Le samedi 23 mai 2026, les autorités judiciaires de la province de Semnan, en Iran, ont annoncé une peine cumulée de 53 ans de prison pour deux prisonnières politiques, Leila Ramezani et Fatemeh Malek-Ahmadi.
Les chefs d’accusation retenus contre elles incluent l’« envoi de vidéos à des chaînes de télévision d’opposition » et la « transmission de contenus et d’informations ».
Fatemeh Malek-Ahmadi a été condamnée à 26 ans de réclusion, tandis que Leila Ramezani a écopé d’une peine de 27 ans. Outre ces années d’emprisonnement, les deux femmes font face à une série de lourdes interdictions civiles et sociales, notamment l’exclusion de la fonction publique, l’interdiction de quitter le territoire national et une restriction à vie de toute adhésion à des partis politiques ou à des groupes socio-politiques.
Le prononcé de ces peines de prison massives, assorties de sanctions civiles étendues, témoigne d’une intensification de la répression contre les femmes et la population à travers tout l’Iran.
Une répression accrue sous couvert de mesures de sécurité
Au cours des derniers mois, le régime clérical a arrêté des centaines d’individus sous des prétextes liés à la sécurité, tels que la « communication avec des réseaux d’opposition », la « propagande contre le régime » ou la « coopération avec des médias et institutions à l’étranger », prononçant dans la foulée de lourdes sentences.
Comme c’est le cas pour la vaste majorité de ces dossiers, les détails entourant l’arrestation, l’interrogatoire et le procès des prisonnières politiques Leila Ramezani et Fatemeh Malek-Ahmadi n’ont fait l’objet d’aucun compte-rendu transparent. Plusieurs éléments suggèrent qu’elles ont été privées d’un accès équitable à un conseiller juridique indépendant.
Ahmad Radan, le commandant en chef des Forces de sécurité intérieure (FSI) du régime, a déclaré le 17 mai 2026 que plus de 6 500 personnes avaient été arrêtées entre le début du conflit et cette date.
Cette statistique alarmante souligne l’ampleur massive des violations des droits humains en cours, ainsi que la peur profonde du régime face à l’éventualité d’un futur soulèvement national.
Qui est Ahmad Radan ?
Ahmadreza Radan est le commandant en chef des Forces de sécurité intérieure (FSI) d’Iran, né en 1963 à Ispahan.
Il est considéré comme une figure centrale de la répression en Iran, directement associé à plusieurs épisodes de violations graves des droits humains : le plan de “sécurité sociale” à Téhéran (2006-2008) marqué par des arrestations massives et des traitements dégradants, le rôle des FSI lors des manifestations de 2009 et les morts survenues dans le centre de détention de Kahrizak, la répression des femmes via le “plan Noor” à partir de 2022, et la violence exercée contre les manifestants en 2025.
Ses déclarations publiques, notamment “si quelqu’un descend dans la rue sous l’influence de l’ennemi, nous ne le considérons pas comme un manifestant, nous le considérons comme un ennemi”, illustrent son cadre idéologique. Il a été sanctionné par les États-Unis, l’Union européenne, le Canada et l’Australie pour son rôle dans ces violations.



















