En juillet 2026, trois activistes syndicales, Ameneh Bayraghdari, Azadeh Saleki et Kowkab Badaghi, sont victimes d’une répression accrue de la part du régime clérical en Iran. Ciblées pour leur engagement lors des manifestations nationales de janvier 2026, ces femmes font face à de lourdes peines de prison, des convocations officielles et des procédures disciplinaires arbitraires à Machhad et dans la province du Khouzistan. Cette vague de harcèlement met une nouvelle fois en lumière la détresse de toute enseignante en Iran luttant pour ses droits fondamentaux au sein du secteur de l’éducation.
L’emprisonnement d’une enseignante et le calvaire d’une famille éprouvée
Ameneh Bayraghdari, une enseignante en Iran retraitée âgée de 61 ans et originaire de Fariman, est détenue au quartier deux de la prison de Vakilabad, une section tristement célèbre pour ses détenus dangereux. Elle a été interpellée en lien avec le soulèvement de janvier.
En détention, Ameneh Bayraghdari subit le harcèlement de certaines codétenues. Ses effets personnels, notamment ses vêtements, sa carte de téléphone et même sa nourriture quotidienne, lui ont été dérobés à plusieurs reprises. Sa situation est d’autant plus tragique que sa famille traverse une crise sanitaire absolue : son fils, Iman Anbai Farimani, souffre d’un cancer de la moelle osseuse en phase terminale, tandis que son mari, Ali Anbai Farimani, également enseignant retraité, est plongé dans le coma après un AVC provoqué par la nouvelle arrestation de son épouse.
Azadeh Saleki condamnée à cinq ans de prison
Azadeh Saleki, enseignante officiant dans le département de Khaf, a été condamnée à cinq ans d’emprisonnement par la cour d’appel de la province du Khorassan-e Razavi. La cour a cassé le premier verdict de 10 ans de prison pour réduire la peine à une durée totale de cinq ans.
Azadeh Saleki avait été arrêtée par les forces de sécurité lors des manifestations nationales de janvier 2026. Après environ un mois d’interrogatoire et d’isolement cellulaire, elle avait été temporairement libérée sous une caution de trois milliards de tomans dans l’attente de son jugement. Cette militante syndicale subissait déjà des mesures disciplinaires depuis 2022, incluant une suspension d’un mois et une mutation punitive de Torbat-e Heydarieh vers Khaf.
Kowkab Badaghi convoquée par le conseil de discipline du ministère de l’Éducation
Kowkab Badaghi Pegah, professeure d’histoire résidant à Izeh, a été convoquée devant le Conseil primaire des infractions administratives des employés de l’éducation de la province du Khouzistan, marquant l’ouverture d’un nouveau dossier disciplinaire à son encontre.
Selon certaines informations, cette convocation fait suite à la publication d’un communiqué et à ses appels incitant les membres du canal Telegram du Conseil de coordination des enseignants iraniens à participer aux manifestations de janvier 2026. Le rapport précise également que le salaire de Mme Badaghi a été suspendu durant les mois de mars et avril 2026.
Précédemment condamnée à un an de prison par le tribunal correctionnel d’Ahvaz, elle avait également été convoquée par le département du renseignement à Izeh en février 2026. À cette occasion, les forces de sécurité avaient perquisitionné son domicile et confisqué plusieurs effets personnels. En septembre 2025, elle avait déjà été frappée d’une suspension de trois mois de la fonction publique par la commission d’appel du Khouzistan.



















