CNRI Femmes – En résumant les nouvelles de février et mars en Iran, nous avons rencontré un nombre choquant de jeunes mères et de femmes enceintes parmi les femmes qui s’étaient suicidées.
Les statistiques sur les suicides en Iran ne sont pas transparentes et ne sont généralement pas publiées dans la presse. Par exemple, au cours de la période allant de mars 2017 à février 2018, nous avons recueilli 75 nouvelles de suicides de femmes, mais en septembre 2018, le chiffre officiellement annoncé pour la première fois pour cette période par les responsables était de 1 365.
Cela dit, nous avons pu recueillir les nouvelles de 6 suicides en février et 12 en mars 2019. Sur les 18 cas, sept appartenaient à de jeunes femmes enceintes ou à des mères, et quatre étaient des adolescentes âgées de 15, 16, 17 et 18 ans.
A Oroumieh, une jeune mère qui ne pouvait pas acheter de viande pour ses deux enfants depuis des mois, s’est pendue devant eux à la mi-mars.
A Ilam, Mina Shahidi, 38 ans, mère de trois enfants, s’est suicidée le 16 mars sous la pression insupportable de la pauvreté.
Parissa Nazari, 25 ans, jeune mère de deux enfants, s’est suicidée le 1er mars à Sarpol-e Zahab, épicentre du séisme de novembre 2017.
Leila Ramezani, 24 ans, mère d’un enfant d’un an et enceinte, s’est suicidée le 3 mars à Salas-e Babajani, également frappée par le séisme de novembre 2017.
Fereshteh Kahrarian, 30 ans et enceinte de six mois, s’est aspergée de kérosène avec son mari et son enfant et s’est incendiée le 6 mars. Elle est décédée à l’hôpital des suites de brûlures graves.
Le 20 février, Pershang Karimi, 22 ans, enceinte, s’est pendue à Sarpol-e Zahab.
Le 10 février, Zahra Rahmati s’est suicidée avec ses deux fils, de 3 et 6 ans, à cause de la pauvreté extrême.
Un pourcentage aussi élevé de jeunes mères et de femmes enceintes parmi les victimes de suicide est un phénomène nouveau qui indique l’immense pression que subissent les familles appauvries en Iran.
Les récentes inondations soudaines ont accru à la fois la pression et le nombre de familles démunies.



















