Le mercredi 17 juin 2026, à Kerman, les forces militaires répressives du régime iranien ont violemment attaqué une manifestation pacifique de résidents baloutches dans le village de Pashmoki, situé dans la région de Faryab. Les forces de l’ordre ont brutalement battu les manifestants, ciblant spécifiquement les femmes, et ont procédé à plusieurs arrestations. Au cours de cet assaut, au moins sept femmes baloutches ont été blessées et six citoyens locaux, dont trois femmes, ont été emmenés vers une destination inconnue. Cette intervention musclée vise à étouffer la contestation contre l’attribution injuste de la mine de chromite de Pashmoki, qui prive la population autochtone des retombées économiques de ses propres ressources naturelles.
Selon des témoignages oculaires, au lieu de répondre aux demandes légitimes de la population qui manifestait pour la deuxième journée consécutive, les services de sécurité ont utilisé une violence flagrante et des agressions physiques pour disperser la foule. Les femmes baloutches ont joué un rôle particulièrement courageux et actif lors de ce rassemblement.

Agression contre des femmes à la mine d’or de Taftan en moins de 24 heures
La répression violente des contestations liées à l’exploitation minière ne s’est pas limitée à Faryab. Selon l’organisation de défense des droits humains Haalvsh, dans la soirée du mardi 16 juin 2026, les forces gouvernementales et des agents affiliés à la mine d’or de Taftan ont pris d’assaut un rassemblement de femmes protestataires dans le village de Sar-Siah (département de Taftan, province du Sistan-et-Baloutchistan).
Les agents ont soumis les femmes baloutches à des insultes, des menaces, des violences verbales et des agressions physiques. En conséquence, au moins une femme baloutche de 55 ans, identifiée comme « Bibi Noor Rigi Koteh », a subi de graves blessures à la tête après avoir été frappée à coups de crosse de fusil. La répétition de telles exactions contre des civils en moins de 24 heures dans deux régions minières distinctes souligne l’inquiétude croissante quant au traitement réservé par le régime aux revendications socio-économiques des habitants du sud-est de l’Iran.
Pourquoi les provinces riches du Sistan-et-Baloutchistan et de Kerman sont-elles piégées dans la pauvreté ?
Les provinces du Sistan-et-Baloutchistan et de Kerman figurent parmi les régions les plus riches d’Iran, possédant de vastes réserves minérales d’or, de cuivre et de chromite. Pourquoi, alors, leurs populations autochtones ne reçoivent-elles rien d’autre que de la répression et un dénuement sévère ?
La réponse réside dans des politiques structurelles et discriminatoires. En transférant le contrôle de ces mines lucratives à des institutions militaires et sécuritaires, telles que les Gardiens de la révolution, et en privant systématiquement les résidents locaux de tout avantage économique, le régime maintient délibérément ces provinces parmi les zones les plus pauvres du pays.
Contexte : pillage des ressources et « féminisation de la pauvreté »
Les politiques destructrices et prédatrices menées par le régime clérical au cours des 47 dernières années ont poussé la grande majorité de la population iranienne sous le seuil de pauvreté absolue. La richesse publique et les ressources naturelles de l’Iran ont été systématiquement pillées et monopolisées par des institutions étatiques corrompues.
Les régions déshéritées, comme le sud de la province de Kerman qui abrite la minorité baloutche, supportent le fardeau le plus lourd de cette discrimination systémique. La crise de la « féminisation de la pauvreté », une réalité catastrophique désormais admise même par les médias officiels du régime, est le produit direct de ce cycle de corruption. Cette oppression continue a poussé les femmes marginalisées en première ligne de la survie économique, les forçant à manifester pour défendre leurs droits les plus fondamentaux et leurs ressources naturelles.



















