Le mardi 14 juillet 2026, la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran a franchi le cap de sa 129e semaine avec une grève de la faim coordonnée impliquant des prisonniers politiques dans 58 prisons à travers tout le pays. Ce mouvement de contestation, le plus vaste et le plus durable au sein du système carcéral iranien, dénonce l’usage intensif de la peine de mort par le régime.
Alors que la répression s’accentue à la prison d’Evin, la mobilisation s’étend avec l’adhésion de nouveaux établissements et le lancement d’un sit-in massif de 1 500 condamnés à la prison de Ghezel Hessar à Karaj.
Au cours des deux dernières années, cette initiative est devenue le mouvement de protestation le plus constant derrière les barreaux. Malgré une pression sécuritaire permanente, des menaces, des restrictions de communication et des mesures punitives, la campagne continue de s’élargir, de nouveaux détenus rejoignant les rangs chaque semaine.
Une proportion importante des grévistes est constituée de prisonnières politiques. Elles purgent actuellement leurs peines dans le quartier des femmes de la prison d’Evin (Téhéran), de la prison de Qarchak (Varamin), ainsi que dans les quartiers des femmes de la prison de Sepidar (Ahvaz), d’Adelabad (Chiraz), de Zahedan, de Yazd et de la prison de Lakan à Racht.
Une pression continue sur les participantes
Selon les organisateurs de la campagne, Shiva Esmaeili, Marzieh Farsi, Forough Taghipour et Zahra Safaei ont été soumises, début juin, à des mesures disciplinaires révoquant leur accès aux téléphones de la prison. Les autorités carcérales auraient annulé leurs cartes téléphoniques, les empêchant de contacter leurs familles. Cette sanction a été imposée après que ces quatre prisonnières ont participé à la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran et scandé des slogans contre l’application des sentences de mort.
L’objectif principal de l’administration pénitentiaire, en intensifiant la pression sur les prisonnières politiques d’Evin, est d’entraver leur participation au mouvement. À cette fin, les autorités auraient planifié le transfert de ces détenues résilientes vers d’autres centres, notamment vers la sinistre prison de Qarchak.
La prison de Boroudjen rejoint la campagne
Le 129e communiqué hebdomadaire de la campagne a également annoncé que, avec la participation de la prison de Boroudjen, le nombre d’établissements prenant part à la grève de la faim hebdomadaire est passé à 58. Le texte alerte sur la hausse continue des exécutions et appelle à une action urgente pour empêcher la mise à mort de prisonniers de droit commun à la prison de Ghezel Hessar. Il réclame également un soutien accru pour les prisonniers politiques condamnés à mort, particulièrement ceux arrêtés lors des manifestations de janvier 2026.
D’après les informations fournies par la campagne, en plus des dizaines de personnes déjà exécutées en lien avec le soulèvement de janvier 2026, plus de 100 autres prisonniers politiques sont actuellement sous le coup d’une sentence capitale et restent en danger de mort imminent.
Grève et sit-in de 1 500 prisonniers à la prison de Ghezel Hessar
Parallèlement, environ 1 500 prisonniers condamnés à mort dans l’unité deux de la prison de Ghezel Hessar ont observé, le mardi 14 juillet, leur deuxième journée consécutive de grève de la faim et de sit-in. Ce mouvement a été lancé pour protester contre le transfert de six de leurs codétenus vers des cellules d’isolement en vue de leur exécution, ainsi que contre la cadence effrénée des condamnations et des pendaisons.
Les grévistes exigent l’arrêt immédiat de la machine à exécuter du régime, des réformes législatives et l’abolition de la peine de mort pour les infractions liées à la drogue. En octobre 2025, ces mêmes prisonniers avaient mené une grève de la faim de sept jours, contraignant le régime à suspendre temporairement l’application des peines. Les condamnés de l’unité deux de Ghezel Hessar ont déclaré qu’ils poursuivraient leur résistance jusqu’à l’obtention d’un moratoire sur les exécutions.
Un soutien public croissant pour la campagne
Alors que le mouvement entame sa 129e semaine, des groupes de jeunes et de manifestants à Téhéran, Qom, Chiraz, Jahrom, Shahin Shahr et Ahvaz ont exprimé leur opposition à la peine capitale. Ils ont manifesté leur solidarité avec les prisonniers politiques en affichant des tracts de protestation.
Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des participants se rassemblant dans l’espace public pour relayer ces messages. Ces actions s’inscrivent dans un soutien populaire constant à la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran, qui a également reçu l’appui de divers groupes sociaux au cours des dernières semaines.



















