Le samedi 7 février 2026, à l’occasion de l’anniversaire de la révolution anti-monarchique de 1979, des Iraniens épris de liberté ont organisé une marche et un rassemblement d’ampleur à la Porte de Brandebourg, à Berlin.
Ce rassemblement s’est tenu en solidarité avec le soulèvement national du peuple iranien et pour commémorer les martyrs de janvier 2026. À cette manifestation, des communautés iraniennes à l’étranger, des partisans du changement démocratique et des personnalités politiques internationales se sont réunis pour rejeter toute forme de dictature, qu’elle soit monarchique ou religieuse, et pour soutenir un avenir démocratique façonné par le peuple iranien lui-même.
Mme Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, éminente femme politique allemande et ancienne ministre fédérale de la Justice d’Allemagne, figurait parmi les intervenants.
Sabine Leutheusser-Schnarrenberger : les femmes en Iran doivent pouvoir manifester dans la rue sans craindre de disparaître
Chère Mme Rajavi, cher M. Charles Michel, cher M. Peter Altmaier, chers amis réunis ici pour lutter en faveur d’un Iran libre et exprimer ouvertement vos positions devant l’opinion publique, je vous remercie sincèrement.
Nous nous trouvons au bon endroit : à côté de la Porte de Brandebourg. C’est précisément ici que les rêves de millions de personnes ayant vécu sous la répression dans une Allemagne divisée sont devenus réalité, des personnes opprimées, privées du droit d’exprimer leurs opinions et emprisonnées.
Et nous savons qu’aujourd’hui en Iran, des personnes sont arrêtées, torturées, tuées et exécutées simplement parce qu’elles descendent dans la rue pour réclamer la liberté. Ce que ce régime clérical inflige criminellement et brutalement à ses propres citoyens en Iran est absolument intolérable.

Chers amis,
C’est précisément pour cette raison que nous sommes ici aujourd’hui. Nous sommes ici parce que ce que le peuple iranien a enduré ces dernières semaines ne doit pas être oublié.
De nombreux événements se produisent dans le monde et certaines questions sont parfois reléguées au second plan ; mais chaque jour, nous devons garder à l’esprit le courage du peuple iranien, la manière dont il est descendu dans la rue et a risqué sa vie dans la lutte pour un changement de régime. Leurs slogans sont : « À bas le régime clérical », « En avant vers la liberté » et « Le droit de vivre comme ils le choisissent ».
Oui, chers amis, la réalisation de ces revendications est plus nécessaire que jamais. Exactement ce que Mme Rajavi appelle de ses vœux, et ce que vous exigez : la liberté d’expression, la liberté de réunion, des élections libres, la séparation de la religion et de l’État, et la fin de la répression religieuse fondée sur des prétentions absolutistes devenues insupportables.
Et enfin, le droit pour les femmes de vivre comme elles le souhaitent, d’étudier et de recevoir une éducation, et d’être présentes dans la rue sans hijab obligatoire et sans craindre de disparaître pendant des années dans des chambres de torture.
Nous sommes ici pour cet objectif. Nous adressons un message parfaitement clair aux mollahs : vous n’avez pas votre place dans ce monde. Ce régime doit être isolé par tous les pays. L’isolement signifie que ce régime doit devenir un « État paria », afin que personne n’ose s’asseoir à la même table que les mollahs.

Actuellement, certains négocient ; à Oman, des discussions ont lieu entre Iraniens et Américains au sujet de l’accord nucléaire. Mais si un dialogue doit avoir lieu, quel doit être le premier sujet abordé ? La première exigence doit être la suivante : « Libérez immédiatement les prisonniers en Iran arrêtés pour avoir manifesté pacifiquement dans les rues pour la liberté et qui ont été violemment massacrés. » Cela doit être la condition préalable à tout dialogue.
Ainsi, notre message d’ici est clair : les négociations ne peuvent pas se poursuivre avant un retour aux affaires comme si de rien n’était. Des mesures décisives doivent maintenant être prises pour exercer une pression bien plus forte sur le régime clérical criminel, notamment par des sanctions, en particulier des sanctions ciblées. Il faut également mettre fin aux flux financiers qui continuent d’alimenter les poches des mollahs.
Toutes ces mesures peuvent être adoptées sans confrontation militaire et peuvent accroître la pression sur les mollahs. C’est seulement de cette manière que la concrétisation de votre vision, chère Mme Rajavi, ainsi que celle des membres du CNRI, pourra devenir réalité.
Votre présence ici aujourd’hui et le message que vous portez pour un Iran libre et l’établissement d’une république démocratique sont encourageants. Non à la République islamique ; non à ces mollahs qui ont démontré que la vie humaine n’a aucune valeur à leurs yeux et qu’ils ne pensent qu’au pouvoir. Le peuple iranien ne mérite pas une telle situation.
Je vous remercie sincèrement pour votre soutien et votre présence. Je vous souhaite le meilleur. Nous n’oublierons pas ce qui se passe en Iran et nous nous efforcerons de maintenir ces questions au cœur de l’opinion publique en Europe, en Allemagne et au-delà.
Avec mes remerciements renouvelés et mes vœux de succès et de victoire.




















