Le samedi 21 février 2026, à la veille du 8 mars, Journée internationale des femmes, la Commission des Femmes du CNRI a organisé à Paris une conférence internationale intitulée : « Le leadership des femmes : un impératif pour un Iran libre et une république démocratique ».
Cette conférence, réunissant des parlementaires, universitaires, penseurs et personnalités politiques de premier plan, a mis l’accent sur la participation politique et le leadership des femmes comme éléments décisifs d’une société démocratique.
À cette occasion, Carla Sands, ambassadrice des États-Unis au Danemark et aux îles Féroé de 2017 à 2021, était présente et a prononcé un discours dont le texte intégral est reproduit ci-dessous.

Carla Sands : les femmes iraniennes savent qu’elles ne peuvent obtenir leurs droits sans liberté, passant du statut de victimes à celui de dirigeantes de la résistance nationale
Madame Radjavi, chers invités, c’est un grand plaisir d’être parmi vous pour évoquer la situation des femmes en Iran. Nous avons tous entendu et lu sur la soumission des femmes sous le régime théocratique. Nous connaissons ses lois discriminatoires, ses traitements dégradants à l’égard des femmes et la misogynie profondément institutionnalisée qui caractérise la dictature au pouvoir.
Ce régime est, à tous égards, un monstre, un système dont le bilan dans tous les domaines n’est pas seulement nul, mais inférieur à zéro. Aujourd’hui, je souhaite aborder deux points : d’abord, un récit erroné, ou au mieux une perception trompeuse, puis les réalisations des femmes iraniennes, et non seulement leurs souffrances.
Il existe une idée persistante selon laquelle les femmes disposaient de droits sous le Chah et bénéficiaient de l’égalité. Cette affirmation est fausse. Le régime du Chah était une dictature brutale, gouvernant par la torture, les exécutions, la censure et la peur. C’est pourquoi le peuple iranien ne souhaite pas revenir à la monarchie et considère Reza Pahlavi comme la continuité de cet héritage.
Un régime dictatorial, par définition, ne peut offrir l’égalité entre les sexes, et le Chah l’a lui-même exprimé clairement dans plusieurs interviews publiques, où il tenait des propos ouvertement méprisants et misogynes à l’égard des femmes.
De la répression aux accomplissements
Permettez-moi de me tourner vers le second point : non pas l’oppression des femmes iraniennes, mais leurs réalisations remarquables.
Au fil de leur lutte pour l’égalité, les femmes iraniennes ont acquis une compréhension profonde : elles ne peuvent obtenir leurs droits sous un régime misogyne. Leur libération personnelle est indissociable de la libération de la nation tout entière.
Cette prise de conscience les a transformées, passant du statut de victimes à celui de dirigeantes du mouvement de résistance nationale. Elles ont consenti d’immenses sacrifices : des dizaines de milliers d’arrestations, d’emprisonnements, d’actes de torture et d’exécutions. Nombre d’entre elles ont renoncé à une vie personnelle ou familiale pour une cause supérieure : mettre fin une fois pour toutes à la misogynie en Iran. Ce niveau de sacrifice n’est pas seulement politique, il est profondément moral.

Carla Sands : Madame Radjavi, vous avez brisé les tabous séculaires sur le leadership politique des femmes
Depuis plus de trois décennies, les femmes dirigent le principal mouvement de résistance iranien, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran.
Il ne s’agit pas de quelques femmes exceptionnelles, mais d’une génération entière qui a accédé à des responsabilités dirigeantes, réfutant par les faits les affirmations selon lesquelles les femmes seraient incapables de leadership.
Leurs accomplissements méritent une reconnaissance particulière en cette Journée internationale des femmes. Elles ont démontré que le courage n’est pas un instant, mais un engagement de toute une vie. Elles ont prouvé que le leadership ne se reçoit pas : il se conquiert par la résilience, la clarté d’objectif et la conviction morale.
Elles ont montré par l’action et le sacrifice que les femmes iraniennes ne sont pas simplement capables de diriger, mais qu’elles constituent la force motrice de la lutte pour un Iran libre.
Madame Radjavi, j’admire profondément votre leadership. Les femmes iraniennes ont assumé la responsabilité de guider un mouvement vers la liberté. Vous avez brisé les anciens tabous sur la participation des femmes à la direction politique. Vous avez inspiré des femmes à rejoindre la résistance et à lutter contre le régime.
Nous les avons vues à Achraf. Nous avons constaté leur présence décisive lors du soulèvement de 2022. Nous avons de nouveau été témoins de leur courage lors du récent soulèvement de janvier de cette année. Ces femmes n’attendent pas que l’histoire change. Elles changent elles-mêmes l’histoire sous votre direction.
Oui, les femmes iraniennes seront libres. Mais leur liberté ne viendra ni d’illusions sur le passé, ni d’un retour à une quelconque forme d’autoritarisme, qu’il soit couronné ou enturbanné.
Leur liberté sera obtenue en mettant fin à ce régime misogyne et en établissant une république libre, laïque et démocratique, la vision incarnée dans votre plan en dix points, Madame Radjavi, et détaillée davantage dans votre programme global pour les droits et l’émancipation des femmes.
Un Iran libre et l’égalité entre les sexes ne sont pas un rêve. Ce sont un engagement et une promesse façonnés par le courage, le sacrifice et le leadership des femmes iraniennes, une force plus puissante que n’importe quel dictateur, passé ou futur.
Je vous remercie.




















