Les femmes et la jeunesse iraniennes ne sont pas des victimes passives de la répression, elles en sont les principales dirigeantes et les véritables artisanes du changement.
En Iran, la Journée internationale de la jeunesse célébrée le 12 août résonne comme le puissant témoignage d’une génération sans peur qui mène la charge pour la liberté et l’égalité, bravant l’un des régimes autoritaires les plus brutaux au monde.
À l’avant-garde de cette lutte continue pour les libertés fondamentales et le droit à la vie se tiennent les jeunes femmes et les jeunes filles d’Iran. Elles ne cherchent pas de réformes mineures ou des ajustements politiques superficiels ; en affrontant directement les lois misogynes et les appareils de sécurité de l’État, elles ont fait preuve d’une détermination sans concession pour s’affranchir de la tyrannie.
Ce courage puise sa source dans un profond héritage historique. Commémorant également l’anniversaire du massacre de 1988, au cours duquel 30 000 prisonniers politiques ont été exécutés, parmi lesquels une part importante de jeunes femmes idéalistes en lutte pour la liberté, la génération actuelle prouve que la bannière de cette résistance historique flotte plus haut que jamais entre ses mains.
Avant-garde du soulèvement de janvier 2026
Les faits sur le terrain prouvent que la présence marquée des jeunes femmes et des jeunes filles en première ligne des manifestations n’a rien d’un hasard ; elle constitue le moteur même de l’ensemble du mouvement.
Lors du soulèvement national de janvier 2026, les courageuses femmes d’Iran, en particulier les jeunes filles, ont joué un rôle décisif, moteur et prépondérant. Qu’il s’agisse de mener les défilés de rue, de lancer les slogans, d’organiser les rassemblements nocturnes ou de transformer les funérailles en actes de défi, elles se sont imposées comme les commandants de terrain du mouvement.
Le réseau des Unités de résistance et des jeunes femmes a brisé la barrière de la peur et accru le coût de la répression pour le régime en transmettant des directives clés et en reliant les protestations locales en une vague nationale unifiée. Un témoin oculaire de la rue Enghelab à Téhéran a décrit ce défi :
« Vous n’avez pas idée de ce que nos jeunes femmes accomplissent ; elles prennent le contrôle total des rues et abattent les barrières… »
Des témoignages similaires provenant de Chiraz ont rapporté que des jeunes femmes menaient les rassemblements avec une détermination absolue, criant « À bas le dictateur ! », entraînant les manifestations et ralliant la population pour occuper l’espace public.
En raison de ce rôle de premier plan au sein des établissements d’enseignement, les dortoirs d’étudiantes ont figuré parmi les premières cibles des raids menés par les forces de sécurité et les agents en civil dans une tentative désespérée de couper cette artère de la conscience et de la dissidence.
L’ampleur de cette répression, documentée par le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), s’est traduite par l’arrestation de plus de 50 000 personnes entre le 28 décembre 2025 et le 14 janvier 2026 seulement, dont une part importante de femmes, de jeunes et d’étudiants soumis à des disparitions forcées et à de graves tortures.

Pourtant, la peur de l’appareil judiciaire face à cette direction d’avant-garde s’est manifestée à travers la sévérité de ses verdicts. Les dossiers judiciaires montés contre les manifestants arrêtés lors du soulèvement de janvier 2026 constituent la preuve directe de ce châtiment systématique :
Mahnaz Chardoli, arrêtée lors du soulèvement de janvier 2026, a été condamnée à la peine de mort et à 10 ans de prison.
Bita Hemmati, une autre manifestante de janvier 2026, a été condamnée à la peine de mort et à la confiscation de ses biens après des mois d’interrogatoires intenses et de pressions.
Maryam Hodavand, arrêtée lors du soulèvement de janvier, est sous le coup d’une peine de mort similaire à la prison d’Evin.
Mahboubeh Shabani, à Machhad, fait face à l’accusation de « moharebeh » (guerre contre Dieu) et risque l’exécution à la prison de Vakilabad pour avoir simplement prodigué les premiers soins et transporté des manifestants blessés vers des structures médicales.
Ces dossiers fabriqués de toutes pièces prouvent que le régime misogyne considère les jeunes femmes comme la plus grande menace existentielle pour sa survie, une génération qui, pleinement consciente de chaque risque, a courageusement transformé les campus universitaires et les rues des villes en bastions de la résistance.
Défier la terreur, alimenter la résistance
Le régime a répondu à ce courage et à ce dévouement exceptionnels par les formes de brutalité les plus flagrantes. L’appareil de répression a déployé tout son arsenal : tirs à balles réelles directement sur les manifestants, arrestations de masse, tortures sévères dans les centres de détention et peines judiciaires maximales destinées à instiller la peur.
Après le soulèvement de janvier, le régime a de nouveau exploité l’intensification des tensions et les conflits régionaux imposés au pays comme un écran de fumée pour durcir la répression interne.
L’attention publique étant détournée vers les événements régionaux, et sous couvert de coupures d’Internet, les appareils de sécurité ont renforcé la surveillance des rues et militarisé l’espace public, exerçant une pression extrême sur la vie quotidienne des femmes et de la jeunesse.
En parallèle, l’appareil judiciaire a instrumentalisé des accusations telles que « collaboration avec des États hostiles », « moharebeh » (guerre contre Dieu) et « propagande contre le régime » pour justifier des détentions massives sous prétexte de « sécurité nationale », s’efforçant de créer un climat de terreur et de prévenir de nouveaux soulèvements.
Un exemple frappant de cette répression systématique est le cas d’Arghavan Fallahi, une prisonnière politique de 25 ans condamnée à mort en juillet 2026 après avoir subi des mois d’isolement cellulaire et de graves tortures. De plus, afin de briser le moral des prisonniers arrivant au terme de leur peine, l’appareil judiciaire monte systématiquement de nouveaux dossiers fallacieux pour prolonger leur incarcération.
Cette tactique s’est illustrée dans le cas de la prisonnière politique Forough Taghipour, qui a écopé d’une peine supplémentaire d’un an de prison simplement pour avoir publié un message de félicitations à l’occasion de la Journée de l’étudiant.

Pourtant, les voix des jeunes femmes ne sont pas étouffées, même derrière les barreaux et sous l’ombre de la potence. Un message courageux envoyé de l’intérieur de sa prison par la prisonnière politique Parisa Kamali souligne ce défi inébranlable :
« Le régime fasciste des mollahs tente de prolonger sa survie en distillant la peur à travers des exécutions et des massacres incessants, mais il s’est lourdement trompé dans ses calculs.
Nous avons dépassé la peur d’une mort amère et nous sommes animées par la rage. Nous croyons fermement que le jour viendra où la peine de mort n’aura plus sa place dans la constitution de notre pays… Non aux exécutions ; vers un Iran libre et prospère. »
Les instruments d’intimidation ont perdu de leur efficacité face à la détermination des femmes et de la jeunesse iraniennes. Ni la répression intense, l’isolement prolongé et la torture, ni l’exploitation de l’état de guerre, les machinations judiciaires permanentes et la menace d’exécution ne sont parvenus à briser la volonté de cette génération.
Journée internationale de la jeunesse : le serment de bâtir un avenir courageux
La Journée internationale de la jeunesse, célébrée le 12 août, constitue un moment privilégié pour rappeler au monde qui façonne activement l’avenir de l’Iran.
Confrontés à des défis systémiques, des lois discriminatoires, la pauvreté, le chômage, la marginalisation structurelle et la menace constante d’arrestation et d’exécution, les femmes et la jeunesse iraniennes restent résilients, refusant catégoriquement de se cantonner au rôle de victimes passives.
La réalité aujourd’hui est que les femmes et la jeunesse iraniennes sont les dirigeants et les bâtisseurs du changement. Ils se tiennent debout pour prouver qu’en Iran, le 12 août est un jour pour renouveler un serment solennel envers les martyrs qui ont sacrifié leur vie, de l’été 1988 au soulèvement de janvier 2026.
C’est la déclaration inébranlable que nulle force sur terre ne peut faire reculer une génération qui s’est éveillée à son propre pouvoir, à sa conscience et à son courage.
En portant les fardeaux les plus lourds, les femmes et la jeunesse iraniennes ont bravé des lois d’un autre âge directement dans les rues, établissant un exemple mondial de courage et de résilience.
Ils ont prouvé que l’Iran de demain se construira sur la liberté, l’égalité des sexes, la justice et la séparation de la religion et de l’État, un avenir forgé par le sang et le sacrifice d’une génération qui ne craint aucun obstacle sur le chemin de la liberté.

La génération qui récrit l’histoire
La Journée internationale de la jeunesse rend hommage à une génération qui est devenue le phare de la liberté dans le chapitre le plus sombre de l’histoire moderne de l’Iran. En se dressant face aux balles réelles, en endurant l’emprisonnement et la torture, et en rejetant la tyrannie sous toutes ses formes, les femmes et la jeunesse iraniennes ont prouvé qu’elles sont les véritables artisanes de l’Iran de demain.
Depuis le cœur de l’Iran, leur message au monde en cette Journée internationale de la jeunesse est clair et retentissant : les femmes et la jeunesse iraniennes ne se sont pas rendues, elles n’ont pas reculé, et elles ne baisseront jamais la bannière de la résistance tant que tout l’appareil d’oppression n’aura pas été démantelé et qu’une société libre et égalitaire n’aura pas été instaurée.



















