CNRI Femmes – Les colporteuses, petites vendeuses de rue à faibles revenus, doivent constamment travailler pour gagner leur vie, que ce soit dans la rue ou dans le métro. Avec la propagation du coronavirus, il y a moins de piétons, par conséquent, les colporteuses n’ont d’autre choix que d’aller vendre leurs marchandises dans le métro.
Une colporteuse, Zahra, porte un sac de châles invendus en descendant à la dernière station de la ligne. Zahra a deux filles, toutes deux étudiantes.

Zahra vient à Téhéran depuis la ville d’Andisheh tous les jours pour travailler. Son mari était dans le BTP mais il s’est blessé à la colonne vertébrale en tombant d’un échafaudage. En tant qu’ouvrier du bâtiment, il n’avait pas d’assurance. Son employeur a refusé de le soutenir. Il est paralysé depuis plus de 10 ans.
Aujourd’hui, Zahra est seule à s’occuper de ses deux filles et de son mari à la maison. Dans le ménage de Zahra, rester à la maison deux jours seulement signifie que la famille souffrira de la faim pendant une semaine.
Zahra explique sa situation dans le contexte de l’épidémie de coronavirus en Iran : « Ces jours-ci, depuis la nouvelle de la propagation de ce nouveau virus, les agents se mêlent de plus en plus de nos affaires. Ils nous disent : « Prenez vos affaires et partez ! » Mais ils ne disent pas où nous devons aller ni ce que nous devons faire pour gagner de quoi faire vivre quelques jours une famille. Comment va-t-on payer notre loyer ? Comment trouver l’argent nécessaire pour payer les frais de scolarité de nos filles à l’université ? »

Les colporteuses dans cette situation souffrent à la fois de la pauvreté et de la peur de mettre en danger la santé de leur famille.
La voix de Zahra tremble de peur. Elle est terrifiée à l’idée que sa famille puisse contracter le coronavirus mortel. « Mon Dieu, j’ai tellement peur, encore plus pour mon mari, qui est physiquement faible et souffre de mille maux. Il l’attraperait en premier. Je dois prendre des risques tous les jours. Mais le jour où je tombe malade, c’est le jour où toute la famille se sépare ! » (Agence ILNA – 27 février 2020)
Il y a beaucoup de colporteuses, ce sont desfemmes d’âges divers. Elles entrent dans les stations de métro avec des craintes différentes pour leur sécurité, leur santé et leurs revenus quotidiens. Elles doivent gagner de quoi faire vivre leur famille et n’ont donc pas d’autre choix que de risquer de tomber malades. Elles ne travailleraient pas dans la rue – ou dans le métro – si elles avaient le choix !
Malheureusement, il n’existe pas de statistiques fiables sur le nombre de colporteuses dans le métro de Téhéran. Jusqu’à présent, les organismes gouvernementaux et administratifs ont complètement ignoré ces femmes défavorisées, qui sont souvent chefs de famille.

Une solution serait que les municipalités consacrent un espace où les colporteuses pourraient vendre leurs marchandises en toute sécurité et avec des précautions sanitaires – au moins jusqu’à ce que la crise du coronavirus soit résolue. Cependant, le gouvernement n’a agi qu’avec violence et harcèlement, confisquant souvent les marchandises des colporteuses.
Tant que le chômage et la pauvreté existeront, et tant que les femmes chefs de famille ne bénéficieront pas de soutien adéquat, les colporteuses devront continuer à travailler. La pauvreté et les privations des femmes, en particulier des colporteuses, sont dues en grande partie à la politique misogyne des mollahs.




















