Le samedi 21 février 2026, à la veille de la Journée internationale des femmes 2026, la Commission des femmes du Conseil national de la Résistance iranienne a organisé une conférence à Paris intitulée : « Le leadership des femmes : une nécessité pour un Iran libre et une république démocratique ».
L’oratrice principale de cet événement était la Présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, qui s’est adressée à des dizaines de femmes éminentes et de dignitaires internationaux, ainsi qu’à des femmes éprises de liberté issues de la diaspora iranienne et à des soutiens de la Résistance iranienne.
Dans son discours, Mme Radjavi a déclaré : « La Journée internationale des femmes, qui cette année puise sa force dans le grand soulèvement sanglant de janvier, est la journée des femmes et des jeunes moteurs de la révolte en Iran.
Elles ont brisé les chaînes de l’oppression et pris d’assaut le plus grand bastion de la répression et de la misogynie dans le monde actuel.»
Elle a appelé les femmes conscientes et éprises de liberté du monde entier à se tenir aux côtés des femmes d’Iran et à les soutenir.
Le texte intégral de son discours suit :
Le leadership des femmes, une nécessité pour un Iran libre et une république démocratique
Mes chères filles et sœurs à travers l’Iran,
Mesdames les parlementaires, universitaires, penseuses et personnalités respectées !
Je vous adresse à toutes mes salutations.
La Journée internationale des femmes, qui cette année puise sa force dans le grand soulèvement sanglant de janvier, est la journée des femmes et des jeunes moteurs de la révolte en Iran.
Elles ont brisé les chaînes de l’oppression et pris d’assaut le plus grand bastion de la répression et de la misogynie dans le monde actuel.
Au milieu de tout ce sang qui a rougi les rues d’Iran, les Iraniennes, d’un côté, pleurent ces âmes fauchées et ces roses effeuillées, et de l’autre, gardent espoir car elles voient que ce rêve lointain n’est plus impossible et qu’un horizon radieux se dessine. Oui, l’aube est proche.
Dans ce soulèvement, les femmes ont une fois de plus démontré qu’elles ne sont pas des victimes impuissantes, mais bien une force de changement.
Des jeunes filles insurgées qui ont fait se lever le peuple, l’ont organisé, ont volé au secours des arrêtés et des blessés, et se sont sacrifiées, comme Kimia et Zahra, Sara et Melika, Arezou et Akram et des dizaines d’autres femmes héroïques ; jusqu’aux mères et aux sœurs qui, malgré leur profonde douleur, sont devenues une source d’espoir.
Des femmes, des hommes, et des jeunes qui, selon les mots de Massoud [Radjavi, le dirigeant de la Résistance iranienne], « du 28 décembre 2025 au 11 janvier 2026, au prix d’un lourd tribut sanglant dans la lutte contre le Mal et l’ennemi inhumain à travers tout l’Iran, ont gravé des leçons impérissables et inoubliables. »
Alors, pour ces femmes et ces jeunes qui ont été criblés de balles, pour ces milliers d’âmes chères, pour ces esprits passionnés qui ont été écrasés, pour ces cœurs pleins d’espoir qui ont été déchirés, pour ces beaux yeux qui ont été aveuglés, et pour ces dizaines de milliers de combattants de la liberté jetés en captivité mais qui résistent, nous nous levons pour une minute d’applaudisement.

Une alternative démocratique, rivale de la tyrannie misogyne
Mes chères sœurs,
Le grand soulèvement de janvier a confirmé que l’Iran est au bord d’une grande transformation.
De tels moments décisifs sont rares dans le destin des peuples de chaque pays. C’est précisément dans ces circonstances que la question cruciale de l’alternative revêt une importance capitale.
Aujourd’hui, nul ne doute que le peuple iranien soit prêt au changement. La situation objective de la société est mûre pour le renversement de ce régime.
Mais il ne fait aucun doute non plus que cette situation résulte en grande partie de la colère et de la révolte des femmes contre la discrimination, l’oppression et la répression de longue date, ainsi que de leur long combat.
Nous l’avons toujours dit : Le renversement de la dictature religieuse en Iran ne sera possible en Iran que si les femmes sont la principale force motrice du changement, et la liberté et la démocratie ne pourront être instaurée sans la présence des femmes à la direction politique de la société. C’est pourquoi une véritable alternative se reconnait aussi à la participation des femmes au leadership politique.
Une alternative qui :
– Reconnaisse les droits des femmes en tant qu’êtres humains égaux.
– Soit capable de répondre aux besoins de la moitié de la société, à savoir les femmes, victimes d’une double oppression.
– Cela découle des idéaux de liberté et d’égalité pour lesquels les Iraniennes se battent depuis les années précédant la Révolution constitutionnelle de 1906 jusqu’aux prisons et salles de torture du chah et des mollahs, et au fil des soulèvements.
Le plan des droits et libertés des femmes
Heureusement, les souffrances et la persévérance des Iraniennes n’ont pas été vaines. Et cela a pris corps dans une alternative populaire, à savoir le Conseil national de la Résistance iranienne.
En présentant des programmes et des plans précis, le CNRI a insisté sur le principe que les droits humains sont des droits des femmes et doivent être reconnus dans tous les domaines :
– de la liberté d’élire et d’être élue,
– au droit de choisir librement ses vêtements,
– à la liberté de travailler, au droit à l’activité politique, sociale et économique,
– au droit d’utiliser toutes les moyens artistiques et sportifs sans discrimination,
– à un salaire égal aux hommes pour un travail égal,
– à la liberté de choisir son conjoint,
– à l’égalité du droit au divorce et l’interdiction de toute exploitation sexuelle des femmes, sous quelque prétexte que ce soit.
Le plan pour les libertés et les droits des femmes dans l’Iran de demain a été codifié et approuvé il y a 38 ans par le Conseil national de la Résistance iranienne. Je l’ai présenté dans une réunion au Parlement européen en 2009 sous la forme d’un plan en 12 points.
Tous ces droits et revendications découlent du principe selon lequel il faut respecter le libre choix des femmes iraniennes. Par conséquent, nous rejetons toute contrainte et obligation et nous le réaffirmons :
Non au voile obligatoire, non à la religion obligatoire et non à un gouvernement imposé.
Tel est le fondement d’action d’une alternative qui, au cours de plus de quatre décennies de lutte contre la tyrannie misogyne des mollahs, a su donner corps à l’idée d’égalité.
À cet égard, plus de la moitié des membres du Parlement de la Résistance, qui compte plus de 460 membres, sont des femmes.
Il y a plus 40 ans, l’Armé de libération nationale iranienne comptaient des bataillons et des brigades indépendantes composées entièrement de femmes des Moudjahidine du peuple qui ont participé au combat direct contre le corps des pasdarans.
Une génération de femmes a assumé des responsabilités à des postes de direction au sein de ce mouvement. Et à leurs côtés, une génération d’hommes, défenseurs de l’égalité, a atteint un niveau de maturité intellectuelle et culturelle tel qu’ils considèrent le leadership féminin comme une condition essentielle à l’émancipation de la société tout entière.
C’est pourquoi ce mouvement a pu résister pendant plus de quatre décennies devant la dictature religieuse et présenter la force organisée la plus solide, la seule réponse pour le renversement de ce régime
Le développement démocratique requiert l’égalité des genres
Au lendemain du renversement du régime, notre pays aura besoin d’un développement démocratique qui requiert l’égalité des genres. L’indicateur de la démocratie et de développement dans une société est le niveau de participation des femmes à la vie politique.
Ces trois dernières décennies, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (l’OMPI) avec huit secrétaires générales originaires de Téhéran, d’Azerbaïdjan, du Kurdistan, du Guilan, du Khouzistan, du Semnan et du Mazandaran, a démontré la compétence des femmes et leur capacité à diriger ce mouvement dans un contexte difficile et complexe.
La présence d’un millier de femmes au sein du Conseil central de l’OMPI, issues de multiples générations et villes de tout l’Iran, et la présence de plusieurs générations à ce jour au secrétariat général de l’OMPI pour seconder la secrétaire générale, ma chère sœur Zahra Mehrikhi, témoignent du rôle d’avant-garde des femmes dans la lutte contre la tyrannie religieuse.
Le soutien du rôle actif des femmes dans les soulèvements
Chères amies,
La longue lignée de femmes qui ont sacrifié leur vie dans la lutte contre le chah et les mollahs pour la liberté nous parle encore aujourd’hui : de Fatemeh Amini et Marzieh Oskoui, d’Azam Rouhi-Ahangaran à Achraf Radjavi, de Guiti Guivetchian, Zohreh Gha’emi et Soussane Alavi-Taleghani, et des dizaines et des milliers d’autres pionnières. Leurs noms, leurs visages et leurs histoires de sacrifice sont une source d’inspiration et un soutien pour la présence des femmes dans la lutte, la résistance et les soulèvements.

Regardez ce livre. Il s’intitule : « Le massacre des femmes de l’OMPI à la prison d’Evine en 1988 ».
Ce livre raconte l’histoire bouleversante de femmes qui ont tenu bon malgré les tortures les plus atroces, dans des cercueils, des cages, et ce que les tortionnaires appelaient les « appartements privés ». Elles ont humilié la section politique 209 de la prison d’Evine. Elles sont devenues les conquérantes des cellules d’isolement de la prison de Gohardacht. Elles ont réduit les commissions de la mort à les supplier.
Et à la veille du massacre des prisonniers politiques, elles ont fait trembler les sections de la prison d’Evine en entonnant le chant de « mort à l’oppresseur ».
C’est avec une telle source d’inspiration que les femmes participent activement à la résistance et au soulèvement.
Les femmes refusent d’être mises à l’écart.
Elles refusent d’être considérées comme des citoyennes de seconde zone.
Elles refusent d’attendre des privilèges mineurs et insignifiants.
Elles veulent obtenir tous leurs droits.
Elles veulent la liberté de leur peuple et de leur pays.
C’est pourquoi elles s’insurgent, elles quittent leur famille et leur foyer et renoncent à leurs enfants et leurs proches, à leur mère et à leur père.
Elles n’ont pas peur de la prison ni des chaînes, elles n’ont pas peur que leurs têtes et leurs cœurs soient criblés de balles.
Mais d’où vient ce courage ? D’où vient cette bravoure et cette témérité ?
Du combat des générations successives de femmes combattantes et de l’OMPI.
D’un mouvement avec plus de 100.000 martyrs pour la liberté, un mouvement qui, depuis des décennies, remet en question la culture et la pensée patriarcales et qui, dans la pratique, a expérimenté et tracé le chemin vers la liberté et l’égalité.
Et elles sont également dotées d’une direction et d’une pensée qui rejettent toute forme d’exploitation et d’inégalité.
Oui, c’est le cri de plus de quarante millions de femmes iraniennes qui disent :
Nous ne voulons pas de système patriarcal et oppressif.
Nous ne voulons ni bruit de bottes ni de sandales.
Nous ne voulons ni du chah ni des mollahs, ni de leurs héritiers. ;
Oui, le temps des régimes qui oppriment les femmes en Iran, est révolu ; qu’il soit une dictature monarchique, ou une dictature religieuse.
Les femmes et le peuple d’Iran veulent la liberté, la démocratie, la justice et l’égalité, et ils se battront pour cela jusqu’au bout.
Chères sœurs !
Ces derniers mois, alors que la dictature a été ébranlée par la résistance et le soulèvement populaire, de nombreuses questions affluent : que se passera-t-il après le renversement du régime ?
La réponse est claire : L’après-renversement ne pourra être organisé que par une alternative qui aura, au préalable, acquis la préparation, la compétence et la capacité nécessaires. Une alternative forte d’une organisation solide, de la solidarité des forces du camp du peuple et d’un programme démocratique.
L’Iran a besoin d’une force unificatrice après le renversement de la dictature. Un mouvement qui rassemble tous les groupes et courants du camp du peuple sur la voie du changement démocratique, dans le respect de leurs positions et revendications politiques.
L’un des atouts majeurs de la Résistance iranienne pour répondre à cette exigence c’est qu’elle s’appuie sur la force d’avant-garde des femmes. Oui, une démocratie florissante peut et doit être instaurée. Mais la garantie de cette démocratie repose sur la participation active et égale des femmes à la direction politique.
L’Iran libre de demain sera édifié sur la séparation de la religion et de l’État et la charia des mollahs n’y aura aucune place. L’Iran de demain sera bâti sur l’égalité des droits pour toutes les minorités ethniques du pays, de nos compatriotes baloutches et kurdes, à nos compatriotes arabes et turkmènes.
Il s’agit donc d’un mouvement pionnier, d’une véritable alternative, d’une force de changement où les femmes jouent un rôle central et décisif. Comme le mouvement de résistance le vit dans la pratique depuis plus de trois décennies.

Liberté et démocratie avec la participation active des femmes à la direction
Chères amies !
Le leadership féminin est un indicateur décisif permettant de démasquer les prétendants au pouvoir se faisant passer pour des alternatives, mais qui perpétuent un système patriarcal et une autocratie liberticide. À présent, à l’aune de ce critère, considérez cette faction néofasciste se réclamant de la monarchie, prétendument opposante à la tyrannie en place, mais qui, dans sa pensée misogyne, est la jumelle de ce même régime réactionnaire — sans pour autant porter le turban.
Demain marquera la date anniversaire du coup d’Etat du 22 février 1921 en Iran, dans lequel les Britanniques ont mis au pouvoir le Cosaque Reza-Khan. En obligeant les femmes à retirer leur voile, Reza-Khan a renié leur droit à choisir librement leurs vêtements et instauré cette tradition misogyne et despotique.
Son fils disait que les femmes sont malveillantes et intrigantes et il a imposé un modèle faisant de la femme une marchandise. Aujourd’hui l’héritier de ce même père et de ce même fils nourrit dans son esprit une alternative fondées sur les mêmes valeurs et les mêmes relations arriérées.
Examinez le programme qu’il a publié. Il n’est pas surprenant que, dans sa structure gouvernementale, les femmes n’aient aucune place. En effet, rien d’étonnant ; c’est logique. Le fascisme, qu’il soit religieux ou monarchique, opprime les femmes.
Dans la constitution de cette sorte de régime, la monarchie était réservée aux hommes et à leurs fils.
Dans la constitution du régime des mollahs, l’exclusion des femmes du pouvoir est également absolue. Il est interdit aux femmes de devenir juge ou présidente de la république.
Les privations et les interdictions sans fin qui frappent les femmes en Iran, sont le fruit de la tyrannie et du liberticide.
En revanche, la liberté et la démocratie sont garanties par l’égalité et par la participation active des femmes aux instances dirigeantes.
Par conséquent, la véritable alternative à ce régime inhumain et misogyne est celle qui lutte depuis des décennies contre les dictatures du chah et des mollahs et qui, dans la pratique, œuvre en faveur de l’égalité et du leadership féminin.
Le changement démocratique en Iran dépend du leadership des femmes
Chères amies,
Pour finir, soulignons quelques conclusions importantes de la présente discussion, à savoir le lien entre une alternative démocratique et le rôle des femmes :
1. L’alternative au fascisme religieux est crédible non seulement par sa lutte contre le chah et les mollahs, mais aussi par son engagement concret en faveur de la participation active et égale des femmes à la direction politique.
2. Cette force digne d’incarner l’alternative n’est pas seulement un mouvement organisé ; dans sa structure de lutte pour renverser le régime, les femmes jouent dans la pratique, un rôle décisif.
3. La mise en œuvre des plans et objectifs démocratiques pour l’avenir de l’Iran, depuis l’instauration d’une république démocratique jusqu’aux libertés individuelles et sociales, l’égalité des droits pour les femmes, les droits humains, la séparation de la religion et de l’État et les droits des minorités opprimées, bien qu’ils forment un tout interconnecté, est conditionnée par le rôle dirigeant des femmes.
4. Sans le leadership des femmes, un changement démocratique ne sera pas possible en Iran, pas plus qu’un transfert de pouvoir au peuple iranien, calme, ordonné et démocratique ni d’instauration de la démocratie, de la justice et d’un véritable développement.
Aujourd’hui, l’Iran est balayé par une détermination enflammée de liberté. Vous avez vu comment les cérémonies de deuil des 40e jours de mort des martyrs n’ont pas sombré dans la tristesse, mais ont vu fuser les serments d’un peuple jurant de poursuivre la voie des martyrs et de reprendre le soulèvement jusqu’au renversement de la tyrannie.
Alors, pour la victoire du peuple iranien, en soutien aux prisonnières et prisonniers du soulèvement et aux prisonniers politiques, en particulier celles et ceux condamnés à mort, j’appelle les femmes conscientes et libres dans le monde à apporter leur aide et leur appui aux femmes iraniennes.
Face à la volonté inébranlable des Iraniennes et des Iraniens, il est certain que le fondement de ce pouvoir inhumain et misogyne s’effondrera. Le printemps de la liberté du peuple iranien arrivera.




















