Hommage aux dirigeants de la Résistance tombés et mise en garde contre un retour de la monarchie
Dans une déclaration défiant le régime depuis la prison d’Evin à Téhéran, cinq prisonnières politiques, Shiva Esmaili, Zahra Safaei, Forough Taghipour, Marzieh Farsi et Elaheh Fouladi, ont marqué l’anniversaire du 8 février 1982, tout en rejetant fermement toute tentative de restauration de la monarchie en Iran.
L’attaque terroriste des pasdarans (IRGC), le 8 février 1982, a coûté la vie à deux hauts responsables de l’opposition ainsi qu’à 18 de leurs compagnons lors d’un raid contre leur résidence.
Honorer un héritage de sacrifice
À l’occasion de cet anniversaire, les prisonnières ont qualifié ces assassinats d’acte fondateur de la Résistance, dont l’impact a largement dépassé cette journée. Leur déclaration présente ces morts comme un catalyseur ayant « allumé l’espoir et la résistance dans les générations suivantes ».
Établissant un lien entre le passé et le présent, les prisonnières écrivent que « de leur sacrifice sont nées de nouvelles générations de jeunes rebelles », reliant ainsi les événements de 1982 au mouvement de protestation actuel et rendant hommage aux femmes et aux jeunes manifestants tués lors des récentes répressions.
« Une autre dictature ne remplacera pas celle-ci »
La déclaration aborde ensuite avec fermeté les tensions politiques actuelles, mettant en garde contre ce que les prisonnières décrivent comme des efforts organisés visant à réhabiliter l’ancienne monarchie dans un contexte de troubles nationaux.
« Au plus fort du soulèvement démocratique du peuple, écrivent-elles, un autre voleur est apparu, cherchant à exhumer la monarchie de sa tombe et à l’imposer à la nation. »
Estimant que la société iranienne a déjà subi à la fois l’autoritarisme royal et le despotisme religieux, les prisonnières politiques déclarent :
« Un peuple qui a vécu un siècle de dictature, d’abord le chah, puis les mollahs, ne se soumettra pas à la dictature d’un “prince” ou de tout autre autocrate. »
Faisant écho aux slogans entendus dans les rues, elles ajoutent :
« À bas l’oppresseur, qu’il soit le chah ou le guide (suprême des mollahs). »
« L’ère de la monarchie est révolue, » affirme la déclaration. « Et l’ère du pouvoir clérical approche de sa fin. »
Appel à une république démocratique
Les prisonnières politiques concluent en réaffirmant leur soutien aux campagnes contre la peine de mort et en exigeant la libération immédiate de tous les détenus arrêtés lors des récentes manifestations nationales.
La déclaration se clôt par une revendication politique explicite :
« Vive la république démocratique. »




















