En mai 2026, la prisonnière d’opinion Ghazal Marzban, une chrétienne convertie détenue à la prison d’Evin à Téhéran, entame son septième jour de grève de la faim. Elle proteste contre la lourde peine de prison qui lui a été infligée en raison de ses convictions et de ses activités civiles. Après une semaine, son état de santé physique s’est considérablement dégradé, suscitant de vives inquiétudes.
Ghazal Marzban a commencé son mouvement le 25 mai pour contester le verdict rendu à son encontre par le tribunal révolutionnaire de Téhéran, qui l’a condamnée à neuf ans et huit ans de prison. Les chefs d’inculpation retenus incluent la « propagande contre l’État » ainsi que le « rassemblement et la collusion contre la sécurité nationale ».
D’où vient cet acharnement judiciaire lié aux convictions religieuses ?
L‘arrestation de Ghazal a eu lieu le 15 janvier 2026, lorsque des agents de sécurité ont pris d’assaut son domicile à Téhéran. Après une phase d’interrogatoire, elle a été transférée à la prison d’Evin pour y purger sa peine. Il est à noter que Mme Marzban n’en est pas à sa première incarcération en raison de sa foi : elle avait déjà passé du temps derrière les barreaux par le passé.
Ces dernières années, Ghazal Marzban a également dû faire face à d’immenses difficultés pour obtenir les médicaments essentiels destinés à son mari, atteint de la maladie de Parkinson. Selon des sources proches, certains de ces obstacles administratifs et médicaux étaient directement liés aux convictions religieuses du couple.
Originaire de Lasht-e Nesha, près de Racht, cette diplômée en droit résidait à Téhéran au moment de son arrestation. Son cas illustre la répression continue qui frappe les minorités religieuses et les dissidents politiques en Iran.
Quelle est la situation juridique des chrétiens convertis en Iran ?
En Iran, la liberté de culte est strictement encadrée. Si les minorités chrétiennes « ethniques » (arméniennes et assyriennes) sont reconnues par la Constitution, les musulmans qui se convertissent au christianisme sont considérés comme des apostats théoriquement passible de la peine de mort. Le régime ne reconnaît pas leur nouvelle foi et les cible systématiquement à travers les tribunaux révolutionnaires.
Les activités des « églises de maison » sont qualifiées d’atteintes à la sécurité nationale. Les convertis, comme Ghazal Marzban, font souvent l’objet d’accusations de « propagande contre l’État » et subissent des peines de prison prolongées, des confiscations de biens et des pressions sociales intenses, visant à les contraindre à renoncer à leurs convictions religieuses.



















