Au cœur du système de discrimination du régime iranien contre les veuves en Iran
Bienvenue dans un nouvel épisode des podcasts de la commission des femmes du conseil national de la résistance iranienne. Aujourd’hui on va se pencher sur un document vraiment poignant. Bonjour, oui c’est un sujet lourd, mais totalement indispensable en fait. Exactement. Notre mission aujourd’hui, c’est d’explorer en profondeur un rapport de la commission.
Il traite de ce qu’ils appellent le coût du deuil. Parce que perdre un conjoint, c’est tragique partout dans le monde. Mais en Iran, selon ses sources, c’est une véritable trappe. Ouais, une trappe qui s’ouvre sous leurs pieds. Ce qui saute aux yeux quand on lit cette analyse, c’est que ce n’est pas ce n’est pas juste une crise accidentelle.
C’est plutôt systémique non? C’est exactement ça. C’est une marginalisation institutionnalisée. Le deuil devient littéralement un stigmate social et un précipice financier qui est orchestré par le système lui-même. Attendez, je vais être sûr de bien comprendre.
Qu’un pays ait des failles dans son système social, bon, c’est une chose. Le rapport parle de entre 5 et 6000000 de femmes veuves ou divorcées et la moitié d’entre elles vivent sans aucune assurance. Sans aucune assurance, oui. C’est déjà énorme. Mais comment est-ce que le cadre légal peut punir activement ces femmes?
Quel est le mécanisme derrière ça? En fait, l’État refuse tout simplement de reconnaître les femmes comme chef de famille. La loi crée une dépendance totale. Et là où ça devient d’une violence inouïe, c’est sur la question de la garde des enfants. Ah oui, j’ai vu ce passage dans les documents, c’est Si une veuve décide de refaire sa vie et de se remarier, la loi iranienne lui retire automatiquement la garde de ses propres enfants.
C’est un chantage légal direct. C’est le mot. Plus de 90 pour 100 d’entre elles refusent de se remarier. Donc elles sacrifient leur propre avenir pour ne pas perdre leurs enfants. Mais il y a un autre chiffre qui m’a glacé le sang.
Le rapport recense 15000 jeunes filles veuves de moins de 15 ans juste pour l’année 2017. Et l’État rejette même l’existence d’une journée internationale des veuves. Oui parce qu’ils sont responsables de ces chiffres. Les auteurs du rapport parlent vraiment de veuvage systématique. L’État ne fait pas que mal gérer la situation, il fabrique des veuves.
Il fabrique des veuves ouais, surtout avec les exécutions, c’est bien ça? Absolument. Le rapport cite des cas documentés extrêmement graves. Prenez le village de Roshanabad. Les autorités ont reconnu que tous les hommes de ce village avaient été exécutés.
Tous. Oh waouh, un village entier. Oui, et il y a aussi le cas du prisonnier politique Mustafa Salehi, c’est l’un des exemples les plus frappants de cette extorsion d’État. C’est cette histoire de de prix du sang. Voilà, la diya.
Après son exécution, le système judiciaire a carrément exigé de sa veuve l’équivalent de 100000 dollars. Si elle ne payait pas, on confisquait sa maison et son verger. C’est ahurissant. C’est un peu comme si l’appareil d’état allumait l’incendie, détruisait la maison puis facturait les cendres aux survivantes. C’est une excellente métaphore.
Et on retrouve la même logique avec les négligences industrielles meurtrières, comme l’explosion de la mine de charbon de Tabas ou celle de Bandar Abbas. Ah oui, l’incident lié au transport illégal de carburant par les gardiens de la révolution. Tout à fait. Des centaines de familles ont été détruites d’un coup. Mais alors, après de tels drames, que reste-t-il à ces femmes pour survivre?
Même s’il y a des compensations financières, ça devient un champ de bataille légal. Un champ de bataille totalement déséquilibré, oui. La loi patriarcale donne tout le pouvoir légal aux grands-pères paternels. Les veuves doivent souvent affronter leur propre beau-père devant les tribunaux. Qui essaient de confisquer l’argent, j’imagine.
L’argent, mais aussi la garde des petits enfants. Les mères sont contournées, privées de leurs droits et ça les précipite dans une pauvreté absolue. Ce qui explique pourquoi leur apport mentionne qu’elles sont exposées au harcèlement. Elles sont même poussées à accepter des mariages temporaires, les fameux sigais ou à prendre des emplois hyper dangereux et non réglementés juste pour manger. Oui, la loi n’est pas là pour les protéger.
Elle est utilisée pour les exploiter. Le système légal organise méticuleusement cette vulnérabilité. Justement le rapport est très transparent sur ce point, ça nous amène à une réflexion finale assez provocante pour tous ceux qui nous écoutent aujourd’hui. Il faut se demander ce qu’il advient de l’avenir d’une nation entière, quand son propre système légal broie la cellule familiale de cette façon et exploite la vulnérabilité de 1000000 de mères en deuil? C’est une question cruciale et c’est pour ça que la source de notre analyse invite ceux qui souhaitent agir à visiter le site wncri.org/fr.
Il est possible d’y faire un don pour soutenir le travail de la commission des femmes du CNR. C’est un soutien direct à leur mouvement. Bien merci beaucoup d’avoir décortiqué ces documents avec moi et merci à tous pour votre écoute attentive sur ce sujet difficile. On se donne rendez-vous très bientôt pour une nouvelle exploration de nos sources.
Merci, à très bientôt.



















