La fédération de football justifie ce retrait par une « absence de perspective de médaille », un critère qui n’a pourtant pas été appliqué à l’équipe masculine depuis plus de deux décennies.
TÉHÉRAN : La Fédération iranienne de football a déclenché une vive polémique suite à sa décision d’interdire à l’équipe nationale féminine de participer aux prochains Jeux asiatiques de Nagoya, alors que la formation avait déjà décroché sa qualification parmi les douze meilleures nations d’Asie.
Si les déclarations officielles de la fédération invoquent un manque de « potentiel de médaille », des sources internes et les médias locaux suggèrent un motif bien plus controversé : la crainte de voir des athlètes demander l’asile politique lors de ce déplacement à l’étranger.
Farideh Shojaei, vice-présidente chargée des affaires féminines au sein de la fédération, a justifié cette mesure en affirmant que l’équipe féminine n’était pas jugée capable de « monter sur le podium ». Ce raisonnement a été largement dénoncé comme un deux poids, deux mesures. Les critiques soulignent en effet que l’équipe masculine espoirs (U23) n’a pas atteint le podium des Jeux asiatiques depuis 22 ans, ce qui ne l’empêche pas de continuer à bénéficier d’un soutien institutionnel complet et du droit de participer aux compétitions.
Une interdiction de voyager aux allures de « sanction »
Cette décision semble être une réaction à certains « incidents », plus précisément aux défections de plusieurs joueuses survenues lors du précédent voyage de qualification de l’équipe en Australie.
D’après des informations de presse du quotidien Etemad, les responsables sportifs et les directeurs de la fédération ont opté pour une suspension de fait de l’équipe féminine afin de prévenir d’éventuelles nouvelles défections ou d’autres problèmes disciplinaires.
L’entraîneuse principale, Marziyeh Jafari, a contesté la logique de la fédération : « Il est inexact de prétendre que nous ne devrions pas y aller sous prétexte que nous n’aurions aucune chance de médaille. Nos résultats cette année ont été nettement supérieurs à ceux des années précédentes. » (Quotidien Etemad, 1er mai 2026)
Quatre années de black-out et menace de déclassement par la FIFA
Les conséquences de ce retrait sont catastrophiques pour l’avenir du sport féminin en Iran. En étant privée des Jeux asiatiques, et sans aucune voie de qualification pour les Jeux olympiques de 2028 à l’horizon, l’équipe féminine se retrouve face à un black-out compétitif total jusqu’aux éliminatoires de la Coupe d’Asie 2030.
Cette parenthèse de quatre ans, supervisée par le président de la fédération Mehdi Taj, expose l’équipe au risque d’être purement et simplement retirée du classement mondial de la FIFA en raison de son inactivité. Une telle situation répéterait le « désastre du classement » survenu par le passé, qu’il avait fallu des années à rectifier. Les analystes soutiennent que cette politique d’exclusion systématique efface de fait une génération d’athlètes féminines de la scène mondiale, sous couvert de « gestion technique ». (Quotidien Etemad, 27 avril 2026)




















