CNRI Femmes – Simultanément à la Journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes, deux anciennes prisonnières politiques ayant réussi à quitter récemment l’Iran, ont témoigné sur leur calvaire dans les prisons en Iran lors d’une conférence à Paris.
Intitulée « Appel à la justice – Fin de l’impunité pour les auteurs de crimes contre l’humanité en Iran et en Syrie», la conférence a eu lieu à Pris le 26 novembre en présence de Maryam Radjavi, la présidente élue de la Résistance iranienne. Nombre de personnalités, de juristes et d’experts en droit international et crimes contre l’humanité ont assisté aux discours rassemblés et prononcés. Quatre anciens prisonniers politiques ont témoigné. La conférence a débuté par le discours d’ouverture de Mme Florence Berthout, maire du 5ème arrondissement de Paris. Un millier d’exécutions ont eu lieu en Iran l’année dernière, a-t-elle dit d’emblée, invitant à la mobilisation contre les exactions commises par le régime des mollahs.La modératrice était Sylvie Fassier, maire du Pin, qui a donné la parole à Maryam Radjavi. La présidente élue de la résistance iranienne a attiré l’attention sur les crimes de la dictature religieuse en Iran et en Syrie. « Sous le régime des mollahs, il y a nombre de gémissements enfouis dans les gorges brisées, des flots de sang innocent versé et des droits innombrables violés. Désormais il est temps de demander justice, de raviver ce sang et ces droits et surtout le premier de ces droits : le droit à la liberté et à la souveraineté populaire ». Maryam Rajavi a ensuite évoqué les demandes du peuple iranien et de sa Résistance à la communauté internationale.« Ce que nous demandons c’est simplement qu’elle mette fin à sa politique de concessions au régime du Guide suprême. Notre demande c’est qu’elle mette fin au silence et à l’inaction face aux crimes de ce régime en Iran et dans la région. A la place, qu’elle respecte la lutte du peuple iranien pour la liberté. »Elle a également évoqué l’ingérence de Téhéran en Syrie et le massacre de civils innocents : « Contrairement aux mollahs, nous et notre peuple nous nous tenons aux côtés de la nation syrienne courageuse qui garde la tête haute. Ses enfants innocents sont nos enfants et nous souffrons de leurs douleurs. Nous pleurons sur la destruction de ses villes et nous sommes profondément inquiets pour ses réfugiés et ses déplacés sans abris. Nous nous considérons comme des habitants d’Alep noyée dans le sang. »
Ingrid Betancourt a consacré son intervention à courageuse prisonnière politique Maryam Akbari- Monfared. Malgré la formidable pression exercée sur elle par le régime parce qu’elle a osé demander justice pour ses frères et sœurs exécutés, Mme Betancourt a déclaré : «Maintenant c’est mon tour de prendre le flambeau, et d’avec ce que j’ai vécu, l’expérience que j’ai, la douleur que j’ai connue, essayer de vous expliquer le combat extraordinaire d’une femme extraordinaire. C’est une belle femme, forte femme, de la même trempe que Maryam Radjavi. Cette femme est plus jeune que moi, mais combien plus courageuse. Son nom, ne l’oubliez pas, Maryam Akbari Monfared. N‘oubliez pas son nom parce qu’elle qui a tout perdu, qui se retrouve dans la prison la plus tristement célèbre d’Iran, la prison d’Evin, là où les mollahs enferment les plus courageux, ceux desquels ils ont le plus peur, et bien Maryam elle est là-bas. un jour, Maryam Akbari Monfared sera là avec nous, ici, à Paris. Parce que notre voix, parce que notre union, parce que notre force va finir par imposer le droit à la justice. »
Shabnam Madadzadeh a pris ensuite la parole. Ayant connu les prisons politiques, elle a réussi à quitter l’Iran et à rejoindre la Résistance iranienne. Elle était étudiante en troisième année d’informatiques à Téhéran, lorsqu’elle a été arrêtée en 2009 à l’âge de 21 ans et condamnée à cinq ans de prison pour sa participation active au mouvement étudiant.Elle a passé six ans dans les prisons d’Evine à Téhéran, de Gohardasht à Karaj et à de Qarchak à Varamine. La dictature a fait pression sur sa famille en raison de sa résistante en prison. Elle a perdu une soeur et un frère dans l’attaque de l’armée irakienne sur ordre des mollahs contre la cité d’Achraf le 8 avril 2011.« Nous avons trouvé le réconfort dans la fière résistance des habitants du camp d’Achraf, a-t-elle assuré los de son intervention. Nous avons été inspirés par leur persévérance et leur détermination, même si nous avons été confrontés aux moments les plus difficiles de notre vie, comme l’exécution de ma chère amie, l’héroïne kurde, Shirine Alam Houli …« Aujourd’hui, je me tiens devant vous pour faire entendre la voix des prisonniers politiques résistants de l’Iran qui recherchent la justice et les droits humains, je fais entendre la voix de mes compatriotes chrétiens et bahaïs emprisonnés pour leur foi, des résistantes en prison …«A tous les pays européens et aux institutions internationales, je dis que le peuple iranien condamne toute forme de relation ou d’accord avec le régime iranien et qu’en continuant ce genre d’engagements et en restant silencieux sur les exactions du régime, cela conduit à monter de nouvelles potences dans les rues de l’Iran. Le prix réel de votre commerce avec l’Iran est le sang et la vie des êtres humains. Le peuple iranien est convaincu que le régime iranien sera renversé par l’OMPI et le CNRI. » La juge Fatoumata Dembélé Diarra a également pris la parole. Ayant été juge à la Cour pénale internationale de 2003 à 2014, elle a brièvement expliqué son expérience de juge des crimes contre l’humanité dans d’autres pays. « Aujourd’hui, a-t-elle expliqué, devant l’exemple iranien, les plaies restent vives sur le cœur, dans nos cœurs, parce qu’il n’y a même pas de début de tentatives de poursuites de ces auteurs. Les crimes, les exactions multiples et les atrocités perpétrées en Iran notamment les massacres de 1988 sont considérés dans le préambule du statut de la CPI comme des crimes défiant l’imagination, heurtant profondément la conscience humaine, comme menaçant la paix et la sécurité du monde, donc touchant l’ensemble de la communauté internationale, par leur gravité. Les massacres d’Iran impunis seront une honte éternelle pour l’ensemble de la communauté internationale ». Farideh Goudarzi, une autre ancienne prisonnière politique ayant récemment quitté l’Iran et rejoint la Résistance iranienne, est venue aussi témoigner. C’est un des témoins du massacre des prisonniers politiques de 1988 en Iran. Son mari, Behzad Afsahi, sa sœur Fariba et son frère Parviz Goudarzi ont été tués par le régime en 1984 et 1988. Elle a donné naissance à son fils en prison et a été incarcérée cinq ans et demi à la maison d’arrêt d’Hamedan sous la torture.Elle a affirmé qu’Ibrahim Raïssi, un des membres de la commission de la mort du massacre de 1988 et qui était alors le procureur d’Hamedan, était présent dans la pièce où elle a été torturée. Raïssi est l’un des plus hauts fonctionnaires du régime et l’un des confidents de Khamenei. Il vient d’être nommé à la tête de l’Astan-e Qods Razavi, un des plus grands empires financiers du régime clérical. Mme Goudarzi était accompagnée de son fils Iman Afsahi, âgé de 33 ans. Elle s’est adressée à Mme Radjavi pour lui dire : «Je suis venu me joindre au Mouvement pour la justice en faveur des 120 000 victimes des exécutions politiques en Iran, y compris mon frère, ma sœur, mon mari et mes amis. La justice pour nos proches et traduire en justice ce régime criminel. » Jelia Sane, avocate internationale expérimentée et membre de la commission des droits humains de l’association des avocats britanniques est intervenue à la tribune : « J’ai été incroyablement émue par les histoires que j’ai entendues sur la souffrances du peuple iranien. Le massacre en Iran de 1988 est un crime contre l’humanité, c’est une attaque contre le concept même d’être humain. On parle de 30 000 personnes exécutées, c’est politique d’Etat avec un décret qui a ordonné le massacre. Nous avons des lois en place pour poursuivre les auteurs et une communauté organisée en quête de justice. J’espère donc que l’ONU va créer une commission d’enquête sur ce massacre. »



















