Ana Helena Chacón Echeverría à la Journée internationale des femmes 2026 : la lutte des femmes iraniennes est une revendication universelle pour le droit de vivre sans peur
Le samedi 21 février 2026, à la veille du 8 mars, Journée internationale des femmes, la Commission des Femmes du CNRI a organisé à Paris une conférence internationale intitulée « Le leadership des femmes, une nécessité pour un Iran libre et une république démocratique ».
Cette conférence, à laquelle ont participé des parlementaires, des universitaires, des penseuses et des personnalités politiques de premier plan, a porté sur la participation politique et le leadership des femmes comme éléments déterminants d’une société démocratique.
Lors de cet événement, Ana Helena Chacón Echeverría, ancienne vice-présidente du Costa Rica entre 2014 et 2018, était également présente et a prononcé un discours. Le texte intégral de son intervention est reproduit ci-dessous.
Ana Helena Chacón Echeverría : Femme, Résistance, Liberté. Ce n’est pas seulement un slogan, c’est du courage, c’est la résistance.
Bonjour chers amis. Je suis très heureuse d’être ici. Hier soir, je dormais dans mon lit dans une petite ville du Costa Rica et aujourd’hui je peux vous embrasser. Je peux vous embrasser toutes, femmes défenseures des droits humains. Je peux vous saluer, Madame Radjavi.
En cette Journée internationale des femmes, alors que nous sommes réunis dans cette magnifique ville de Paris, nous exprimons notre solidarité avec les femmes courageuses d’Iran qui se battent pour leur dignité et pour la liberté de leur pays sous un slogan puissant : « Femme, Résistance, Liberté ».
Ce n’est pas seulement un slogan. C’est du courage. C’est la résistance. Et ces femmes sont ici pour nous dire et pour nous rappeler qu’au-delà de leurs frontières, elles doivent avoir une voix. Nous vous avons entendues et nous vous soutiendrons, parce que nous soutenons la démocratie.
Je parle non seulement en tant qu’ancienne vice-présidente, ancienne parlementaire ou ambassadrice, mais aussi au nom de mon pays, l’une des plus anciennes démocraties d’Amérique latine et l’une des plus solides.
Nous avons construit une nation d’une importance historique où nous avons aboli l’armée en 1948. J’ai toujours cru que la sécurité devait reposer sur les droits humains et non sur la répression.
Ana Helena Chacón Echeverría : il est essentiel de comprendre que la cruauté du régime de Téhéran ne se limite pas à ses frontières
La lutte des femmes iraniennes n’est pas une question lointaine ou isolée. C’est une revendication universelle pour le droit de vivre sans peur, pour pouvoir s’exprimer sans persécution et pour décider de son propre destin.
Il est essentiel de comprendre que la cruauté du régime de Téhéran ne se limite pas à ses frontières. La même violence utilisée pour réduire les femmes au silence dans les rues d’Iran est exportée dans le monde par le Corps des gardiens de la révolution islamique.
Leurs actions ne se limitent pas à la répression. Elles s’étendent à la déstabilisation, et j’ai déjà évoqué ce sujet à plusieurs reprises sous ce même toit.
En Amérique latine, nous avons constaté l’influence malveillante du Corps des gardiens de la révolution islamique. Il ne s’agit pas simplement d’exporter une idéologie. Il s’agit aussi d’exporter l’instabilité, de collaborer avec des réseaux criminels, d’affaiblir les institutions et de tenter de faire pression sur des gouvernements souverains afin d’éroder le tissu démocratique de notre région.
Qu’il s’agisse de la répression de la jeunesse en Iran ou de l’alimentation du crime organisé dans les Amériques, ce corps reste un moteur central du fondamentalisme et du terrorisme à l’échelle mondiale.
C’est pourquoi je suis fière d’avoir dirigé les efforts au Parlement du Costa Rica pour dénoncer ces abus. Pendant plusieurs années, nous avons travaillé sans relâche afin d’obtenir des majorités parlementaires pour condamner le régime et ses violations, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Notre position n’était pas seulement symbolique. Elle s’est traduite par des actions diplomatiques concrètes aux Nations unies à New York et à Genève, où les missions permanentes du Costa Rica ont soutenu les résolutions en faveur des droits humains, en se tenant fermement aux côtés des mouvements pro-démocratie, et également à vos côtés, Madame.
Ana Helena Chacón Echeverría : aujourd’hui, plus de 4 000 parlementaires soutiennent le plan en dix points de Maryam Radjavi pour un Iran libre
Je salue également la récente décision de l’Union européenne d’inscrire cette organisation terroriste sur sa liste noire. Il s’agit d’une étape cruciale pour priver le régime de sa capacité à financer la répression et à exporter la violence.
Le droit international ne doit pas faire preuve de timidité face à la tyrannie.
Aujourd’hui, plus de 4 000 parlementaires à travers le monde soutiennent le plan en dix points proposé par Maryam Radjavi pour un Iran libre. Il s’agit d’une feuille de route pour une république laïque, démocratique et non nucléaire, je le répète, non nucléaire, où les femmes jouent un rôle dirigeant et où se dessine la voie de l’avenir.
Vous êtes l’avenir, vous êtes le présent et vous êtes l’espoir, vous toutes.
Nous devons être la voix de ceux qui ont été réduits au silence. Nous avons vu leurs visages. Nous saluons les unités de résistance à l’intérieur de l’Iran qui risquent tout pour briser les chaînes de la dictature.
Nous n’avons pas peur et nous pouvons prendre cet engagement : notre action continuera en ligne, dans les parlements et dans les rues, jusqu’à ce que les femmes et les hommes d’Iran puissent respirer l’air de la liberté.
En cette Journée internationale des femmes, affirmons que leur lutte est notre lutte. Elles ne seront pas seules et nous ne détournerons pas le regard. Merci.




















