Parisa Kamali, prisonnière politique purgeant une peine de huit ans et demi à la prison centrale de Yazd, a transmis un puissant message audio depuis sa cellule pour condamner la vague récente d’exécutions perpétrées par le régime clérical. Dans son enregistrement, elle qualifie la machine à exécuter de l’État d’instrument obsolète destiné à assurer la survie du régime, affirmant qu’elle échouera inévitablement face à la volonté collective de ceux qu’elle appelle « les innombrables ».
Un serment de résistance face à la potence
Parisa Kamali, qui endure des conditions difficiles en exil interne à la prison de Yazd en raison de son engagement pour des idéaux de liberté, a réaffirmé son lien indéfectible avec ceux qui ont perdu la vie en combattant pour la cause. Rendant hommage à ces victimes, elle a qualifié la peine de mort de réponse autoritaire désespérée aux revendications populaires de justice.
« Que soient tranchées les mains qui, par leurs plumes, signent l’arrêt du souffle humain », a déclaré Parisa Kamali, décrivant les responsables du régime comme des entités dont la survie dépend entièrement de l’effusion de sang.
La pérennité de la volonté au-delà de la corde
La prisonnière politique soutient que la logique des dirigeants actuels n’est que la continuité de la brutalité systématique qui fauche la jeunesse iranienne depuis des décennies.
La logique des dirigeants
« Ici règnent des tigres de papier ; un lieu où les cris pour la justice reçoivent en réponse des balles et la potence. Vous nous exécutez dans l’espoir de mettre fin à notre lutte, mais vous vous trompez gravement », a martelé Mme Kamali.
La survie de l’idéal
En citant des prisonniers et victimes tels que Vahid Amerian, Pouya Ghobadi, Babak Alipour et Abolhassan Montazer, elle a souligné que l’élimination physique ne peut éradiquer l’idéologie de résistance. « Nous sommes innombrables. Nous sommes ce peuple même que vous avez cherché à faire taire par l’exécution, pourtant nous restons fermes ».
Solidarité et plaidoyer
Parisa Kamali a également exprimé son soutien résolu aux familles des prisonniers dans le couloir de la mort, notamment ceux de Manouchehr Fallah, Peyman Farahavar, Zahra Tabari et Mohammad Javad Vafaei Sani, appelant à l’annulation immédiate des sentences capitales prononcées contre ses compatriotes.
Conclusion : une vision pour l’abolition
Parisa Kamali a conclu son message par un avertissement à ceux dont le silence les rend complices, soulignant que la corde de cette tyrannie finira inévitablement par se resserrer autour des complices du régime eux-mêmes. Espérant l’aube de la liberté, elle a clos ses remarques par un appel final :
« Dans l’espoir d’un jour où aucune trace d’exécution ne subsistera dans ma patrie, l’Iran, ni nulle part ailleurs dans le monde. »
Qui est Parisa Kamali Ardakani ?
Parisa Kamali Ardakani a été arrêtée le 29 avril 2024 à Ispahan et initialement détenue à la prison de Dowlatabad. Elle fait face à trois dossiers distincts instruits à Ispahan et Ardakan, impliquant divers chefs d’accusation liés à la sécurité.
En 2025, elle a été transférée à la prison de Yazd. Après avoir accepté le verdict du tribunal (« taslim be ra’y »), sa peine cumulée a été réduite à trois ans et demi. Née en 1986 à Abadan, Mme Kamali est mariée et étudiante en géographie.



















