Le soulèvement de janvier 2026 a été suivi d’une vague d’arrestations continues, de peines sévères et d’une incertitude judiciaire persistante pour les manifestants. Dans des cas récents, un certain nombre de femmes et de jeunes filles ayant participé aux contestations ont été condamnées à des peines de prison, des coups de fouet, l’exil et d’autres sanctions complémentaires, tandis que d’autres restent incarcérées sans statut judiciaire clair. Parallèlement, des informations de presse indiquent que certaines prisonnières se voient refuser l’accès à des traitements médicaux spécialisés et aux services de santé nécessaires
Hadiseh Morvaridi condamnée à 3 ans de prison
Hadiseh Morvaridi, 24 ans, arrêtée lors du soulèvement de janvier 2026 et incarcérée à la prison de Vakilabad à Machhad, a été condamnée à une peine totale de 3 ans de prison pour « insulte au Guide suprême » et « propagande contre l’État ». Hadiseh Morvaridi avait été interpellée le 8 janvier 2026 dans le département de Fariman.
Zeinab Izanlou, 16 ans, condamnée à plus de six mois de prison
Zeinab Izanlou, une adolescente de 16 ans arrêtée durant le soulèvement de janvier 2026, a été condamnée à six mois et 15 jours de prison par la deuxième chambre du tribunal correctionnel de Bojnourd. Son père, Behrouz Izanlou, a été condamné à 4 ans et 9 mois de prison, 80 coups de fouet et une amende de 800 millions de rials.
Tara Farhangian, 21 ans, condamnée à la prison, au fouet et à l’exil
Tara Farhangian, étudiante kurde de 21 ans originaire de Qorveh, arrêtée lors du soulèvement de janvier 2026, a été condamnée à une peine totale d’un an de prison, 31 coups de fouet, deux ans d’exil à Zabol et une amende de 1,2 milliard de rials.
Homa Teymouri condamnée à 5 ans de prison
Homa Teymouri et son mari, arrêtés durant le soulèvement de janvier 2026, ont été condamnés à un total de 10 ans de prison. Homa a été condamnée par le tribunal révolutionnaire de Téhéran à 5 ans de prison pour « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale », ainsi qu’à une interdiction de voyager de deux ans et une interdiction d’activité sur les réseaux sociaux. Son téléphone portable a également été confisqué.
Shaghayegh Najafi condamnée à 9 ans de prison
Shaghayegh Afshar Najafi, photographe et étudiante de 18 ans, a été condamnée par la deuxième chambre du tribunal révolutionnaire de Qazvin à 9 ans de prison, deux ans d’interdiction de quitter le territoire, six mois de travaux d’intérêt général non rémunérés auprès de la municipalité de Qazvin et une exclusion permanente de la fonction publique. Shaghayegh a été arrêtée à son domicile par les forces de sécurité le 14 février 2026. Elle est actuellement détenue à la prison de Choubindar, à Qazvin.
Azadeh Yaghoubi condamnée à 3 ans et demi de prison
Azadeh (Masoumeh) Yaghoubi a été arrêtée lors du soulèvement de janvier 2026 à Machhad le 24 janvier 2026. Elle est incarcérée à la prison de Vakilabad. Elle a été condamnée par le tribunal révolutionnaire local à 3 ans et 6 mois de prison. Elle souffre de la maladie de Crohn, une affection inflammatoire chronique de l’intestin, et se trouve dans un état physique précaire en raison d’un accès inadéquat aux médicaments, de mauvaises conditions de détention et de la faible qualité de la nourriture carcérale. Elle nécessite également des soins médicaux spécialisés et une coloscopie.
Yalda Moayeri condamnée à 15 ans de prison
Yalda Moayeri, photojournaliste et membre de l’Association des photographes iraniens, a été condamnée par contumace par le tribunal révolutionnaire de Téhéran à 15 ans de prison, à la confiscation de son matériel électronique, incluant ses appareils photo, à une interdiction d’activités culturelles et artistiques, et à son licenciement de tout service gouvernemental. En février de l’année dernière, des agents de sécurité avaient perquisitionné son domicile et confisqué plusieurs de ses appareils électroniques.

Maintien en détention et incertitude judiciaire pour les manifestantes
Najmeh Amini, 22 ans, toujours dans un flou juridique
Najmeh Amini, 22 ans, étudiante en comptabilité arrêtée lors du soulèvement de janvier 2026, reste incarcérée à la prison de Vakilabad à Machhad sans statut judiciaire clair plus de six mois après son arrestation. Une audience concernant les charges pesant contre elle s’est tenue récemment au tribunal révolutionnaire de Machhad, mais aucun verdict n’a encore été rendu. Najmeh Amini avait été arrêtée violemment le 31 janvier 2026 dans un centre commercial de Machhad.
Roya Jamiliyan Motlagh détenue depuis 70 jours sans statut clair
Roya Jamiliyan Motlagh reste emprisonnée à la prison de Vakilabad sans statut judiciaire défini depuis 73 jours. Elle a été arrêtée par les forces de sécurité à Machhad le 26 mai 2026, puis transférée à la prison de Vakilabad.
Bahareh Aghaei détenue plus de 7 mois dans une impasse judiciaire
Bahareh Aghaei, avocate et étudiante en droit international à l’université de Téhéran, a été arrêtée suite aux manifestations de janvier 2026 et se trouve dans un flou judiciaire depuis plus de 7 mois. Elle a récemment été transférée à la prison de Qarchak, à Varamin, et a passé au moins 15 jours à l’isolement. Aucune information n’est disponible concernant les motifs de son arrestation ou les charges retenues contre elle.
Elaheh Naghi-Lou toujours détenue dans un lieu inconnu
Elaheh Naghi-Lou, graphiste, a été arrêtée par les forces de sécurité à Téhéran il y a environ deux semaines. Sa localisation demeure inconnue.
Mahshad Kashani arrêtée à Ispahan et emmenée vers une destination inconnue
Mahshad Kashani a été arrêtée par les forces de sécurité à Ispahan le 3 août 2026 et transférée vers un lieu inconnu. Mme Kashani fait face à des accusations incluant l’« incitation à la guerre et au meurtre dans le but de troubler la sécurité nationale » et le « trouble à l’ordre et à la paix publics ».
Prisonnières privées de traitement médical et de permission de sortie
Mahshar Parandian privée de soins spécialisés malgré un cancer
Mahshar Parandian, 50 ans, chrétienne convertie et artiste peintre contemporaine, purge sa peine de deux ans à la prison d’Evin. Mère d’un enfant d’âge scolaire, elle se voit refuser tout traitement spécialisé et toute permission de sortie médicale bien qu’elle souffre d’un lymphome et que les médecins soulignent l’urgence de débuter les soins. Les praticiens ont alerté sur les retards de traitement et jugent son état à haut risque. Ses demandes de sortie médicale sont restées sans réponse.
Nasrin Kabiri toujours privée de permission de sortie temporaire
Nasrin (Zahra) Kabiri, prisonnière politique détenue à la prison de Dowlatabad à Ispahan, a été condamnée à 10 ans de prison par la justice l’année dernière. Bien qu’elle ait déjà purgé environ un an de sa peine, cette mère de deux jeunes enfants (âgés de 6 et 8 ans) n’a obtenu aucune permission de sortie temporaire.



















