Parisa Kamali, prisonnière politique iranienne purgeant une peine de huit ans et demi à la prison de Yazd, a transmis un message audio clandestin ce 25 mai 2026.
À l’occasion de l’anniversaire de l’exécution des fondateurs de l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI) en 1972 sous le régime du chah, elle réaffirme son engagement pour la liberté en Iran malgré la répression.
La date du 4 Khordad (25 mai) commémore l’exécution de Mohammad Hanifnejad, Saïd Mohsen et Ali-Asghar Badizadegan. Ce message, diffusé depuis l’une des structures carcérales les plus strictes du pays, souligne la résilience des opposants politiques face à la dictature religieuse actuelle.
Un serment de résistance continue depuis la prison de Yazd
Condamnée pour « appartenance à l’OMPI » et « insulte au guide suprême Khamenei », Parisa Kamali a profité de cet enregistrement pour réitérer son soutien aux dirigeants actuels du mouvement, Massoud et Maryam Radjavi.
« Je jure que tant que les dictateurs et les oppresseurs existeront, et jusqu’à ce que nos idéaux soient réalisés, je poursuivrai votre chemin », a déclaré Mme Kamali dans son message audio, saluant la mémoire des fondateurs exécutés.
Une idéologie au-delà de l’élimination physique
Dans son allocution, Parisa Kamali établit un parallèle direct entre l’ancienne monarchie et le pouvoir clérical actuel. Elle soutient que les dictatures s’appuient intrinsèquement sur la violence pour conserver leur autorité.
La méthode du dictateur
« Le 25 mai 1972 démontre qu’un dictateur, quel qu’il soit et quels que soient ses habits, tente de survivre par l’élimination et l’exécution », a affirmé la prisonnière.
La survie des idées
Elle a ajouté que les régimes en place restent « inconscients du fait que la mort physique ne détruit pas une idéologie », concluant que « la galaxie étoilée sur le chemin de la liberté est notre témoin ».
La lourde peine infligée à Parisa Kamali met en lumière la répression systématique exercée par les autorités iraniennes contre les dissidents politiques. Ces derniers font face à des sanctions judiciaires sévères et à des conditions de détention éprouvantes dans des centres régionaux tels que la prison de Yazd.
Qui est Parisa Kamali ?
Parisa Kamali Ardakani est une prisonnière politique iranienne née en 1986 à Abadan, mariée et étudiante en géographie. Arrêtée le 29 avril 2024 à Ispahan en raison de son soutien à l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI), elle a fait l’objet de trois dossiers judiciaires distincts à Ispahan et Ardakan, pour des chefs d’accusation liés à la sécurité, avant d’être transférée à la prison centrale de Yazd en 2025, où elle purge une peine réduite à trois ans et demi.
Depuis son incarcération, elle fait preuve d’une résistance remarquable face à la répression du régime. En novembre 2025, elle a entamé une grève de la faim pour protester contre le refus des autorités de fusionner ses peines, ce qui lui a valu d’être placée à l’isolement et privée de tout contact avec sa famille. En 2026, son état de santé s’est dangereusement dégradé, les autorités lui refusant ses médicaments et bloquant tout transfert vers un établissement médical extérieur, tout en la menaçant d’exil vers la lointaine prison de Khash. Malgré ces pressions, elle est restée déterminée, écrivant depuis sa cellule que le chemin tracé par le sang des résistants mènerait finalement à la victoire.




















