Une vie d’endurance, de courage et de foi inébranlable en la liberté
Saltanat Ramim, connue de tous sous le nom de Mère Hajar, est décédée le 1er février 2026, en exil en Albanie, après 47 années de dévouement inébranlable à la cause de la liberté. Sa vie a été façonnée par le sacrifice, mais définie par la dignité. Elle laisse derrière elle un héritage durable dans la mémoire de tous ceux qui croient que la résistance, même dans sa forme la plus silencieuse, peut changer le cours de l’histoire.
Née en 1936 dans la ville de Kermanshah, Mère Hajar a traversé certains des chapitres les plus tumultueux de l’histoire contemporaine de l’Iran. Elle s’est tenue aux côtés du peuple lors de la révolution de 1979 contre la dictature du Chah et est restée inébranlable lorsque la répression est revenue sous un nouveau pouvoir. À une époque où la peur réduisait beaucoup au silence, son foyer est devenu un lieu de courage, ouvert à ceux qui osaient rêver de liberté.
Elle n’a pas seulement été témoin de la lutte : elle a aussi été une mère qui a élevé ses enfants en son cœur. Cinq d’entre eux, Rashed, Zahed, Farid, Jahed et Farzaneh Madoumi, ont choisi le même chemin de résistance. Pour cela, sa famille a payé un prix dévastateur.

Son fils Zahed a été sauvagement battu pour avoir distribué des journaux, puis exécuté en mars 1983. Son mari, Mohammad Karim Madoumi, a été tué dans un « accident » de voiture orchestré par le régime. Sa fille Farzaneh a été emprisonnée et torturée. Son fils Rashed a perdu la vie lors de l’opération Lumière éternelle. Un à un, les piliers de son monde personnel lui ont été arrachés.
Pourtant, Mère Hajar n’a pas cédé au chagrin. Elle a transformé la douleur en une détermination inébranlable. Même lorsqu’elle subissait arrestations, menaces et confiscation de son domicile, elle se tenait jour après jour devant les portes des prisons, présente, intacte et sans peur.
En 1985, elle a rejoint les rangs de l’Organisation des Peuples Moudjahidine d’Iran (OMPI), puis de l’Armée de libération nationale de l’Iran, servant avec humilité et une force silencieuse. Elle ne demandait aucune reconnaissance, seulement la possibilité de servir. Son engagement dans le travail logistique et de soutien reflétait sa conviction que chaque acte de résistance, aussi modeste soit-il, avait son importance.
Au fil des années, elle a enduré le siège, le déplacement forcé et les attaques répétées au camp d’Achraf et au camp Liberty. Même sous les tirs de missiles, même lorsque la maladie pesait sur son corps vieillissant, elle est restée une source de réconfort et de résilience pour ceux qui l’entouraient. Sa présence rappelait que l’endurance elle-même pouvait être un acte de défi.
Vers la fin de sa vie, elle écrivait avec son humilité caractéristique :
« J’avance encore et encore sur le chemin de la libération. Je me considère comme la poussière sous les pieds et la servante humble de tous les Moudjahidine et de mes enfants. »

Mère Hajar a vécu près de quatre-vingt-dix ans, mais sa véritable mesure ne se trouve pas dans le temps, mais dans sa fidélité, à ses valeurs, à ses proches et à un avenir qu’elle n’a peut-être pas connu, mais auquel elle n’a jamais cessé de croire.
Nous nous souvenons d’elle non seulement comme d’une mère ayant enduré des pertes inimaginables, mais comme d’une femme qui a transformé la souffrance en espoir inébranlable. Sa vie demeure un monument discret au courage, et un rappel que la liberté est souvent portée par ceux qui refusent de laisser le désespoir avoir le dernier mot.
Que sa mémoire demeure.




















