Bienvenue dans un nouvel épisode des podcasts de la commission des femmes du conseil national de la résistance iranienne. Bonjour à toutes et à tous. Aujourd’hui on va aborder une thématique disons assez profonde.
Et la mission de notre analyse aujourd’hui, c’est de comprendre pourquoi ce document affirme que la participation égale des femmes à la direction politique en Iran, ce n’est pas juste un bel objectif moral, mais vraiment l’impératif absolu pour une vraie démocratie. C’est ça. Le leadership féminin y est présenté comme la clé de voûte de tout changement. D’accord, décortiquons tout cela. Parce que pour comprendre pourquoi les femmes sont aujourd’hui au coeur des revendications, il faut regarder un peu en arrière.
Oui, on est obligé d’examiner le rôle historique des femmes iraniennes. Surtout pendant la révolution de 1979 non? Exactement. En 1979, les femmes n’étaient pas du tout des spectatrices. Elles étaient en fait l’avant-garde du changement.
Le texte rappelle qu’elles ont participé aux manifestations par 1000000. Attends par 1000000 vraiment dans les rues? Par 1000000 oui. Elle joue un rôle absolument central. Mais dès le début de l’ère post-révolutionnaire, le nouveau régime religieux a compris ce danger.
Et c’est là qu’ils ont mis en place le hijab obligatoire, c’est ça? Oui, mais il faut bien comprendre que ce n’était pas juste une question de code vestimentaire. Le but caché, c’était de dépouiller les femmes de leur liberté fondamentale pour en fait soumettre l’ensemble de la société. En muselant d’abord les porte-voix les plus progressistes, ils envoyaient un message à tout le monde. C’est comme, enfin pour utiliser une image, c’est comme attaquer la clé de voûte d’un pont, tu vois?
Ah oui, c’est une très bonne analogie. Si on retire les droits des femmes, c’est toute la structure de la liberté de la société qui s’effondre d’un coup. Ce qui est fascinant ici, que ça montre bien que la misogynie n’est pas un 1 simple effet secondaire ou un trait culturel du régime. C’est son coeur de fonctionnement quoi. Exactement.
C’est son principal outil de contrôle politique et ça nous amène directement à la période très sombre des années 1980. Ouais, cette décennie de répression. Les détails sont vraiment difficiles à lire. C’est vrai. On parle de dizaines de milliers d’exécutions.
Et il y a ce fait spécifique, l’exécution sans précédent de 12 adolescentes. Oui, et le pire, c’est que leur identité n’était même pas vérifiée. Attends, ils ont exécuté des gamines sans même savoir qui elles étaient, mais c’est glaçant. C’est la terreur d’état à l’état pur. Le document mentionne aussi l’exécution de filles de 10 et 13 ans, de femmes enceintes, de mères de plus de 70 ans.
C’est effroyable. C’est vraiment une volonté d’écraser toute résistance par la violence absolue. Et le fait est que malgré tout ça, les femmes ont continué à guider le mouvement de résistance dans des conditions extrêmement hostiles. Et du coup, puisqu’elles ont payé le prix fort, on comprend que leur rôle aujourd’hui ne peut plus du tout être secondaire. Tout à fait.
Et ça nous amène à l’argument central de notre analyse. Comment évaluer la légitimité de toute alternative politique future? Oui parce qu’après avoir vécu ça, les familles iraniennes rejettent fermement toutes les structures autoritaires et patriarcales. Et sous toutes leurs formes. Qu’elles soient religieuses comme le Velayat-E faqih, donc le règne absolu du juriste ou bien monarchique.
Le rejet est total. Oui. Changer juste le nom d’un gouvernement ou mettre de nouvelles figures de proue, ce n’est pas suffisant si la structure reste basée sur la domination. C’est là que ça devient vraiment intéressant parce qu’on peut se poser la question, est-ce qu’on peut vraiment qualifier un mouvement de démocratique sur le papier s’il repousse l’intégration des femmes au sommet de l’État à genre plus tard? Ça soulève une question importante.
Historiquement, c’est souvent ce qu’on entend non? On réglera ça après la crise. Ouais le fameux, ce n’est pas la priorité pour l’instant. Voilà. Mais une vraie démocratie ne peut pas être forgée par une culture politique qui marginalise la moitié de sa population.
C’est d’ailleurs le message clé de la journée internationale de la démocratie pour l’Iran. Et pour éviter ce piège, il y a une sorte de, comment dire, de test décisif en 4 points, c’est ça? Exactement. Le document pose 4 questions fondamentales pour auditer tout mouvement qui se dit démocratique. Ok, vas-y, c’est quoi la 1re question?
La 1re, est-ce que les femmes ont une présence réelle dans la prise de décision? J’insiste sur le mot réel. J’insiste. On ne parle pas de mettre une femme porte-parole juste pour faire joli sur la photo quoi. Pas de tokenisme exactement.
Il faut qu’elles aient du pouvoir. La 2e question, c’est l’égalité est-elle un principe opérationnel et non de la simple rhétorique? Ah ouais, donc concrètement comment on gère les budgets? Comment on s’organise en interne? C’est ça, ça doit se voir au quotidien.
La 3e question concerne les libertés individuelles. Le droit au libre choix de la femme est-il reconnu? Donc son corps, ses études, son métier, tout. Absolument tout, sans aucune ingérence. Et enfin la 4e question qui est peut-être la plus ambitieuse, le mouvement est-il prêt à redéfinir le pouvoir autour de la participation égale?
Redéfinir le pouvoir. Alors qu’est-ce que tout cela signifie concrètement parce que ça a l’air énorme. Ça veut dire qu’un futur Iran doit être fondé sur des principes très clairs. Les libertés individuelles et sociales, l’égalité des citoyens, la séparation de la religion et de l’État et l’égalité des droits pour toutes les ethnies et nationalités. En fait pour utiliser une autre analogie, c’est comme si on changeait le système d’exploitation complet d’un ordinateur.
C’est une excellente image. Oui, on ne fait pas juste changer le fond d’écran ou l’interface, on modifie vraiment la façon dont tous les programmes interagissent entre eux, y compris pour les hommes d’ailleurs. Tout à fait. Et c’est important de souligner, le leadership féminin dont on parle ici, ce n’est absolument pas anti-homme. Bien sûr que non.
C’est une transformation émancipatrice. Le but, c’est de démanteler l’idéologie sexiste. Mais du coup, ça transforme quoi exactement pour les hommes qui font partie du mouvement? L’expérience de la résistance iranienne qui est analysée ici montre que ça change complètement les relations entre les hommes eux-mêmes. Ah bon?
Et bien on passe d’une dynamique classique de compétition et de domination à à de la solidarité, de la fraternité. C’est fou ça. Donc la responsabilité partagée remplace le besoin d’écraser l’autre pour monter. Exactement. Si l’on relie cela à une perspective plus large, l’idée maîtresse ici c’est que la liberté des femmes n’est pas un produit dérivé de la démocratie.
Ni une conséquence qui arriverait plus tard. Voilà, c’est son coeur absolu. C’est le moteur même du changement des mentalités pour tout le monde. C’est vraiment fascinant. Et ça nous amène d’ailleurs à la fin de notre analyse.
Mais avant de clôturer, j’aimerais laisser notre audience sur une réflexion qui prolonge un peu ce texte. Oui, je t’écoute. Si on se dit que le leadership féminin a le pouvoir prouvé de transformer ces dynamiques masculines toxiques, cette compétition, cette domination au sein d’un mouvement politique interne, On peut se demander comment cette même dynamique pourrait-elle un jour remodeler complètement la diplomatie internationale à l’échelle mondiale? C’est une question vertigineuse. Imagine si ce nouveau système d’exploitation était appliqué aux relations mondiales.
C’est une piste de réflexion fantastique pour ceux qui nous écoutent. D’ailleurs pour toutes les personnes qui souhaitent creuser ces concepts et s’informer davantage, nous vous invitons chaleureusement à visiter le site web wncri.org/fr.
Exactement, wncri.org/fr. C’est vraiment l’endroit pour contribuer au travail de la commission des femmes du conseil national de la résistance iranienne.
Oui, pour promouvoir cette lutte essentielle des femmes pour la liberté et la démocratie en Iran.
Un grand merci d’avoir suivi cette analyse avec nous aujourd’hui. On espère que ça a été aussi instructif pour vous que pour nous.
Merci beaucoup pour votre écoute.
À très bientôt pour notre prochaine exploration en profondeur. Prenez soin de vous.




















