Un groupe de prisonnières politiques soutenant l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI), détenues à la prison de Qarchak, ont publié une déclaration condamnant les efforts du régime iranien pour transférer de force Saeed Masouri — l’un des plus anciens prisonniers politiques d’Iran — de la prison de Ghezel Hessar vers la prison de Zahedan, située dans la province du Sistan-et-Baloutchistan, au sud-est de l’Iran.
Elles alertent sur ce qu’elles décrivent comme une campagne croissante de répression visant les prisonniers politiques.
Selon la déclaration, rédigée le mercredi 16 juillet 2025, des agents de la prison de Ghezel Hessar, agissant sur ordre du ministère du Renseignement, ont fait irruption dans la section où est détenu Saeed Masouri, dans le but de le transférer vers un lieu tenu secret. L’opération a été temporairement stoppée grâce à la résistance des autres prisonniers politiques présents dans la même section. Les signataires affirment que cette tentative de transfert s’inscrit dans un schéma plus large et de plus en plus agressif de déplacements arbitraires et de pressions accrues exercées ces derniers mois contre les prisonniers politiques.
Dans une autre partie de la déclaration, les prisonnières politiques de la prison de Qarchak évoquent les récents cas d’enlèvements forcés et de transferts secrets d’autres détenus politiques, notamment Behrouz Ehsani, Mehdi Hassani, Ali Younesi et Mir Yousef Younesi. Elles avertissent que les pressions croissantes exercées contre les prisonniers politiques s’inscrivent dans une stratégie délibérée visant à semer la peur, réprimer toute dissidence et briser l’esprit de résistance.
La déclaration condamne fermement le projet d’exil de Saeed Masouri et appelle les organisations internationales de défense des droits humains à ne pas rester silencieuses face à de telles actions illégales. Les autrices soulignent :
« La résistance est enracinée dans le sang des martyrs et dans les souffrances des emprisonnés à travers notre patrie. Vous ne pouvez pas l’exiler ! »
Parallèlement, des prisonniers politiques affiliés à l’OMPI, détenus à la prison du Grand Téhéran, ont également publié une déclaration condamnant les tentatives du régime clérical pour exiler de force Saeed Masouri.

Saeed Masouri : 25 ans derrière les barreaux sans un seul jour de congé
Né en 1965 à Khorramabad, capitale de la province du Lorestan, Saeed Masouri a passé plus de 25 ans dans les prisons du régime iranien.
Ancien étudiant en médecine en Allemagne et en Norvège, il a été arrêté en décembre 2000 à Dezfoul, après son retour en Iran. Il a été accusé d’appartenir à l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI).
Après 14 mois d’interrogatoire en isolement total — d’abord dans les centres de détention du ministère du Renseignement, puis dans la section 209 de la prison d’Evin — il a été initialement condamné à mort, peine ensuite commuée en réclusion à perpétuité.
Depuis, Saeed Masouri est resté incarcéré sans avoir bénéficié d’un seul jour de permission. Il subit un harcèlement sécuritaire constant, des discriminations systématiques et la privation de ses droits fondamentaux.
Il a mené plusieurs grèves de la faim pour protester contre les mauvais traitements et les conditions inhumaines infligées aux prisonniers politiques. Il est privé de soins médicaux, de contacts familiaux, d’accès à l’enseignement supérieur, et du droit à une permission temporaire.
La récente tentative de transfert secret en exil de Saeed Masouri a suscité une vive inquiétude quant à sa sécurité et son intégrité physique, attirant une fois de plus l’attention sur les politiques brutales et répressives du régime iranien à l’égard des prisonniers politiques.




















