Mojgan Kokabi est décédée dans un hôpital en Albanie d’un cancer le 28 août 2021, après 41 ans de lutte contre la dictature religieuse des mollahs.
Née en 1966 à Téhéran, elle était membre du Conseil central de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK) et l’une des responsables de l’organisation.
Mojgan Kokabi a rejoint l’OMPI en mai 1981. Le 20 juin 1981, elle et ses amies du collège ont été arrêtées pour avoir participé à une manifestation à Sari, la capitale de la province de Mazandaran, dans le nord de l’Iran.
Son père a déployé de grands efforts et dépensé beaucoup d’argent pour que sa peine de deux ans soit commuée en un an et un jour, et pour obtenir finalement qu’elle soit remise en liberté à l’âge de 15 ans.
Voici ses propres mots : “J’étais collégienne lorsque j’ai commencé mes activités de soutien à l’OMPI. Très vite, j’ai été arrêtée par les mercenaires de Khomeiny et emprisonnée. Je n’avais que 14 ans à l’époque. Ils m’ont immédiatement soumise à la torture et m’ont fouettée. J’ai subi les pires mauvais traitements pendant mon incarcération. L’ennemi pensait pouvoir nous briser par l’emprisonnement, mais la capitulation n’existe pas dans le vocabulaire de l’OMPI. Nous avons mis le régime à genoux devant nous”.

Les mauvais traitements infligés aux prisonnières de droit commun à la prison de Sari ont renforcé la détermination de Mojgan à combattre les mollahs. Après sa libération de prison, elle cherche par tous les moyens à rejoindre l’OMPI et y parvient.
Des années plus tard, elle a expliqué dans une interview : “Après ma sortie de prison, je n’avais d’autre but que de rejoindre l’organisation à tout prix et j’ai réussi à le faire. Je suis allée dans la région frontalière, puis en Irak, et j’ai rejoint l’Armée de libération nationale en 1986. J’ai travaillé dans différentes sections de l’ALNI”.
Elle a ensuite rejoint les unités féminines de combattantes et a participé aux trois grandes opérations de l’ALNI en 1988, où elle a fait preuve d’une grande bravoure.
L’arrivée de Maryam Radjavi à la direction de l’OMPI a eu un impact important sur toutes les femmes, y compris Mojgan Kokabi. “Maryam nous a appris beaucoup de choses, disait-elle. Jusque-là, je me demandais quel pouvait être l’objectif maximal pour une femme de 20 ans. Mais ensuite, Maryam m’a montré un monde incroyable de nouvelles valeurs. Elle m’a appris, ainsi qu’à tous les hommes et femmes de ma génération au sein de l’OMPI, que rien n’est impossible. Elle nous a appris qu’il y a une solution à chaque problème, et que nous ne devons pas abandonner. Je vous le dis de tout mon cœur et je l’ai vécu dans ma chair. Ce n’est pas une devise creuse lorsque nous disons “nous pouvons et nous le devons”. C’est une cause et on peut y arriver.”
Un autre chapitre magnifique de la vie de Mojgan Kokabi a été la persévérance pendant 14 ans dans les camps d’Achraf et de Liberty en Irak. Elle a fait preuve de résilience et de fermeté face à toutes les pressions, au blocus, aux attaques terrestres, aux missiles et aux attaques aériennes. Elle était un modèle à suivre. Une de ses amies a dit d’elle : « Mojgan était très vive d’esprit et excellente. Il émanait d’elle une joie de vivre et beaucoup d’énergie, elle était toujours présente et prête à tout faire. Elle était constamment volontaire pour aller en première ligne et défendre Achraf. Chaque fois qu’elle a réussi à aller sur la ligne de front, par exemple les 28 et 29 juillet 2009, et le 8 avril 2011, elle a fait preuve d’une grande bravoure et tout le monde parlait de son courage. »

Finalement, elle s’est éteinte après avoir mené une lutte acharnée de deux ans contre le cancer, où elle a refusé la moindre concession et capitulation à la maladie, refusant de se plaindre et restant attentionnée pour toutes celles et ceux qui l’entouraient. Elle est restée passionnément attachée à la liberté du peuple iranien jusqu’à son dernier souffle.




















