Cinq mois après séisme dévastateur qui a frappé la province de Kermanshah le 12 novembre 2017, les habitants des zones touchées vivent toujours dans des conditions déplorables. Un nombre incalculable des femmes et des enfants innocents sont privés de leurs besoins les plus élémentaires.
Le puissant tremblement de terre d’une magnitude 7.3 à l’échelle de Richter a anéanti de nombreux habitats dans la province. La plupart des bâtiments construits par l’État dans un plan de logement appelé Mehr, se sont notamment écroulés.
Selon les chiffres officiels, le tremblement de terre le plus meurtrier de l’année a fait plus de 600 morts, plus de 9 000 blessés et laissé des dizaines de milliers de personnes sans abri.
Le gouvernement Rouhani a promis de puiser dans toutes ses ressources pour remédier à ces circonstances. À l’occasion du Nouvel An iranien, le Nowrouz (le 21 mars), lors d’une visite dans la région, Hassan Rouhani a promis de rénover les zones endommagées d’ici la fin de l’été 2018. Toutefois, les autorités locales affirment qu’environ 60 % des habitants des zones touchées n’ont pas reçu de connexes et vivent sous les tentes. Même les connexes offerts par des particuliers n’ont pas été remis à la population qui est obligée de vivre soit sous les tentes, soit dans les ruines de ses habitats.
Le manque de logements adéquats a entraîné la mort d’un nombre considérable d’enfants en raison des fièvres, des infections et des autres maladies provoquées par le froid glacial de l’hiver dans cette région.
Mauvaise hygiène et conditions insalubres
Les zones touchées par le séisme sont quasiment démunies d’hygiène.

La plupart des gens n’ont pas accès à l’eau potable en raison de l’endommagement des infrastructures. Dans certaines régions, l’eau est contaminée et la pénurie de chlore est un problème majeur.
Dans la plupart des zones l’eau est contaminé par des amas d’ordures.
Une odeur insoutenable, des insectes, des rongeurs, des serpents et des scorpions ont pris possession des lieux et des ruines, mettant en péril la santé et la sécurité des rescapés.
Les responsables locaux affirment qu’environ 30 % des bétails ont été tués dans le tremblement de terre. Aucune mesure n’a été prise pour ramasser les cadavres des animaux et les ordures. De nombreuses structures d’égouts ont été endommagées et les zones habitées sont à la merci de la propagation de maladies dangereuses.
Les femmes enceintes sont particulièrement affectées par les circonstances. Le nombre de fausses couches a grimpé en flèche. La plupart d’entre eux souffrent également d’infections en raison des conditions de vie difficiles sous des tentes, pendant des mois.
Le 5 décembre 2017, lors d’une conférence de presse, Ibrahim Chakiba, chef du Centre de santé de Kermanshah, a déclaré que 11 femmes enceintes et 39 enfants d’âge préscolaire étaient morts dans les zones sinistrées de la province de Kermanshah. (Agence de presse estudiantine ISNA – 5 décembre 2017)
Le réchauffement climatique promet des jours plus difficiles pour les rescapés vivant sous des tentes et dans les connexes. Les femmes et les enfants souffrent le plus dans de telles circonstances.
Problèmes psychologiques dans les zones sinistrées
Des recherches récentes indiquent que le stress et la dépression sont plus fréquentes chez les femmes dans ces zones, aussi bien en quantité qu’en gravité.

Le fait que les tentes et les connexes sont alignés et collés l’un à l’autre a aggravé le problème. Les querelles familiales sont largement perçues en dehors du foyer, ce qui laisse un impact néfaste, notamment sur les enfants.
“La plus grande difficulté des femmes est la grossesse et les troubles mentaux qui y sont associés”, affirme un psychologue local.
Quelque 700 femmes enceintes ont été identifiées dans 300 villages frappés par le séisme.
Le prochain problème auquel les femmes et les enfants doivent faire face est l’hyper-sensibilité post-traumatique, ajoute le même psychologue. “Ils attendent un nouveau tremblement de terre à tout moment. Ils sont donc hyper-sensibles aux aboiements des chiens ou au bruit de la pluie qui tombe sur le toit des connexes.”
“ À Sarpol-e Zahab, le stress et l’angoisse restent les problèmes psychologiques les plus courants. L’angoisse chez les enfants est très dangereuse si elle n’est pas traitée. La plupart des enfants utilisent la couleur noire dans leurs dessins”, indique un autre psychologue
Une bénévole d’aide sociale qui avait été blessée pendant le tremblement de terre et qui a reçu cent points de suture sur ses blessures, dit : “Les femmes qui ont survécu au tremblement de terre souffrent énormément. Elles s’assoient autour du feu la nuit et parlent ensemble de leurs problèmes. Elles ont besoin de quelqu’un pour les écouter, mais il n’y a personne pour le faire. Même les médias officiels ne reflètent pas leur situation, aussi souvent qu’ils devraient le faire”.



















