Roshanak Molaii Alishah, une femme de 25 ans résidant à Téhéran, a été libérée de la prison de Qarchak à Varamin, au sud-est de Téhéran, le 23 novembre 2024, après avoir reçu 14 coups de fouet sur une peine initialement fixée à 74 coups de fouet. Elle a été condamnée pour « atteinte à la chasteté publique » pour ne pas avoir porté le hijab obligatoire.
Le régime clérical a été vivement critiqué pour cette peine inhumaine, qui met en lumière la répression générale des droits et libertés des femmes en Iran.
Chronologie des événements
Le 31 octobre 2024, une vidéo a circulé sur les réseaux sociaux montrant Roshanak Molaii Alishah confrontant un motocycliste qui l’avait harcelée sexuellement en public. Après s’être défendue, elle a mis en ligne la vidéo de l’incident. Au lieu de s’attaquer à l’agresseur, les autorités se sont concentrées sur le choix de Mme Molaii de ne pas porter le hijab obligatoire dans la vidéo.
La police de Téhéran a ensuite annoncé son arrestation pour violation des lois sur le hijab. Alors que le motocycliste a été accusé de « harcèlement », Mme Molaii a été traitée plus durement. Le 19 novembre 2024, elle a été convoquée à la section 1097 du tribunal d’orientation de Téhéran et condamnée par vidéoconférence à 74 coups de fouet et à une interdiction de voyager pendant 2 ans.
Le temps passé par Mme Molaii en détention a été utilisé pour réduire sa peine de flagellation dans le cadre du système pénal iranien, où 3 coups de fouet sont déduits pour chaque jour passé en détention. Le 23 novembre 2024, la peine réduite de 14 coups de fouet a été exécutée à la prison de Qarchak, tristement célèbre pour ses conditions de détention difficiles et ses violations des droits de l’homme.
Arrestations et persécutions antérieures
Roshanak Molaii Alishah a fait l’objet de persécutions répétées de la part du régime iranien en raison de son activisme. Lors des manifestations nationales de novembre 2022 qui ont suivi la mort de Mahsa Amini en garde à vue, elle a été arrêtée à Téhéran le 27 septembre 2022. D’abord détenue à la prison d’Evin, elle a ensuite été transférée à la prison de Qarchak. Après 5 mois d’incarcération, elle a été graciée et libérée en février 2023.
Son cas récent souligne la répression systémique du régime iranien à l’encontre des femmes, qui utilise des mesures punitives telles que la flagellation pour faire respecter des codes vestimentaires stricts et des politiques d’apartheid en matière de genre.
Réaction internationale et appel à l’action
Bien que la vidéo virale montre clairement que Roshanak Molaii Alishah a été victime de harcèlement et de violence, le régime l’a prise pour cible parce qu’elle a résisté et rendu l’incident public. Les groupes de défense des droits de l’homme ont condamné son arrestation et sa flagellation, estimant qu’elles s’inscrivaient dans le cadre des politiques d’apartheid sexiste du régime iranien.




















