En ce mois de juillet 2026, les arrestations continues et les lourdes peines infligées demeurent un pilier de la répression contre les Iraniennes, visant à contrôler la société et à instaurer la peur pour prévenir tout nouveau soulèvement. Dans ce contexte, de nouvelles informations sur la situation de 5 femmes détenues révèlent les détails de la détention prolongée et des sentences sévères prononcées par le tribunal révolutionnaire à l’encontre de Leila Abolhassani, Najmeh Amini, Zahra Mousavi, Madineh Shahnavazi et Fatemeh Gholami Moghadam dans les prisons d’Ispahan, Machhad et Kerman.
Le dossier judiciaire de Leila Abolhassani pour « Moharebeh »
Leila Abolhassani, mère de deux adolescentes âgée de 43 ans, a été arrêtée lors des manifestations nationales de janvier 2026 à Shahin Shahr, dans la province d’Ispahan. Elle a été condamnée à mort pour « guerre contre Dieu » après que les autorités l’ont accusée d’avoir aidé à incendier un supermarché.
En avril 2026, la cinquième chambre du tribunal révolutionnaire d’Ispahan, présidée par le juge Vahid Hemmat-Nejad, a prononcé cette sentence capitale pour le chef d’inculpation de « Moharebeh » (guerre contre Dieu). Son dossier est actuellement devant la Cour suprême ; si son appel est rejeté, elle pourrait être exécutée.
Lors des manifestations du 8 janvier 2026, Mme Abolhassani se trouvait à proximité d’une succursale de la chaîne de supermarchés Ofogh Kourosh qui était en feu et a commencé à filmer la scène. Les forces de sécurité l’ont alors interpellée, l’accusant d’avoir participé à l’incendie. Ses proches rejettent fermement cette allégation, soulignant qu’elle n’était nullement impliquée et qu’elle se contentait de filmer l’incident au moment de son arrestation. Elle est détenue depuis lors à la prison de Dowlatabad, à Ispahan, sans aucune perspective de permission de sortie ou de libération temporaire.
Najmeh Amini, étudiante en comptabilité, condamnée à plus de 12 ans de prison
Poursuivant cet examen de la situation de 5 femmes détenues, Najmeh Amini, étudiante en comptabilité de 23 ans, a été condamnée par la première chambre du tribunal révolutionnaire de Machhad à 12 ans, six mois et un jour de prison pour « action opérationnelle contre la sécurité nationale ».
L’étudiante de 23 ans a été arrêtée violemment et battue par les forces de sécurité le 2 février lors d’opérations de contrôle dans le secteur du bazar Ferdowsi de Machhad. Suite à son interpellation, elle a été transférée à la prison de Vakilabad, où elle a passé environ trois mois à l’isolement dans le quartier de sécurité. Mme Amini est actuellement détenue dans le quartier dit « Aramesh » de la prison de Vakilabad. Elle est privée de ses droits fondamentaux depuis son arrestation, notamment l’accès à l’avocat de son choix et à un procès équitable, tout en ayant subi d’intenses pressions lors d’interrogatoires visant à extorquer des aveux forcés.
Détails de la condamnation de Zahra Mousavi : sursis et emprisonnement
Zahra Mousavi, également arrêtée lors des manifestations de janvier 2026, purge actuellement sa peine à la prison de Vakilabad, à Machhad. Elle a été condamnée par le tribunal révolutionnaire à six ans et demi de prison avec sursis, assortis de quatre ans d’emprisonnement ferme.
Une source informée a déclaré concernant le dossier de Zahra Mousavi : « Durant la phase d’enquête préliminaire, Mme Mousavi a fait face à de multiples chefs d’inculpation, incluant la participation aux manifestations, la propagande et l’incitation à commettre des crimes, la formation d’un groupe et l’atteinte à la sécurité nationale ». Âgée de 21 ans, Zahra Mousavi est née en Iran et possède la double nationalité irano-afghane. Originaire de Fariman, elle travaillait comme caissière dans un restaurant avant son arrestation survenue le 20 janvier 2026. Elle a ensuite été transférée au quartier de quarantaine de la prison de Vakilabad.
Maintien au secret de Madineh Shahnavazi et Fatemeh Gholami Moghadam
Une autre section de ce rapport sur la situation de 5 femmes détenues concerne le maintien en détention sans procès de deux femmes dans les prisons de Kerman et Machhad :
Détention de 28 mois sans procès pour Madineh Shahnavazi : Madineh Shahnavazi, une femme de confession musulmane sunnite, est détenue sans jugement à la prison de Kerman depuis plus de 28 mois. Elle a été arrêtée par les forces de sécurité au printemps 2024. Aujourd’hui, après plus de deux ans, son dossier en est toujours au stade préliminaire devant le parquet, et aucune audience n’a encore été fixée pour examiner les charges pesant contre elle.
La détention de Fatemeh Gholami Moghadam : Âgée d’environ 40 ans et originaire de Fariman, Fatemeh Gholami Moghadam est détenue sans procès depuis plus de deux mois. Arrêtée en avril ou mai, elle a été transférée à la prison de Vakilabad à Machhad. Bien que son dossier ait été renvoyé devant la première chambre du tribunal révolutionnaire de Machhad, aucune date de procès n’a été arrêtée, et elle demeure dans un flou juridique total.



















