En juin 2026, la guerre et l’inflation galopante en Iran frappent de plein fouet les femmes en Iran, affectant gravement leur sécurité alimentaire, leur santé et leur accès à l’éducation. De Téhéran aux zones rurales, les mères de famille et les travailleuses subissent une érosion sans précédent de leur niveau de vie, marquée par des coupures d’internet et une précarité croissante. Ce rapport met en lumière comment le régime clérical fait porter le poids du conflit à la population féminine, exacerbant des inégalités de genre déjà profondément ancrées avant la crise.
Les récents événements ne se limitent pas aux lignes de front. Leur impact se fait sentir dans les cuisines, les budgets familiaux, les salles de classe et les corps épuisés. Les coûts de cette crise ne se mesurent pas seulement par la pauvreté croissante : ils signifient travailler plus, manger moins, vivre dans l’insécurité et devenir de plus en plus invisible.
Qu’il s’agisse des travailleuses ne pouvant plus subvenir à leurs besoins essentiels, des femmes enceintes dont la santé est menacée par la suppression d’aliments vitaux, ou des mères et des lycéennes usées par les black-outs numériques, ces expériences forment une chaîne de crises interconnectées. L’inflation et la guerre rendent l’emploi des femmes plus précaire, la baisse des revenus dégrade la nutrition, et les interruptions de services placent à nouveau le fardeau de la gestion de crise sur les seules épaules des femmes.

La féminisation de l’érosion économique à l’ombre de la guerre et de l’inflation
Le premier niveau de cette crise se manifeste dans la subsistance quotidienne. Des informations de presse du quotidien Shargh montrent que même pour les femmes actives, boucler le mois n’est plus garanti. Leurs salaires ne couvrent qu’une fraction des dépenses, et la vie autonome pour les jeunes femmes, loin de symboliser l’émancipation, est devenue une lutte constante contre la dette, l’austérité et l’insécurité.
Lorsque les coûts du logement, des transports et de la nourriture dépassent les moyens disponibles, les femmes, qui ont historiquement moins accès aux réseaux de soutien, sont les premières poussées vers l’exclusion. Maryam et ses deux colocataires, toutes jeunes salariées, ont été contraintes par l’explosion des loyers d’acheter leurs produits de première nécessité à crédit. Après que l’une d’entre elles a perdu son emploi suite aux vacances du Nouvel An, le fardeau financier s’est intensifié, illustrant la crise sévère que traversent les jeunes femmes indépendantes à Téhéran. (Journal Shargh, 30 mai 2026).
Des régimes alimentaires réduits et des risques accrus pour les femmes
Le second niveau de la crise émerge dans les domaines de la santé et de la nutrition. Alors que la hausse des prix force les foyers à supprimer les produits laitiers, la viande et d’autres aliments nutritifs, les conséquences ne sont pas partagées équitablement. Les femmes enceintes, les mères allaitantes et les enfants sont les premiers à payer ce prix de leur propre corps.
Des rapports de l’agence Khabar Online et du journal Toseeirani avertissent que la dégradation nutritionnelle entraîne des anémies, des faiblesses physiques et des complications lors des grossesses. (Khabar Online, 31 mai 2026). Les données de l’Organisation mondiale de la santé indiquent d’ailleurs que l’anémie chez les femmes âgées de 15 à 49 ans reste une préoccupation majeure de santé publique, avec des conséquences potentielles sur plusieurs générations.
Des données de la Banque mondiale montrent que le taux de participation des femmes au marché du travail en Iran était d’environ 14,1 % en 2024, une position déjà inégale avant tout nouveau choc. Parallèlement, l’ONU Femmes souligne que lors des crises, le travail de soin non rémunéré augmente, et ce fardeau retombe principalement sur les femmes et les jeunes filles.

Un marché du travail qui exclut les femmes en priorité
Le troisième niveau est l’insécurité de l’emploi. En période d’instabilité, les femmes sont statistiquement les premières à être expulsées du marché du travail et les dernières à y réintégrer. Les rapports sur les licenciements montrent que même lorsque le soutien aux femmes chefs de famille est discuté publiquement, il reste largement rhétorique et confiné aux discours médiatiques.
Pour beaucoup de femmes en Iran, l’emploi n’est pas seulement une source de revenus, c’est l’ultime ligne de défense contre la pauvreté absolue. Lorsque cette barrière cède, la pression se transfère directement sur la nutrition, le logement et l’avenir des enfants. À ce stade, la crise économique dépasse les statistiques pour devenir une instabilité chronique.
Internet et éducation : le fardeau invisible de la crise pour les femmes et les lycéennes
Le quatrième niveau de la crise concerne l’accès à internet et à l’éducation. Les coupures d’internet, particulièrement pour les femmes à faibles revenus, se traduisent par une exclusion des communications, de l’emploi et des services essentiels.
Dans le domaine éducatif, chaque fois que les cours basculent sur des plateformes numériques instables, ce sont les mères qui doivent coordonner l’apprentissage de leurs enfants, et les lycéennes qui sont les plus susceptibles d’abandonner leur cursus face aux coûts et à la précarité du système.
Conclusion
La guerre en Iran ne se définit pas seulement par les missiles ou les impasses diplomatiques. Dans la vie des femmes en Iran, elle se manifeste par l’inflation, les privations alimentaires, l’insécurité professionnelle et l’épuisement psychologique. Les coûts de la survie et du maintien de la résilience familiale sont des fardeaux qui, même après la fin des hostilités, ne seront jamais compensés sous un régime clérical misogyne.
Alors que le pouvoir tente de gagner du temps par des négociations, la revendication du peuple doit être claire : la crise ne peut être résolue que par le renversement de la dictature cléricale. La responsabilité de la communauté internationale est de soutenir pleinement les femmes et les jeunes qui mènent le soulèvement, ainsi que les Unités de résistance qui représentent la seule force de changement sur le terrain.




















