention internationale et d’un suivi des droits humains dans le système carcéral iranien.




















