Le mardi 14 octobre 2025, la 90ᵉ semaine de la campagne nationale Mardis contre les exécutions a été observée dans 52 prisons à travers l’Iran, où citoyens et détenus ont uni leurs voix contre l’usage implacable de la peine de mort par le régime.
Cette semaine, la contestation a été particulièrement forte à la prison de Qezel Hessar, où les prisonniers ont entamé une grève de la faim lundi, après le transfert de 11 condamnés à mort en isolement, mesure considérée comme un prélude à leur exécution imminente.
Selon des sources internes, environ 1 500 détenus des halls 1, 2, 3 et 4 du quartier 2 ont rejoint la grève, refusant toute nourriture en signe de protestation. Les autorités pénitentiaires ont réagi par des menaces et intimidations, allant jusqu’à verrouiller la “cheraqkhaneh”, la petite cuisine utilisée par les prisonniers pour préparer leurs repas.
Malgré ces répressions, le slogan « Non aux exécutions » continue de résonner dans les couloirs de Qezel Hessar, symbole de résistance au cœur de l’une des plus grandes et des plus redoutées prisons d’Iran.

Déclaration des participants à la campagne
Dans une déclaration publiée par les participants de la campagne Mardis contre les exécutions, les prisonniers ont dénoncé les violations continues des droits humains et la détérioration des conditions carcérales en Iran :
« Face à la pression croissante et aux conditions inhumaines dans les prisons iraniennes, plusieurs prisonnières politiques et religieuses ont été transférées de la prison de Qarchak vers Evin, après avoir protesté contre le meurtre tragique de leur codétenue Somayeh Rashidi et contre les conditions déplorables de Qarchak.
Ces femmes sont désormais détenues à Evin dans des conditions extrêmement dures, sans accès aux besoins essentiels ni au chauffage.
Ces conditions dégradantes, qui ne se limitent pas à Evin, constituent une forme de torture et une violation flagrante des droits humains.
Bien que ces prisonnières aient échappé à l’enfer de Qarchak, des centaines de femmes y demeurent emprisonnées, dont plusieurs condamnées à mort.
Qarchak, comme d’autres prisons infernales d’Iran, doit être fermé, et ses responsables doivent être tenus pour comptables de leurs crimes et violations des droits humains.
À l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, les prisonniers participants à la campagne dans la prison de Qezel Hessar ont scandé des slogans dénonçant les exécutions, exprimant leur colère et leur dégoût face à ces peines cruelles et inhumaines. »

Les familles rejoignent la mobilisation nationale
En parallèle, les familles de prisonniers politiques condamnés à mort ont manifesté pour exiger l’annulation de toutes les sentences d’exécution. En scandant « Non à l’exécution de quiconque ! », elles ont appelé à la fin de la politique d’exécutions massives du régime.
Durant cette 90ᵉ semaine de la campagne, des citoyens de Téhéran, Songhor, Ardabil, Marand, Ispahan, Babol, Somehsara, Lahijan, Tabriz, Sabzevar, Racht, Fouman, Roudsar, Machhad, Qom, Sanandadj, Saravan, Chalous, Borazjan, et de nombreuses autres villes ont rejoint le mouvement.
Brandissant des pancartes proclamant « Non aux exécutions », « Arrêtez les tueries » et « La vie est un droit pour tous », les manifestants ont exigé la fin immédiate de la vague d’exécutions en Iran.





















