L’histoire de l’Iran est marquée par des femmes remarquables qui ont brisé des barrières, défié des traditions restrictives et renversé les obstacles pour prendre leur juste place dans la société. Parmi ces pionnières figuraient les premières femmes pilotes iraniennes — courageuses, déterminées et refusant d’accepter les limites imposées.
À une époque où l’aviation était considérée comme une profession exclusivement masculine, ces femmes osèrent rêver autrement. Elles montèrent dans les cockpits alors que beaucoup pensaient que les femmes n’avaient pas leur place dans les airs, prouvant que courage et ambition pouvaient briser même les tabous les plus forts.
La naissance de l’aviation féminine en Iran
Le tournant survint le 7 novembre 1939, lorsqu’une annonce commerciale parut dans les journaux quotidiens iraniens invitant les candidats à s’inscrire aux cours de formation de pilotes. L’appel attira 630 aspirants pilotes — principalement des hommes, mais aussi un petit groupe de femmes déterminées.
Parmi ces candidats, 22 femmes s’inscrivirent au premier semestre du Club iranien de vol. Après une sélection rigoureuse, trois femmes gagnèrent leur place dans le programme : Effat Tejaratchi, Ina Avchid et Sediqeh Dowlatshahi.
Elles commencèrent leur formation à la base aérienne de Dochan Tappeh, équipées de tenues complètes de pilotes — combinaisons de vol, vestes, casques, lunettes, parachutes et radios sans fil — prêtes à prouver que les femmes aussi pouvaient maîtriser le ciel.

Effat Tejaratchi – la première femme pilote iranienne
Effat Tejaratchi débuta son parcours d’aviation le 28 septembre 1939 et effectua son premier vol en solo le 18 novembre 1940. Le vol dura 15 minutes, au cours desquelles elle fit le tour de l’aéroport avant d’atterrir avec succès.
Bien qu’elle apprenait encore les manœuvres aériennes telles que les piqués et les acrobaties, sa formation fut interrompue lorsque le Club de vol ferma en septembre 1941 en raison de troubles politiques.
Au-delà de l’aviation, Tejaratchi fut également poétesse. Elle publia un recueil de poèmes en 1958 et continua d’inspirer à travers ses écrits. Elle s’éteignit en 1999 à l’âge de 82 ans et fut inhumée au cimetière de Behesht-e Zahra à Téhéran.
Ina Avchid – la première copilote en Iran
Après six mois de formation théorique, Ina Avchid effectua son premier vol d’entraînement à l’aéroport de Dochan Tappeh. Cependant, avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le Club de vol fut fermé, interrompant ses progrès.
Lorsque le club rouvrit en avril 1942, elle reprit sa formation et, le 19 septembre 1943, elle fut diplômée aux côtés de 21 autres étudiants, obtenant sa licence de pilote.
En 1946, Avchid entra dans l’histoire comme la première femme iranienne embauchée par la Compagnie aérienne, copilote sur un avion DC-3. Bien qu’elle ait ensuite quitté la profession pour des raisons non divulguées, son succès marqua une étape importante dans l’histoire de l’aviation iranienne.

Sediqeh Dowlatshahi – une pionnière intrépide
À l’instar de ses pairs, Sediqeh Dowlatshahi défia les attentes de la société pour obtenir sa licence de pilote. Elle pilota des avions de passagers, démontrant que compétence et détermination ne connaissent pas de genre.
Son courage, aux côtés de Tejaratchi et Avchid, ouvrit la voie aux générations futures de femmes iraniennes désireuses de poursuivre des carrières dans l’aviation.
Hommage aux pionnières de l’aviation iranienne
Effat Tejaratchi, Ina Avchid et Sediqeh Dowlatshahi furent plus que des pilotes — elles furent des symboles d’émancipation à une époque où les opportunités pour les femmes étaient sévèrement limitées. En prenant leur envol, elles prouvèrent que l’ambition et la résilience pouvaient surmonter tous les obstacles.
Ces premières femmes pilotes iraniennes demeurent une source d’inspiration pour toutes celles qui rêvent de défier les normes et d’atteindre de nouveaux sommets.




















